Espagne · Pays basque, Cantabrie, Asturies et Galice
Itinéraire Espagne du Nord : les 8 étapes possibles et le budget
Les pintxos de Saint-Sébastien, le Guggenheim de Bilbao, les bisons d'Altamira, les Picos de Europa, le cidre des Asturies, la plage des Cathédrales et Saint-Jacques. L'Espagne verte, du Pays basque à la Galice.
Tous les montants de cette page sont par personne et concernent la vie sur place — hébergement, repas, transports, trajets entre étapes, activités. Les billets d'avion ne sont pas compris. Les prix d'hébergement supposent une chambre partagée à deux : à plusieurs, le coût par tête baisse.
Itinéraires tout prêts par durée
Un itinéraire déjà composé, jour par jour :
Le parcours étape par étape
Les étapes sont présentées dans l'ordre conseillé, celui qui limite les allers-retours. Le générateur en retiendra plus ou moins selon ta durée, ton budget et ton style.
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1. Saint-Sébastien
Une baie en coquillage et la capitale des pintxos
Une ville balnéaire de la Belle Époque refermée sur la baie de La Concha, entre deux collines, avec une vieille ville où l'on dîne de pintxos en passant d'un comptoir à l'autre. Tout se fait à pied. ⚠️ C'est l'étape la plus chère du parcours : en juillet et en août, réserver l'hébergement tôt.
En savoir plus sur Saint-Sébastien
Saint-Sébastien, Donostia en basque, s'est construite autour d'une baie presque fermée, La Concha, gardée par deux collines, Urgull et Igueldo, avec l'île de Santa Clara posée au milieu. Au XIXᵉ siècle, la reine Marie-Christine en a fait sa résidence d'été, et la ville a gardé de cette époque ses promenades à balustrade blanche, ses villas et un hôtel de ville installé dans l'ancien casino.
La vieille ville a été presque entièrement reconstruite après l'incendie de 1813, quand les troupes anglo-portugaises l'ont reprise aux Français. C'est là que se serrent les bars à pintxos : de petites bouchées posées sur le comptoir ou préparées à la commande, avec un verre de txakoli, avant de passer au bar suivant. Au bout de la plage d'Ondarreta, les sculptures d'acier d'Eduardo Chillida, enfant de la ville, s'accrochent aux rochers face aux vagues.
⚠️ Tout se fait à pied, et la voiture y est un handicap : le stationnement est rare et payant partout. En septembre, un festival international de cinéma remplit les hôtels. C'est l'étape la plus chère du parcours, et celle où l'on mange le mieux.
À table
- Gilda — l'olive, l'anchois et le piment vert enfilés sur une pique, tenue pour le premier pintxo de la ville et baptisée d'après le film avec Rita Hayworth.
- Txakoli — le vin blanc vif et légèrement perlant de Getaria, versé de haut dans un verre large pour l'aérer.
- Tarta de queso de La Viña — le gâteau au fromage brûlé dessus et coulant à cœur, né dans ce bar de la vieille ville ; ici, l'adresse fait partie du plat.
- Txuleta — la côte de bœuf de vieille vache grillée à la braise, servie saignante, à partager.
- Bacalao al pil-pil — la morue confite à l'huile d'olive et à l'ail, qu'on remue jusqu'à ce que sa gélatine lie la sauce.
Durée et coût par style de voyage à Saint-Sébastien Style Nuits Par jour et par personne Routard 1–2 68 € dont 40 € de nuit, 24 € de repas Équilibré 2–3 133 € dont 85 € de nuit, 42 € de repas Confort + 3–4 269 € dont 180 € de nuit, 75 € de repas Que faire à Saint-Sébastien
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Pintxos de comptoir en comptoir dans la vieille ville Les bars de la vieille ville alignent leurs pintxos sur le comptoir, et beaucoup en préparent un ou deux à la commande, qui font leur réputation. On en prend un ou deux par bar avec un verre, puis on change. ⚠️ On paie en partant, en disant ce qu'on a pris.marchéEn savoir plus
La vieille ville porte encore la date de sa destruction : la rue du 31-Août rappelle l'incendie de 1813, et c'est la seule à en avoir en partie réchappé. Au centre, la place de la Constitution garde ses balcons numérotés : elle a servi d'arène aux courses de taureaux, et l'on louait alors les balcons comme des loges.
Le pintxo tire son nom de la pique qui tenait la bouchée sur son pain. Le comptoir montre les froids ; les chauds, les pintxos de cuisine, s'annoncent sur une ardoise et se préparent à la commande, et ce sont souvent eux qui font la réputation d'un bar. La ville a vu naître dans les années 1970 la nouvelle cuisine basque, et les meilleurs comptoirs en ont gardé le goût de l'invention. On accompagne d'un txikito, un petit verre de vin, ou d'un zurito, une petite bière : la tournée de bar en bar s'appelle le txikiteo.
⚠️ L'heure compte autant que l'adresse : les bars se remplissent avant le déjeuner et surtout le soir, et les comptoirs se dégarnissent à mesure que la soirée avance. Repère l'ardoise en entrant, fais-toi voir du serveur, et ne t'attarde pas : on change de bar avant d'avoir faim.
Gratuit 2 h 30 -
Plages de La Concha et d'Ondarreta Un arc de sable fin au fond d'une baie presque fermée, abrité de la houle par l'île de Santa Clara, et bordé d'une promenade à balustrade blanche. ⚠️ À marée haute, la plage rétrécit beaucoup : l'horaire des marées décide de la place.plageEn savoir plus
Les deux plages ne forment qu'un seul croissant, coupé par le petit promontoire où se dresse le palais de Miramar. La Concha, la plus longue, s'étire devant la ville ; Ondarreta, plus tranquille, continue jusqu'au pied d'Igueldo. Au-dessus du sable, la balustrade blanche de la promenade est devenue l'emblème de la ville : on retrouve son dessin sur les affiches et les souvenirs.
Le palais de Miramar a été construit à la fin du XIXᵉ siècle pour la reine Marie-Christine, dans le style d'un manoir anglais ; ses jardins, ouverts au public, dominent les deux plages. Sur La Concha, La Perla, l'ancien établissement de bains de la Belle Époque, accueille aujourd'hui un centre de thalassothérapie. En été, des bateaux partent du port pour l'île de Santa Clara, qui a sa petite plage et son phare.
⚠️ L'eau du Cantabrique reste fraîche, même en août. La baie, abritée, convient aux enfants et aux nageurs ; pour les vagues, c'est Zurriola, de l'autre côté de l'Urumea, dans le quartier de Gros, la plage des surfeurs.
Gratuit 3 h -
Mont Urgull et le château de la Mota La colline boisée qui ferme la baie à l'est, au-dessus de la vieille ville : des sentiers montent entre d'anciennes batteries jusqu'au château de la Mota et à la grande statue du Christ qui le couronne, face à l'Atlantique.natureEn savoir plus
Du haut de la colline, la vue est l'inverse de celle d'Igueldo : la baie depuis l'est, avec Santa Clara et Igueldo en face, et de l'autre côté l'embouchure de l'Urumea et la plage de Zurriola. La statue du Christ qui couronne le château se voit de toute la baie, et le château lui-même a gardé ses murailles tournées vers la mer.
Urgull a été une forteresse avant d'être un parc. En 1813, quand les troupes anglo-portugaises ont pris la ville aux Français, la garnison s'est repliée au château et y a tenu encore quelques jours. Sur la pente, le cimetière des Anglais garde les tombes de soldats britanniques tombés ici, pendant ce siège et pendant les guerres carlistes du XIXᵉ siècle.
⚠️ Les chemins sont ombragés et bien plus calmes que la vieille ville, pourtant à deux pas. Au pied de la colline, le Paseo Nuevo en fait le tour au ras de l'eau, du port à l'embouchure de l'Urumea ; par gros temps, les vagues passent par-dessus le parapet, et la promenade est alors fermée. Le port de pêche et l'aquarium sont au départ, côté baie.
Gratuit 1 h 30 -
Le Peigne du Vent d'Eduardo Chillida Trois sculptures d'acier rouillé scellées dans les rochers au bout de la plage d'Ondarreta, au pied d'Igueldo, œuvre d'Eduardo Chillida. Par mer forte, les vagues jaillissent par des trous percés dans le dallage de la place.cultureEn savoir plus
L'œuvre a été installée en 1977, sur une place dessinée par l'architecte Luis Peña Ganchegui : un dallage de granit en gradins qui descend vers les rochers, et sous lequel la mer s'engouffre dans des conduits. Quand la houle arrive, l'air et l'eau jaillissent par les trous du sol avec un souffle qu'on entend avant de le voir. Les trois peignes d'acier tendent leurs dents vers le large, là où la baie s'arrête et où commence l'océan.
Eduardo Chillida, né à Saint-Sébastien, a d'abord été gardien de but de la Real Sociedad, le club de la ville, avant qu'une blessure au genou n'arrête sa carrière et ne le tourne vers l'architecture, puis vers la sculpture. À l'autre extrémité de la baie, au bout du Paseo Nuevo, répond une œuvre de son contemporain Jorge Oteiza, la Construction vide : les deux grands sculpteurs basques se font face d'un bout à l'autre de la ville.
⚠️ Viens par mer agitée et à marée haute : par temps calme, il ne se passe presque rien. Reste en retrait quand les vagues trempent le haut de la place. Pour voir davantage de Chillida, son musée en plein air, Chillida Leku, est à Hernani, à quelques kilomètres.
Gratuit 1 h -
Getaria, le port du txakoli Un port de pêche à une demi-heure à l'ouest, entouré des vignes du txakoli, où les restaurants grillent le poisson dehors, sur des braises. C'est le village natal de Juan Sebastián Elcano, qui acheva le premier tour du monde après la mort de Magellan.marchéEn savoir plus
Le village tient sur une langue de terre prolongée par un ancien îlot rattaché à la côte, le mont San Antón, que sa silhouette a fait surnommer le Rat de Getaria. L'église gothique San Salvador est bâtie sur la pente : son sol monte nettement vers le chœur, et une ruelle passe sous elle pour descendre au port. Autour, les vignes du txakoli couvrent les coteaux qui tombent dans la mer.
Getaria a donné deux noms au monde. Juan Sebastián Elcano, revenu en 1522 du premier tour du monde, reçut de Charles Quint des armoiries portant un globe et la devise Primus circumdedisti me, « tu as été le premier à faire mon tour ». Près de quatre siècles plus tard, le couturier Cristóbal Balenciaga naissait dans ce port de pêcheurs ; un musée lui est consacré au-dessus du village.
⚠️ Les grills sont dehors, devant les restaurants du port, et le poisson se commande entier : le turbot grillé est la fierté locale. En été, le stationnement est rare. Zarautz, la grande plage voisine, est à quelques kilomètres à l'est, sur la route de Saint-Sébastien.
Gratuit 3 h -
Funiculaire et belvédère du mont Igueldo Un funiculaire en service depuis 1912 monte au sommet d'Igueldo, d'où l'on voit toute la baie de La Concha et l'île de Santa Clara. En haut, un vieux parc d'attractions garde ses manèges d'autrefois. ⚠️ Le billet aller-retour comprend l'entrée au site ; les manèges se paient à part.natureEn savoir plus
Le panorama du sommet est celui de toutes les cartes postales de la ville : la baie vue depuis l'ouest, refermée en coquillage entre Igueldo et Urgull, l'île de Santa Clara posée à son entrée, la plage d'Ondarreta juste en contrebas et la ville au fond. Passe ensuite de l'autre côté de la crête : la vue change du tout au tout, avec la pleine mer et la côte qui file vers l'ouest.
Le parc du sommet n'a jamais cherché à rivaliser avec les parcs modernes, et c'est ce qui fait son charme. Ses manèges ont gardé des airs d'autrefois, à commencer par une petite montagne russe à l'ancienne, la Montaña Suiza. Les familles de la ville y montent depuis des générations, et l'on y vient autant pour l'ambiance que pour la vue.
⚠️ Monte plutôt l'après-midi : le belvédère regarde vers l'est, et le soleil, passé derrière toi, éclaire alors la ville de face. La gare du bas est au bout d'Ondarreta, à quelques minutes à pied du Peigne du Vent : les deux se font dans la même promenade. Une route monte aussi au sommet, mais le funiculaire fait partie du plaisir.
5.5 € 1 h 30 -
San Telmo Museoa, le musée de la société basque Le musée de la société basque, installé dans un couvent dominicain du XVIᵉ siècle au pied d'Urgull et prolongé par une aile contemporaine. Dans l'ancienne église, de grandes toiles de Josep Maria Sert racontent l'histoire de la province. ⚠️ Gratuit le mardi.cultureEn savoir plus
Le parcours raconte la société basque de la préhistoire à aujourd'hui, mais le lieu compte autant que les vitrines. Au cœur du couvent, le cloître Renaissance rassemble des stèles funéraires discoïdales : des disques de pierre posés sur un pied, gravés de croix, de rosaces ou de soleils, comme on en voit encore dans les vieux cimetières du Pays basque.
Les toiles de Josep Maria Sert ont été peintes pour l'installation du musée dans le couvent, au début des années 1930. Elles couvrent les murs de l'ancienne église dans des tons d'or et de brun presque monochromes, et mettent en scène la mer, le travail et l'histoire de la province à l'échelle d'un décor de théâtre. L'aile contemporaine, signée par les architectes Nieto Sobejano, est habillée de panneaux de métal perforés où poussent mousses et plantes, pour se fondre dans la pente verte d'Urgull.
⚠️ Le musée ferme la vieille ville au pied d'Urgull : il se combine avec la montée à la colline, ou avec les pintxos du soir, à quelques rues. Par temps de pluie, fréquent sur cette côte, c'est le meilleur refuge du quartier.
10 € 2 h
Où dormir à Saint-Sébastien
- Hôtel Belle Époque face à la baie hotel premium 320 € / nuit
- Appartement près de La Concha appartement confort 170 € / nuit
- Hôtel dans le quartier de Gros hotel confort 150 € / nuit
- Lit en dortoir dans la vieille ville auberge routard 40 € / nuit
- Chambre chez l'habitant à Gros habitant routard 85 € / nuit
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2. Bilbao
Le titane de Gehry au bord d'une ria ouvrière
L'ancienne ville des hauts-fourneaux et des chantiers navals, transformée depuis l'ouverture du Guggenheim en 1997. Un métro relie le centre à la côte, et la vieille ville se fait à pied. ⚠️ Le Guggenheim ferme le lundi, sauf l'été ; l'îlot de Gaztelugatxe se réserve les jours d'affluence.
En savoir plus sur Bilbao
Bilbao a été pendant un siècle une ville de fer et d'acier : les mines de Biscaye, les hauts-fourneaux et les chantiers navals alignés le long de la ria du Nervión, l'estuaire qui la traverse jusqu'à la mer. La crise industrielle des années 1980 l'a laissée exsangue, et la ville a choisi de se reconstruire par l'architecture : un métro dessiné par Norman Foster, une passerelle de Calatrava, et surtout le musée Guggenheim de Frank Gehry, ouvert en 1997 sur d'anciens terrains portuaires au bord de l'eau.
Le Casco Viejo, la vieille ville, tient dans un coude de la ria : les Siete Calles, sept rues parallèles d'origine médiévale, la place Nueva à arcades et ses bars à pintxos, et le marché de la Ribera au bord de l'eau. En aval, l'estuaire mène au pont de Biscaye, le premier pont transbordeur du monde, achevé en 1893 et toujours en service entre Portugalete et Getxo.
⚠️ Bilbao se parcourt à pied et en métro ; la voiture ne sert qu'à sortir de la ville, vers la côte de Biscaye et l'îlot de San Juan de Gaztelugatxe. L'aéroport est à une vingtaine de minutes du centre : c'est la porte d'entrée naturelle du parcours.
À table
- Bacalao a la vizcaína — la morue dessalée nappée d'une sauce de piments choriceros séchés et d'oignon, le plat de Biscaye.
- Marmitako — le ragoût de thon et de pommes de terre des pêcheurs de la côte, surtout l'été, saison du bonite.
- Pastel de arroz — malgré son nom, une tartelette de pâte sablée garnie d'une crème cuite, la pâtisserie de Bilbao.
- Talo con chistorra — la galette de maïs roulée autour d'une saucisse fine grillée, servie dans les fêtes et sur les marchés.
Durée et coût par style de voyage à Bilbao Style Nuits Par jour et par personne Routard 1–2 59 € dont 32 € de nuit, 22 € de repas Équilibré 2–3 116 € dont 70 € de nuit, 38 € de repas Confort + 3–4 230 € dont 150 € de nuit, 64 € de repas Que faire à Bilbao
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Les berges de la ria, de Puppy à Maman La promenade le long de la ria passe devant les sculptures en plein air du musée : Puppy, le chien de Jeff Koons couvert de fleurs, et Maman, l'araignée géante de Louise Bourgeois, posée au bord de l'eau. Elle continue jusqu'à la passerelle blanche de Calatrava.cultureEn savoir plus
Puppy garde l'entrée du musée côté ville : une charpente d'acier couverte de dizaines de milliers de plantes à fleurs, arrosées de l'intérieur et replantées au printemps et à l'automne. Maman, côté ria, porte sous son abdomen un sac d'œufs de marbre : Louise Bourgeois a dédié ces araignées à sa mère, restauratrice de tapisseries, qui tissait et réparait comme elles.
Quelques jours avant l'inauguration, en 1997, un policier basque, José María Aguirre, a été tué près de Puppy par un commando de l'ETA déguisé en jardiniers, qui voulait dissimuler des explosifs dans des jardinières. En aval, la promenade mène au palais Euskalduna, bâti à l'emplacement des anciens chantiers navals, et à la grue Carola, conservée comme un monument ; la tradition veut que son nom vienne d'une jeune femme que les ouvriers regardaient passer.
⚠️ Vers l'amont, la passerelle de Calatrava, la Zubizuri, « le pont blanc » en basque, a un tablier de dalles de verre qui glissait tant sous la pluie qu'un revêtement antidérapant a dû y être posé. Garde la promenade pour la fin de journée, quand la lumière rasante allume le titane du musée.
Gratuit 1 h 30 -
Casco Viejo et les Siete Calles Les sept rues parallèles du noyau médiéval, la cathédrale Santiago et la place Nueva, fermée par des arcades et bordée de bars à pintxos.marchéEn savoir plus
Bilbao est née ici, en 1300, quand le seigneur de Biscaye, Diego López de Haro, a accordé sa charte à un bourg de marchands blotti dans un coude de la ria. Les Siete Calles en sont le noyau, et certains de leurs noms, comme Tendería ou Carnicería Vieja, disent encore les métiers d'autrefois. La cathédrale Santiago rappelle que la ville est une étape du chemin du Nord vers Compostelle : on y croise des pèlerins, la coquille accrochée au sac.
La place Nueva, fermée sur ses quatre côtés par des arcades néoclassiques, a été achevée au XIXᵉ siècle. Au bord de l'eau, le théâtre Arriaga porte le nom de Juan Crisóstomo Arriaga, enfant de Bilbao surnommé le Mozart espagnol, mort à Paris avant ses vingt ans. En août 1983, en pleine semaine des fêtes, des pluies torrentielles ont fait déborder la ria, et la vieille ville s'est retrouvée sous les eaux.
⚠️ Le quartier est piéton, et la station de métro Casco Viejo débouche en plein cœur. Beaucoup de boutiques ferment à l'heure du déjeuner : le matin et la fin d'après-midi sont les moments vivants, et le soir appartient aux bars de la place Nueva.
Gratuit 2 h -
Marché de la Ribera Une grande halle couverte au bord de la ria, au pied de la vieille ville, avec ses étals de poisson, de viande et de fromages, et des comptoirs où l'on mange sur place.marchéEn savoir plus
La halle actuelle date de 1929 : un long bâtiment au bord de l'eau, éclairé par de grandes verrières, qui a longtemps revendiqué le titre de plus grand marché couvert d'Europe. Rénovée depuis, elle fait voisiner les étals de produits frais et les comptoirs où l'on mange sur place.
Elle s'adosse à l'église San Antón, et l'église comme le pont du même nom figurent sur les armoiries de Bilbao, avec les deux loups des seigneurs de Haro : on est ici au point de départ de la ville marchande. Sur les étals, cherche ce qui fait la cuisine de Biscaye : la morue dessalée, les guindillas, ces piments verts fins conservés au vinaigre, l'idiazabal, le fromage de brebis basque, fumé ou non, et le poisson débarqué sur la côte.
⚠️ Viens le matin, quand les étals sont pleins : l'après-midi, beaucoup de commerçants ont plié. Le marché est au pied du Casco Viejo et se combine naturellement avec les Siete Calles. Pour emporter du fromage ou de la charcuterie, demande une mise sous vide : la plupart des étals la proposent.
Gratuit 1 h -
San Juan de Gaztelugatxe Un îlot rocheux relié à la côte par un pont de pierre, avec à son sommet un ermitage qu'on atteint par 241 marches en zigzag ; la tradition veut qu'on y fasse sonner la cloche trois fois. ⚠️ L'accès est gratuit, mais une réservation, gratuite elle aussi, est obligatoire les jours d'affluence. À trois quarts d'heure de Bilbao en voiture.natureEn savoir plus
Au sommet, l'ermitage dédié à saint Jean-Baptiste est une chapelle simple, battue par les vents et tournée vers le large ; le spectacle est surtout dans le chemin qui y mène, ce ruban de marches posé sur l'arête du rocher, avec la mer qui bat de chaque côté. Les amateurs de séries le reconnaîtront : l'îlot a servi de décor à Peyredragon dans Game of Thrones, et sa fréquentation a explosé depuis.
La tradition veut que saint Jean soit venu de Bermeo en quelques enjambées, et qu'il ait laissé l'empreinte de son pied sur une marche de l'escalier. On fait sonner la cloche en formulant un vœu. À la Saint-Jean, les habitants des environs y montent en pèlerinage.
⚠️ Le plus dur n'est pas l'escalier mais le retour : depuis la route, le chemin descend longuement jusqu'au pont, et il faut tout remonter, souvent en plein soleil. Prends de l'eau et des chaussures qui accrochent, car la pierre glisse par temps humide. Bermeo, port de pêche voisin, est la halte naturelle pour déjeuner.
Gratuit 3 h -
Musée Guggenheim Le musée de Frank Gehry, tout en courbes de titane au bord de la ria, avec dans sa plus grande salle les immenses spirales d'acier de Richard Serra. Le billet comprend l'audioguide. ⚠️ Fermé le lundi hors été ; gratuit pour les moins de 18 ans.cultureEn savoir plus
Le bâtiment n'a pas de façade principale : il se découvre en tournant autour, et change à chaque pas. Côté ville, un large escalier descend vers l'entrée ; côté ria, il se glisse sous le pont de la Salve et l'enjambe d'une tour. À l'intérieur, l'atrium monte sur toute la hauteur du musée, traversé de passerelles et d'ascenseurs vitrés. Le titane, posé en écailles très fines, vire à l'argent par temps gris et se dore au soleil couchant.
Pour calculer ces courbes, Gehry a utilisé un logiciel conçu pour l'aéronautique, et le succès du musée a donné son nom à l'effet Bilbao : l'idée qu'un seul bâtiment spectaculaire peut relancer une ville entière. Dans la galerie la plus vaste, longue comme un hangar, l'installation de Richard Serra s'intitule La Matière du temps : on marche entre ses parois d'acier inclinées, et c'est en les parcourant qu'on la comprend.
⚠️ L'essentiel des salles est consacré à des expositions temporaires : regarde ce qui est à l'affiche avant de venir. Fais aussi le tour extérieur, puis traverse la ria par la passerelle de l'université : c'est depuis l'autre rive qu'on voit le mieux l'ensemble.
18 € 3 h -
Pont de Biscaye, la passerelle supérieure Le premier pont transbordeur du monde, achevé en 1893 : une nacelle suspendue fait traverser piétons et voitures entre Portugalete et Getxo, et l'on peut marcher sur la passerelle tout en haut, au-dessus de l'estuaire. ⚠️ Le billet est celui de la passerelle ; la traversée en nacelle se paie à part. En métro depuis le centre.cultureEn savoir plus
Le pont devait relier les deux rives de l'embouchure sans gêner les grands voiliers qui remontaient vers Bilbao : un pont fixe assez haut aurait exigé des rampes immenses, un pont mobile aurait coupé le trafic. L'architecte basque Alberto de Palacio a retenu le système du transbordeur, mis au point avec l'ingénieur français Ferdinand Arnodin : un tablier perché très haut, d'où pend une nacelle qui glisse d'une rive à l'autre au ras de l'eau.
Il relie deux mondes : Portugalete, vieille ville marchande et ouvrière, et Las Arenas, le quartier des villas d'été de la bourgeoisie de Bilbao, sur la commune de Getxo. Pendant la guerre civile, en 1937, sa travée a été dynamitée ; reconstruit, il a repris du service quelques années plus tard, et il est inscrit au patrimoine mondial depuis 2006. Le modèle a été copié dans plusieurs pays, mais la plupart de ces ponts ont disparu.
⚠️ Un ascenseur monte au tablier ; là-haut, on marche à découvert au-dessus du vide, et le vent souffle fort : à éviter si tu as le vertige. En métro, descends à Areeta côté Getxo, ou à Portugalete.
11 € 1 h 30
Où dormir à Bilbao
- Hôtel face au Guggenheim hotel premium 230 € / nuit
- Appartement dans le Casco Viejo appartement confort 120 € / nuit
- Hôtel près de la Gran Vía hotel confort 110 € / nuit
- Lit en dortoir près du Casco Viejo auberge routard 30 € / nuit
- Chambre chez l'habitant à Abando habitant routard 65 € / nuit
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3. Santander, Santillana del Mar et Comillas
Une baie royale, des bisons préhistoriques et un caprice de Gaudí
La capitale de la Cantabrie, sur sa baie, sert de base pour la côte : Santillana del Mar et le musée d'Altamira à une demi-heure, Comillas et le Capricho de Gaudí un peu plus loin. ⚠️ La voiture est presque indispensable pour enchaîner Altamira, Comillas et Cabárceno.
En savoir plus sur Santander, Santillana del Mar et Comillas
Santander est une ville de bord de mer plus qu'une ville monumentale : un grand incendie a détruit une bonne partie de son centre en 1941, et elle s'est reconstruite le long de sa baie. Ce qui la distingue est à l'est, sur la presqu'île de la Magdalena, où la ville a offert au roi Alphonse XIII un palais d'été, et sur les plages du Sardinero, où la cour venait prendre les bains de mer. Au bord de la baie, le centre Botín de Renzo Piano expose l'art contemporain.
À une demi-heure à l'ouest, Santillana del Mar est un village de pierre, de blasons et de balcons de bois, resté presque intact autour de sa collégiale romane. Tout près se trouve la grotte d'Altamira : ses bisons peints, découverts en 1879, ont d'abord été tenus pour un faux avant d'être reconnus comme une œuvre préhistorique. La grotte est fermée au public pour la protéger ; le musée voisin en présente une reproduction fidèle. Plus loin, Comillas doit ses palais modernistes au premier marquis de Comillas, qui y fit venir des architectes catalans, et une villa couverte de céramiques aux tournesols au jeune Gaudí.
⚠️ C'est l'étape où la voiture devient utile : Altamira, Comillas et le parc de Cabárceno partent dans des directions différentes. L'aéroport est à quelques kilomètres du centre.
À table
- Anchois de Santoña — les anchois du Cantabrique salés puis filetés à la main dans les conserveries de Santoña, servis sur du pain avec un filet d'huile.
- Rabas — les lamelles de calmar frites, la tapa des bars du port de Santander.
- Cocido montañés — le pot-au-feu de la montagne cantabre : haricots blancs, chou, chorizo et boudin.
- Sobaos pasiegos — les petits gâteaux moelleux au beurre de la vallée du Pas, vendus dans toute la région.
- Quesada pasiega — le gâteau de fromage frais caillé, parfumé au citron, cousin du sobao.
Durée et coût par style de voyage à Santander, Santillana del Mar et Comillas Style Nuits Par jour et par personne Routard 1–2 58 € dont 28 € de nuit, 20 € de repas Équilibré 2–3 112 € dont 62 € de nuit, 34 € de repas Confort + 3–4 216 € dont 130 € de nuit, 58 € de repas Que faire à Santander, Santillana del Mar et Comillas
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Santillana del Mar, le village de pierre Des rues pavées bordées de maisons nobles à blasons et à balcons de bois, autour d'une collégiale romane. On dit du village qu'il n'est ni saint, ni plat, ni au bord de la mer, malgré son nom. ⚠️ Venir tôt le matin ou en fin de journée, quand les cars sont repartis.marchéEn savoir plus
Le nom du village vient de sainte Julienne, Santa Juliana, dont les reliques sont gardées dans la collégiale. L'église romane, au bout de la rue principale, a un cloître dont les chapiteaux sculptés mêlent scènes bibliques, animaux et entrelacs. Autour, les maisons de pierre ocre portent les blasons des familles d'hidalgos, nombreuses en Cantabrie, et les balcons de bois débordent de fleurs en été.
Les lecteurs français connaissent le village sans le savoir : Lesage a donné son nom au héros de son roman picaresque, Gil Blas de Santillane. Sur la grand-place, deux tours médiévales, celle du Merino et celle de Don Borja, rappellent que le bourg a été un centre de pouvoir bien avant d'être un décor. Dans les ruelles, on sert encore le verre de lait accompagné d'un bizcocho, une génoise, la collation traditionnelle du village.
⚠️ La voiture reste aux parkings à l'entrée. Les pavés sont irréguliers et glissants par temps de pluie : des chaussures plates s'imposent. Dormir sur place permet de voir les rues vides, le soir et au petit matin.
Gratuit 1 h 30 -
Plages du Sardinero Deux grandes plages de sable au nord de la ville, bordées de villas et du Grand Casino, là où la cour venait prendre les bains de mer au début du XXᵉ siècle.plageEn savoir plus
On les appelle la Première et la Seconde plage du Sardinero, séparées par les jardins de Piquío, posés sur un petit promontoire. Derrière le sable, le Grand Casino et les villas du début du XXᵉ siècle rappellent l'époque où la famille royale passait l'été à la Magdalena et où la bonne société la suivait ; sur la colline, l'Hôtel Real a été construit pour loger ces visiteurs.
Ici, la côte est ouverte : les vagues sont plus fortes que dans la baie, et des écoles de surf travaillent sur la Seconde plage. Au sud, vers la Magdalena, la petite plage du Camello doit son nom à un rocher en forme de chameau. Au nord, au-delà de Mataleñas, un sentier suit les falaises jusqu'au phare du cap Mayor.
⚠️ Le Cantabrique est froid et ses courants sont traîtres : baigne-toi face aux postes de secours, entre les drapeaux. À marée basse, le sable découvre une longue grève qu'on peut suivre à pied d'une plage à l'autre ; à marée haute, il en reste peu. Des bus réguliers relient le centre de Santander au Sardinero.
Gratuit 2 h 30 -
Musée d'Altamira et la Néocueva Une reproduction fidèle de la grotte d'Altamira, la Néocueva, avec son plafond de bisons peints, et un musée sur les chasseurs du Paléolithique de la côte cantabrique. La grotte originale, toute proche, reste fermée pour la protéger. ⚠️ Fermé le lundi ; gratuit le samedi après-midi et le dimanche.cultureEn savoir plus
Le plafond reproduit dans la Néocueva est celui qu'on surnomme parfois la chapelle Sixtine de l'art préhistorique : des bisons, une grande biche, un cheval, peints en rouge et en noir. Les artistes du Magdalénien, à la fin de la dernière glaciation, ont utilisé les bosses naturelles de la roche pour donner du volume aux corps : sous une lumière rasante, les bêtes semblent bouger.
La grotte a été découverte par Marcelino Sanz de Sautuola, un érudit de la région, et la tradition veut que ce soit sa fille María qui ait levé les yeux vers le plafond. Quand il publia sa découverte, la plupart des spécialistes crurent à une supercherie : des peintures aussi abouties semblaient impossibles. Il mourut sans avoir été réhabilité, et il fallut d'autres découvertes en France pour qu'Émile Cartailhac reconnaisse publiquement son erreur, au début du XXᵉ siècle. Plus tard, l'afflux de visiteurs a menacé les peintures, d'où la fermeture de la grotte.
⚠️ Les places sont limitées : réserve en ligne. Pour voir de vraies peintures paléolithiques, la grotte d'El Castillo, à Puente Viesgo, se visite avec un guide.
3 € 2 h -
El Capricho de Gaudí Une villa d'été de jeunesse de Gaudí, couverte de briques et de carreaux de céramique aux tournesols, avec une tour élancée comme un minaret : l'une des rares œuvres de l'architecte hors de Catalogne. ⚠️ La visite libre avec audio coûte moins que la visite guidée. Le palais de Sobrellano, voisin, se voit de l'extérieur dans la même promenade.cultureEn savoir plus
La villa a été construite au milieu des années 1880 pour Máximo Díaz de Quijano, qui voulait une maison d'été à Comillas. C'est une œuvre de jeunesse, contemporaine de la Casa Vicens de Barcelone, avec laquelle elle partage le goût de l'Orient, de la brique et de la céramique. Retenu à Barcelone, Gaudí en confia le chantier à un camarade d'études, Cristóbal Cascante.
Le propriétaire aimait la musique, et la maison en porte la marque : sur certains vitraux, de petits oiseaux jouent d'un instrument. Il n'en a presque pas profité, mort peu après l'achèvement des travaux. Les tournesols des carreaux, eux, courent sur toutes les façades, en bandes alternées avec la céramique verte, et répondent au jardin qui entoure la villa.
⚠️ Garde du temps pour le reste de Comillas : le palais de Sobrellano et sa chapelle-panthéon, dont Gaudí a dessiné une partie du mobilier, et le cimetière, gardé par un grand ange sculpté par Josep Llimona, dressé sur les ruines d'une église gothique. En été, viens à l'ouverture : la villa est petite, et les groupes s'y succèdent.
7 € 1 h -
Palais de la Magdalena, visite guidée Le palais d'été offert par la ville au roi Alphonse XIII, au bout d'une presqu'île boisée qui ferme la baie. L'intérieur ne se visite qu'en visite guidée, à heure fixe. ⚠️ La presqu'île elle-même est un parc en accès libre, qu'on parcourt à pied ou en petit train.cultureEn savoir plus
Le palais a été bâti au début du XXᵉ siècle et offert par la ville au roi Alphonse XIII, qui cherchait une résidence d'été sur la côte. Son allure de manoir anglais n'est pas un hasard : la reine, Victoire-Eugénie de Battenberg, était une petite-fille de la reine Victoria. La famille royale y a passé ses étés jusqu'à la chute de la monarchie, en 1931.
Dès l'année suivante, le palais a accueilli les cours d'été de l'Université internationale Menéndez Pelayo, qui y tient encore ses séminaires chaque été. La ville l'a racheté aux héritiers de la famille royale à la fin des années 1970. Sur la presqu'île, des bassins abritent phoques, otaries et manchots. En contrebas, une petite plage porte le nom de plage des Bikinis : la tradition veut que des étudiantes étrangères des cours d'été y aient porté les premiers maillots deux-pièces vus à Santander.
⚠️ Le palais sert aussi aux cours et à des réceptions, qui peuvent bousculer le calendrier des visites : renseigne-toi à l'office de tourisme de Santander avant de traverser la presqu'île.
7 € 1 h -
Centre Botín Le centre d'art de Renzo Piano, deux volumes suspendus au-dessus de la baie, avec des expositions d'art moderne et contemporain et des passerelles sur la mer. ⚠️ Le billet est un peu moins cher acheté en ligne ; gratuit pour les moins de 18 ans.cultureEn savoir plus
Le bâtiment est posé sur des piliers au-dessus des jardins de Pereda, pour ne pas couper la ville de sa baie : on passe dessous à pied, et la mer reste visible depuis la promenade. Ses deux volumes sont reliés par des passerelles et des escaliers extérieurs qui avancent au-dessus de l'eau. Leurs façades sont couvertes de milliers de disques de céramique nacrée, qui prennent la couleur du ciel et de la mer selon l'heure.
Le centre a ouvert en 2017. Il est porté par la fondation Botín, du nom de la famille de banquiers qui a fait du Banco Santander l'un des grands établissements européens, et il a été pensé autant comme un lieu de rencontres que comme un musée : expositions, ateliers, concerts et projections.
⚠️ Les passerelles extérieures se parcourent sans billet, et la vue sur la baie suffit à justifier le détour. Un peu plus loin, sur le port, les Raqueros, des statues de bronze de gamins prêts à plonger, rappellent les enfants pauvres qui repêchaient autrefois les pièces lancées à l'eau par les passants.
10 € 1 h 30 -
Parc de la nature de Cabárceno Une ancienne mine de fer à ciel ouvert devenue un paysage de pitons calcaires, où vivent en semi-liberté éléphants, ours et grands herbivores, qu'on parcourt en voiture d'un enclos à l'autre et en télécabine. ⚠️ Prévoir la journée ; le tarif baisse nettement hors été. À une vingtaine de kilomètres de Santander.natureEn savoir plus
Le paysage est né de la mine. Pendant des siècles, on a extrait le fer de ce massif ; en enlevant la terre chargée de minerai, les mineurs ont dégagé les pitons et les lames de calcaire qu'elle enveloppait, un relief karstique mis à nu. Après la fermeture des exploitations, le gouvernement de Cantabrie a fait de ce chaos de pierre un parc animalier.
Les enclos sont immenses et taillés dans le relief : les éléphants y vivent en troupeau, les ours bruns disposent de pentes entières, et les animaux ont assez d'espace pour qu'il faille parfois les chercher des yeux. Les télécabines survolent l'ensemble et donnent la mesure de l'ancienne mine : vues d'en haut, les aiguilles de roche forment une sorte de ville pétrifiée, où les bêtes paraissent minuscules.
⚠️ Le parc se parcourt en voiture, par une route intérieure, d'un parking à l'autre : sans voiture, la visite est difficile. Les animaux sont plus actifs le matin, et l'affluence est forte les week-ends d'août. Le parc a ses aires de pique-nique et ses restaurants ; par temps de brouillard, la télécabine perd l'essentiel de son intérêt.
45 € 5 h
Où dormir à Santander, Santillana del Mar et Comillas
- Hôtel face à la baie de Santander hotel premium 210 € / nuit
- Maison de village en pierre à Santillana appartement confort 115 € / nuit
- Hôtel près du Sardinero hotel confort 105 € / nuit
- Lit en dortoir dans le centre de Santander auberge routard 26 € / nuit
- Chambre chez l'habitant à Santillana habitant routard 60 € / nuit
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4. Picos de Europa
Des lacs de montagne et une gorge taillée dans le calcaire
Le massif calcaire partagé entre les Asturies, la Cantabrie et León, premier parc national d'Espagne. On loge à Cangas de Onís, au pied des lacs de Covadonga ; Fuente Dé, de l'autre côté, est à près de deux heures de route. ⚠️ En saison, la route des lacs est fermée aux voitures : on y monte en car.
En savoir plus sur Picos de Europa
Les Picos de Europa sont un massif de calcaire gris, haut et découpé, à quelques dizaines de kilomètres seulement de la mer, ce qui leur vaut des brouillards soudains et une herbe toujours verte. Ils forment le premier parc national créé en Espagne, en 1918, autour du sanctuaire de Covadonga, et s'étendent sur les Asturies, la Cantabrie et la province de León.
Covadonga est un lieu fondateur du récit national espagnol : c'est là, selon la tradition, que Pélage aurait battu une armée musulmane au début du VIIIᵉ siècle, point de départ de la Reconquête. Son tombeau est dans une grotte-chapelle accrochée à la falaise, tout près d'une basilique de pierre rose. Plus haut, une route en lacets monte aux lacs Enol et Ercina, entre prairies et vaches. À l'est, un sentier taillé dans la paroi suit la gorge du Cares, et de l'autre côté du massif, en Cantabrie, le téléphérique de Fuente Dé hisse ses cabines jusqu'au rebord du plateau.
⚠️ Les distances trompent : le massif se contourne, il ne se traverse pas en voiture. Cangas de Onís, première capitale du royaume des Asturies, est la base la plus pratique pour Covadonga et le Cares ; Fuente Dé se rejoint par le défilé de la Hermida. La météo change vite, même en été.
À table
- Cabrales — le fromage bleu au lait cru affiné dans les grottes naturelles du massif, puissant et piquant, vendu par les producteurs d'Arenas de Cabrales.
- Gamonéu — un fromage légèrement fumé des pâturages des lacs, dont une partie est affinée l'été dans les cabanes d'altitude.
- Fabada asturiana — les grosses fèves blanches mijotées avec chorizo, boudin et lard, le plat d'hiver des Asturies, servi toute l'année.
- Cidre asturien — un cidre plat et acide, versé de très haut dans un verre large pour le faire mousser, et bu aussitôt.
- Frixuelos — les crêpes asturiennes, fines, au sucre ou au miel.
Durée et coût par style de voyage à Picos de Europa Style Nuits Par jour et par personne Routard 1–2 56 € dont 26 € de nuit, 18 € de repas Équilibré 2–3 108 € dont 58 € de nuit, 32 € de repas Confort + 3–4 204 € dont 120 € de nuit, 54 € de repas Que faire à Picos de Europa
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Sanctuaire de Covadonga et la Sainte Grotte Une grotte creusée dans la falaise au-dessus d'une cascade, où une chapelle abrite le tombeau attribué à Pélage, et tout près une basilique néoromane de pierre rose. Le lieu le plus symbolique des Asturies.cultureEn savoir plus
On rejoint la grotte par un tunnel creusé dans la roche depuis l'esplanade, ou par un escalier depuis le bas. Elle abrite l'image de la Santina, la Vierge de Covadonga, patronne des Asturies : le 8 septembre, jour de sa fête, est aussi la fête de la région. Sous la grotte, la source aux sept jets a sa tradition : la jeune fille qui y boit se marierait dans l'année.
La chapelle actuelle n'est pas d'origine : le sanctuaire de bois qui occupait la grotte a brûlé au XVIIIᵉ siècle, avec l'image qu'il abritait. La basilique, élevée à la fin du XIXᵉ siècle dans un calcaire rose de la région, domine l'esplanade de ses deux flèches, devant la statue de Pélage, la croix levée. Pour les Asturiens, le lieu tient autant de la mémoire du royaume que de la dévotion.
⚠️ C'est un sanctuaire en activité : silence dans la grotte, et pas de visite pendant les messes. Les cars de pèlerins et de touristes se succèdent dans la journée ; tôt le matin ou en fin d'après-midi, la grotte retrouve son calme.
Gratuit 1 h 30 -
Route du Cares, de Poncebos à Caín Un sentier taillé dans la paroi au-dessus de la gorge du Cares, ouvert à l'origine pour entretenir un canal, sur une douzaine de kilomètres entre les Asturies et León, avec tunnels et passerelles ; on revient d'ordinaire par le même chemin. ⚠️ Pas de garde-corps sur une bonne partie du parcours et peu d'ombre : chaussures fermées et beaucoup d'eau.sportEn savoir plus
Le chemin n'a pas été tracé pour les randonneurs : il a servi à construire puis à entretenir le canal qui conduit l'eau du Cares vers une centrale hydroélectrique, près de Poncebos. On le longe une bonne partie du trajet, tantôt à ciel ouvert, tantôt dans la roche. Le surnom de la gorge, la Garganta Divina, la gorge divine, dit assez ce qu'on vient y voir : des parois de plusieurs centaines de mètres et, tout au fond, une rivière d'un vert d'émeraude.
Côté Asturies, le départ de Poncebos commence par la montée la plus dure du parcours ; côté León, à l'approche de Caín, la gorge se resserre et le sentier enchaîne les tunnels. De Poncebos, un funiculaire creusé dans la montagne monte aussi à Bulnes, le village qui a donné son nom au Naranjo et qu'aucune route ne dessert.
⚠️ Les deux extrémités sont très éloignées par la route, car il faut contourner le massif : des taxis proposent de ramener les marcheurs, au prix d'un long trajet. Pars tôt, avant la chaleur et la foule, et méfie-toi des pierres qui tombent des parois, parfois délogées par les chèvres.
Gratuit 6 h -
Cangas de Onís et son pont médiéval La première capitale du royaume des Asturies, au bord de la Sella, avec son pont en dos d'âne qu'on dit romain bien qu'il soit médiéval, sous l'arche duquel pend une croix de la Victoire.marchéEn savoir plus
Après la bataille de Covadonga, les premiers rois asturiens ont fixé ici leur cour, avant de la déplacer, au fil des règnes, jusqu'à Oviedo. De cette époque, la ville garde le souvenir dans la chapelle de la Sainte-Croix, bâtie sur un dolmen préhistorique : sa fondation est attribuée à Favila, fils de Pélage, dont les chroniques racontent qu'il fut tué par un ours à la chasse.
Le pont enjambe la Sella d'une grande arche en dos d'âne. La rivière est le terrain de jeu de la région : chaque été, au début du mois d'août, la descente internationale de la Sella fait courir des centaines de canoës d'Arriondas à Ribadesella dans une ambiance de fête, et les loueurs d'Arriondas proposent la même descente, au calme, le reste de la saison.
⚠️ La ville est la base pratique pour Covadonga et les lacs, et elle se remplit en été : réserve ton hébergement et ta table. Les cidreries du centre servent le cidre à l'asturienne, versé de haut, avec du cabrales et de la charcuterie.
Gratuit 1 h -
Le cabrales, affiné dans les grottes Le fromage bleu du massif, au lait cru, affiné des mois dans les grottes naturelles des environs d'Arenas de Cabrales, sur la route du Cares. Les producteurs le vendent sur place, avec le gamonéu fumé des pâturages des lacs.marchéEn savoir plus
Le cabrales se fait au lait cru de vache, parfois mêlé de lait de chèvre et de brebis, dans la commune de Cabrales et quelques villages voisins. Les fromages sont d'abord salés et séchés, puis montés dans des grottes calcaires où l'air froid et humide circule par les fissures de la montagne ; c'est là que le bleu se développe et gagne toute la pâte, jusqu'à la rendre crémeuse et piquante.
Autrefois, chaque pièce était enveloppée dans des feuilles d'érable ; elle porte aujourd'hui une feuille d'aluminium marquée du sceau de l'appellation. À Arenas de Cabrales, une grotte aménagée en musée montre l'affinage, et la fête du fromage, à la fin du mois d'août, s'achève par une vente aux enchères où le meilleur fromage de l'année atteint régulièrement des prix records.
⚠️ Le cabrales est puissant : goûte-le d'abord sur un morceau de pain, avec un verre de cidre. Pour l'emporter, demande-le sous vide et garde-le au frais : dans une voiture en plein été, il parfume tout l'habitacle.
Gratuit 1 h -
Lacs de Covadonga, en car réglementé Les lacs Enol et Ercina, à plus de mille mètres d'altitude, au bout d'une route en lacets au-dessus de Covadonga : prairies, vaches et sommets calcaires, et un sentier facile de l'un à l'autre. ⚠️ Pendant les périodes réglementées, tout l'été compris, la route est fermée aux voitures ; le car part des parkings de Cangas de Onís et de la route de Covadonga.natureEn savoir plus
Les deux lacs sont d'origine glaciaire, et un troisième, le Bricial, n'apparaît qu'à la fonte des neiges ou après de fortes pluies. Entre eux, les anciennes mines de Buferrera, où l'on a extrait du fer et du manganèse jusqu'au XXᵉ siècle, ont laissé des galeries et des déblais rouillés qu'un sentier explique ; le centre d'accueil du parc est tout près.
Ce paysage a été le premier protégé du pays grâce à Pedro Pidal, marquis de Villaviciosa, chasseur et alpiniste, qui défendit la loi sur les parcs nationaux ; en 1904, il avait réussi avec un berger de Caín la première ascension du Naranjo de Bulnes, le pic emblématique du massif. Les cyclistes connaissent aussi la route des lacs, arrivée réputée du Tour d'Espagne. L'été, vaches et brebis montent aux pâturages, et les bergers y affinent le gamonéu dans des cabanes de pierre.
⚠️ Le brouillard peut couvrir les lacs en quelques minutes, même quand il fait beau à Cangas : emporte un vêtement chaud. Repère en arrivant l'heure du dernier car qui redescend.
9 € 4 h -
Téléphérique de Fuente Dé Une cabine qui gravit d'un trait une paroi de plus de sept cents mètres, du fond de la vallée de Liébana au rebord du massif central des Picos, d'où partent des sentiers sur le plateau. ⚠️ Côté Cantabrie, à près de deux heures de route de Cangas de Onís ; le billet est daté, et le tarif baisse nettement hors été.natureEn savoir plus
Le téléphérique part d'un cirque de parois verticales qui ferme la vallée de la Liébana, et la cabine monte d'une seule portée jusqu'au belvédère du Cable, posé au bord du vide. En haut, le paysage n'a plus rien de vert : un plateau de roche grise et d'éboulis, où l'on croise souvent des chamois cantabriques, les rebecos.
Depuis le sommet, une piste facile mène vers les prairies d'Áliva et leur refuge ; les bons marcheurs redescendent ensuite à pied jusqu'à Espinama, dans la vallée, sans reprendre la cabine. Sur la route de Fuente Dé, la Liébana vaut l'arrêt : Potes et sa tour médiévale, et le monastère de Santo Toribio, qui conserve un fragment présenté comme le plus grand de la Vraie Croix, et où le moine Beatus écrivit au VIIIᵉ siècle son Commentaire de l'Apocalypse.
⚠️ En été, la file d'attente au départ peut être très longue : arrive tôt. Si le sommet est pris dans les nuages, on ne voit rien là-haut, et il y fait froid, même en août : un vêtement chaud n'est pas de trop.
30 € 3 h
Où dormir à Picos de Europa
- Hôtel de montagne près de Covadonga hotel premium 180 € / nuit
- Maison rurale avec vue sur les sommets appartement confort 110 € / nuit
- Hôtel dans le centre de Cangas de Onís hotel confort 95 € / nuit
- Lit en dortoir à Cangas de Onís auberge routard 24 € / nuit
- Chambre en maison rurale habitant routard 60 € / nuit
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5. Oviedo et Gijón
La Chambre sainte, le cidre et le port de Gijón
Oviedo, capitale des Asturies, garde dans sa cathédrale les trésors de l'ancien royaume ; Gijón, sur la côte, est la grande ville portuaire, à une demi-heure. ⚠️ Les deux villes se font à pied et se relient par des cars et des trains très fréquents ; la voiture ne sert qu'à en sortir.
En savoir plus sur Oviedo et Gijón
Oviedo a été la capitale du royaume des Asturies au IXᵉ siècle, le petit État chrétien né à Covadonga, et elle en garde les trésors : la Chambre sainte de sa cathédrale gothique conserve la croix des Anges, la croix de la Victoire, devenue l'emblème des Asturies, et le Suaire d'Oviedo. Sur le mont Naranco, au-dessus de la ville, deux édifices préromans de cette époque, Santa María del Naranco et San Miguel de Lillo, sont inscrits au patrimoine mondial.
La ville est aussi le point de départ du Chemin primitif vers Saint-Jacques, que la tradition fait suivre au roi Alphonse II ; un dicton dit que qui va à Saint-Jacques sans passer par le Sauveur d'Oviedo visite le serviteur et oublie le maître. Le soir, la rue Gascona aligne ses cidreries, où le serveur verse le cidre de très haut, bras tendu, pour le faire mousser.
Gijón, à une demi-heure sur la côte, est une autre ambiance : un port, une longue plage urbaine et l'ancien quartier des pêcheurs, Cimadevilla, sur une presqu'île que couronne l'Éloge de l'horizon, une sculpture de béton d'Eduardo Chillida. ⚠️ Avant de monter au Naranco, vérifie que les deux églises sont ouvertes : elles ferment parfois pour travaux.
À table
- Cachopo — deux grandes escalopes de veau garnies de jambon et de fromage, panées et frites ; une portion se partage souvent à deux.
- Cidre escanciado — le cidre naturel des cidreries de la rue Gascona, versé de haut par le serveur, un fond de verre à la fois, à boire aussitôt.
- Carbayones — les gâteaux d'Oviedo, une pâte feuilletée garnie d'amande et d'œuf, glacée au sucre.
- Arroz con leche requemado — le riz au lait asturien, longuement cuit, dont le sucre est caramélisé au fer en surface.
- Fabes con almejas — les fèves blanches cuites avec des palourdes, la version marine de la fabada.
Durée et coût par style de voyage à Oviedo et Gijón Style Nuits Par jour et par personne Routard 1–2 51 € dont 26 € de nuit, 20 € de repas Équilibré 2–3 100 € dont 58 € de nuit, 34 € de repas Confort + 3–4 192 € dont 120 € de nuit, 56 € de repas Que faire à Oviedo et Gijón
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Vieille ville d'Oviedo et le marché du Fontán Des places à arcades autour de la cathédrale, la place du Fontán et son marché couvert, et des statues de bronze semées dans les rues, dont celle de Woody Allen.marchéEn savoir plus
La vieille ville d'Oviedo est petite, presque entièrement piétonne, et fière de sa propreté. Autour de la cathédrale, elle s'organise en places : celle de la Constitution, où l'hôtel de ville fait face à l'église San Isidoro ; celle de Trascorrales, l'ancienne place du marché aux poissons ; et le Fontán, une place fermée de portiques, dont le nom rappelle l'étang qui occupait autrefois ces terrains, et qu'on longe pour entrer dans la halle du marché.
Les statues de bronze sont une signature de la ville : beaucoup sont grandeur nature, posées à hauteur des passants. Celle de Woody Allen rappelle que le cinéaste, venu recevoir le prix Prince des Asturies, s'était déclaré conquis par Oviedo, qu'il comparait à un conte de fées, et qu'il y tourna plus tard des scènes de Vicky Cristina Barcelona. Chaque automne, la remise des prix Princesse des Asturies, au théâtre Campoamor, amène dans la ville des lauréats du monde entier.
Les arcades des places sont l'abri naturel des jours de pluie, nombreux ici. La vieille ville somnole à l'heure de la sieste et s'anime en fin de journée, quand Oviedo sort faire son tour avant de gagner les cidreries.
Gratuit 2 h -
Rue Gascona, le boulevard du cidre Une rue entière de cidreries, où le serveur verse le cidre de très haut, bras tendu, dans un verre large, pour le faire mousser ; on le boit aussitôt et l'on jette le fond. On y mange cachopo, poulpe et fromages asturiens.marchéEn savoir plus
Le cidre des Asturies est un cidre naturel, plat et acide, presque sans bulles en bouteille : c'est la chute qui le réveille. Le serveur lève la bouteille au-dessus de sa tête, tient le verre bas et incliné, et vise le bord pour que le jet s'y brise. Ce geste s'appelle escanciar, et la petite dose qu'il verse, un culín, se boit d'un trait, tant qu'elle mousse encore.
Le fond qu'on jette a sa raison : dans l'usage, le même verre passe de main en main dans le groupe, et ce dernier trait rince le bord où l'on a bu. On commande la bouteille entière, et le serveur revient verser chaque culín. Les cidreries servent aussi le chorizo cuit au cidre, le poulpe, les fromages des Asturies et des cachopos qui débordent de l'assiette. La culture du cidre asturien est inscrite par l'Unesco au patrimoine culturel immatériel de l'humanité.
⚠️ Le sol et le pied des comptoirs reçoivent leur part de cidre : évite les chaussures en toile. Le soir, la rue est pleine ; pour une table assise, mieux vaut arriver avant l'heure du dîner espagnol.
Gratuit 2 h -
Cimadevilla et l'Éloge de l'horizon, à Gijón L'ancien quartier des pêcheurs de Gijón, sur la presqu'île de Santa Catalina, et à sa pointe la grande sculpture de béton d'Eduardo Chillida, qui encadre la mer.cultureEn savoir plus
Cimadevilla, « le haut de la ville », occupe la presqu'île qui sépare le port de plaisance de la plage de San Lorenzo. C'est le noyau le plus ancien de Gijón : au pied de la colline, les thermes romains de Campo Valdés se visitent sous terre, et le quartier a vu naître Jovellanos, la grande figure des Lumières espagnoles, dont la maison natale est devenue un musée. Ses ruelles en pente montent de la place Mayor à arcades jusqu'au cerro de Santa Catalina, une pelouse au bord de la falaise.
L'Éloge de l'horizon y a été installé en 1990. Sa silhouette de béton a d'abord fait ricaner — les Gijonais l'ont surnommée « les toilettes de King Kong » — avant de devenir l'emblème de la ville. Place-toi au centre, sous l'arche : la forme concentre le bruit du vent et des vagues, comme un coquillage qu'on porte à l'oreille.
⚠️ La colline est entièrement exposée au vent du large, même par beau temps : un coupe-vent n'est pas de trop. Le coucher du soleil y attire du monde ; on redescend ensuite vers les cidreries du quartier.
Gratuit 2 h -
Plage de San Lorenzo, à Gijón La plage urbaine de Gijón, un long arc de sable bordé d'une promenade, qui disparaît presque entièrement à marée haute. ⚠️ Regarder l'horaire des marées avant de s'installer.plageEn savoir plus
La promenade qui borde la plage, que les Gijonais appellent le Muro, court sur toute la longueur de l'arc, de l'église San Pedro, au pied de Cimadevilla, jusqu'à l'embouchure du Piles. On descend au sable par des escaliers numérotés, et c'est par leur numéro qu'on se donne rendez-vous ; le plus large, l'Escalerona, a même son propre nom. Côté Piles, les surfeurs guettent les vagues dès que la houle rentre.
À marée haute, la mer vient battre le pied du mur et il ne reste rien où poser sa serviette ; à marée basse, une large bande de sable se découvre, et la plage se remplit en un rien de temps. Le Muro, lui, sert à toute heure, à pied, à vélo ou en courant, et c'est là que Gijón fait sa promenade du soir.
⚠️ L'eau du Cantabrique est froide et la houle entre ici sans obstacle : baigne-toi dans la zone surveillée, entre les drapeaux, et sors de l'eau quand le drapeau rouge est levé.
Gratuit 2 h 30 -
Cathédrale d'Oviedo et la Chambre sainte Une cathédrale gothique bâtie autour de la Chambre sainte du IXᵉ siècle, qui garde la croix des Anges, la croix de la Victoire et le Suaire d'Oviedo. Le billet ouvre aussi le cloître et le musée, avec audioguide. ⚠️ La montée à la tour gothique se paie à part, en visite guidée.cultureEn savoir plus
Le cœur de la visite tient dans une pièce étroite, à l'écart de la nef : la Chambre sainte, chapelle palatine attribuée à Alphonse II le Chaste, bâtie pour garder les reliques du jeune royaume. Au XIIᵉ siècle, on l'a remaniée et l'on a sculpté contre ses colonnes les apôtres, deux par deux. Au fond brillent les deux croix d'orfèvrerie : celle des Anges, que la légende dit forgée par deux anges déguisés en pèlerins, et celle de la Victoire, censée renfermer la croix de chêne que Pélage portait à Covadonga.
Ces pièces reviennent de loin. En octobre 1934, pendant le soulèvement des mineurs asturiens, une explosion a détruit la Chambre sainte, et les croix ont dû être restaurées. La tour gothique, seule de sa façade, est celle d'où le chanoine de La Regenta, le roman de Clarín, observe à la longue-vue la ville que le livre appelle Vetusta ; la statue de l'héroïne attend sur la place.
⚠️ Le Suaire, ce linge qu'on dit avoir enveloppé la tête du Christ au tombeau, ne se montre aux fidèles que quelques jours par an, dont le Vendredi saint. Le mardi, le musée est gratuit.
8 € 1 h 30
Où dormir à Oviedo et Gijón
- Hôtel dans un palais du centre hotel premium 175 € / nuit
- Appartement près de la plage de San Lorenzo appartement confort 105 € / nuit
- Hôtel dans la vieille ville d'Oviedo hotel confort 90 € / nuit
- Lit en dortoir près de la cathédrale auberge routard 24 € / nuit
- Chambre chez l'habitant dans le centre habitant routard 55 € / nuit
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6. Cudillero et la côte asturienne
Un port de pêche en amphithéâtre et des criques sous les falaises
Un village de pêcheurs dont les maisons peintes s'étagent en amphithéâtre autour d'un port minuscule, au milieu d'une côte de falaises et de criques ; Luarca et Avilés sont à moins d'une heure. ⚠️ La voiture se laisse à l'entrée du village : les ruelles du port sont trop étroites.
En savoir plus sur Cudillero et la côte asturienne
Cudillero tient dans un repli de la falaise : ses maisons blanches, jaunes, vertes et bleues montent en gradins autour d'un petit port, si serrées qu'on les dirait empilées, et le village descend jusqu'à l'eau par des escaliers et des ruelles où les voitures ne passent pas. C'est un port de pêche avant d'être un décor, et ses restaurants servent le poisson des bateaux qui rentrent.
Autour, la côte asturienne alterne falaises et criques. À l'ouest, la plage du Silencio, une conque de galets fermée par des falaises, se gagne par un sentier raide, et le cap Vidío avance son phare au-dessus de la mer. Plus loin, Luarca étage ses maisons blanches autour d'un port, avec sur le promontoire un cimetière marin où repose Severo Ochoa, prix Nobel de médecine, né dans la ville. À l'est, Avilés garde un centre ancien à arcades et un centre culturel blanc dessiné par Oscar Niemeyer.
⚠️ La voiture est presque indispensable : les criques et les caps ne sont reliés par rien d'autre, et le train à voie métrique qui longe la côte est lent et rare. C'est l'étape la plus calme du parcours, celle où l'on ralentit entre les villes et la Galice.
À table
- Merluza del pinchu — le merlu pêché à la ligne, un par un, par les bateaux des ports asturiens, plus ferme que celui des chalutiers ; à la plancha ou en sauce verte.
- Pixín — le nom asturien de la lotte, servie frite en morceaux ou en ragoût.
- Oricios — les oursins de la côte, mangés crus à la cuillère, en saison seulement, de l'hiver au printemps.
- Bonito del norte — le thon blanc pêché à la ligne l'été dans le Cantabrique, grillé frais ou en conserve à l'huile.
Durée et coût par style de voyage à Cudillero et la côte asturienne Style Nuits Par jour et par personne Routard 1–1 60 € dont 30 € de nuit, 20 € de repas Équilibré 2–2 112 € dont 62 € de nuit, 34 € de repas Confort + 3–3 207 € dont 125 € de nuit, 56 € de repas Que faire à Cudillero et la côte asturienne
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Cudillero, le port en amphithéâtre Des maisons de toutes les couleurs étagées en gradins au-dessus d'un petit port de pêche, et des escaliers qui montent à des belvédères d'où l'on voit tout le village d'un coup.marchéEn savoir plus
Cudillero s'est bâti au fond d'un ravin étroit qui descend jusqu'à la mer. Faute de place à plat, les maisons se sont accrochées aux trois versants, les unes au-dessus des autres, et convergent toutes vers la petite place du port. D'en bas, on a l'impression d'être sur la scène d'un théâtre dont les façades seraient les gradins.
Ses habitants, les pixuetos, ont gardé un parler de pêcheurs qui n'appartient qu'à eux, le pixueto, une variante de l'asturien. Il revit chaque année pour la Saint-Pierre, fin juin, avec l'Amuravela : un sermon en pixueto, déclamé sur le port, qui passe en revue avec malice les événements de l'année au village.
⚠️ Les belvédères se gagnent par des escaliers raides et des ruelles sans rampe : de bonnes chaussures, et du souffle. Le milieu de journée d'été est le plus encombré ; le soir, quand les cars sont repartis, le port retrouve son calme et la lumière rasante allume les façades.
Gratuit 1 h 30 -
Plage du Silencio Une crique de galets en arc de cercle, fermée par des falaises et des îlots, où l'on descend par un sentier depuis le hameau de Castañeras. ⚠️ Pas de sable ni de service, et la descente est raide.plageEn savoir plus
Vue du belvédère qui la domine, la plage du Silencio est une image qu'on retrouve sur bien des affiches des Asturies : une anse en demi-cercle, une grève de galets gris, et devant, une rangée d'îlots et d'aiguilles de roche qui ferme presque la baie. On la connaît aussi sous le nom de Gavieiru. Son nom lui va : à l'écart de la route et des villages, on n'y entend que la mer qui roule les galets.
Quand la houle tombe, l'eau y devient claire et calme, et les rochers attirent ceux qui nagent avec un masque. Le reste du temps, on vient surtout pour le spectacle, depuis le haut ou assis sur les galets.
⚠️ Glissant après la pluie, le sentier se remonte au retour, et aucune surveillance de baignade n'est assurée : n'entre dans l'eau que par mer calme. Chaussures fermées pour le chemin, sandales d'eau pour les galets. Le petit parking du hameau se remplit tôt en été.
Gratuit 2 h 30 -
Cap Vidío et son phare Un promontoire de falaises verticales au-dessus de la mer, avec son phare et un sentier au bord du vide d'où l'on suit la côte sur des kilomètres.natureEn savoir plus
Le cap Vidío avance dans la mer comme une proue, entre deux anses fermées de falaises qui tombent droit dans l'eau. Une petite route traverse les prés depuis le village d'Oviñana et s'arrête près du phare. De là, des sentiers suivent le rebord de la falaise de part et d'autre, et, par temps dégagé, on voit la côte asturienne se découper cap après cap, vers l'est comme vers l'ouest.
La pointe reçoit le vent et la houle de plein fouet. Par mer forte, les vagues explosent au pied des falaises et l'on entend le ressac de loin ; par temps calme, on y vient pour la lumière du soir et pour regarder les oiseaux de mer planer le long de la paroi.
⚠️ Le garde-corps ne court pas partout, et le bord est souvent herbeux et glissant : garde les enfants près de toi, et ne t'approche pas de l'à-pic par vent fort ou quand le brouillard efface le bord. Ce qu'on voit d'ici se voit très bien sans s'avancer.
Gratuit 1 h -
Luarca, la ville blanche Un port de pêche aux maisons blanches serrées le long d'une rivière, et sur le promontoire une chapelle, un phare et un cimetière marin face à l'océan, où repose le prix Nobel Severo Ochoa. À trois quarts d'heure à l'ouest.marchéEn savoir plus
Luarca s'est installée dans les méandres du río Negro, à l'endroit où il rejoint la mer : la petite rivière traverse la ville sous une série de ponts, et les maisons blanches aux toits d'ardoise s'étagent sur les deux rives jusqu'au port et à ses barques peintes. On la surnomme la « ville blanche de la Côte verte ».
Sur l'un des ponts, la tradition place une histoire de pirate. Cambaral, capturé par un seigneur de la ville, aurait séduit la fille de celui-ci et fui avec elle ; rattrapés, les amants auraient été tués là en s'embrassant, d'où le nom de pont du Baiser. Au-dessus du port, le promontoire de l'Atalaya réunit une chapelle, le phare et le cimetière en terrasses face à l'océan, où Severo Ochoa, prix Nobel de médecine en 1959, repose dans sa ville natale.
⚠️ Le cimetière reste un lieu de recueillement : on s'y promène en silence. On monte à l'Atalaya à pied depuis le port, par des ruelles et des escaliers ; l'été, le centre est vite saturé de voitures, mieux vaut se garer à l'entrée de la ville.
Gratuit 2 h 30 -
Avilés et le centre Niemeyer Un centre ancien de rues à arcades et de palais, et sur l'estuaire le centre culturel aux formes blanches dessiné par Oscar Niemeyer. Les extérieurs se parcourent librement.cultureEn savoir plus
Avilés a deux visages. Le premier est celui d'une vieille ville marchande, où la rue Galiana aligne sur toute sa longueur des arcades de pierre, et où la place d'Espagne, que les habitants appellent El Parche, réunit l'hôtel de ville et des palais à blasons. C'est d'ici qu'était Pedro Menéndez de Avilés, le marin qui fonda Saint-Augustine, en Floride, au XVIᵉ siècle. Le second est celui d'une ville d'acier : à partir des années 1950, une immense aciérie publique en a fait l'un des grands centres industriels d'Espagne.
Le centre Niemeyer appartient à la reconversion qui a suivi. L'architecte brésilien, lauréat du prix Prince des Asturies, en a offert le projet alors qu'il approchait de cent ans ; inauguré en 2011, c'est sa seule œuvre en Espagne : un dôme, un auditorium, une tour-belvédère et une grande esplanade blanche face à la ria.
À Carnaval, la rue Galiana devient un toboggan : on la descend sur des embarcations de fortune, dans l'eau et la mousse. ⚠️ Le centre Niemeyer est sur l'autre rive, à une courte marche de la vieille ville ; pour entrer dans le dôme, regarde d'abord le programme.
Gratuit 2 h -
Poisson de ligne sur le port Les restaurants du port servent le poisson débarqué par les bateaux de la côte : merlu pêché à la ligne, lotte, et sardines grillées l'été.marchéEn savoir plus
La merluza del pinchu se reconnaît à sa chair, plus ferme que celle des grands chalutiers : pêchée à l'hameçon, un poisson à la fois, elle arrive à quai sans avoir été écrasée dans un filet. Sur la côte, on la mange à la plancha, en sauce verte aux palourdes, ou a la sidra, cuite dans le cidre, à l'asturienne. Le pixín, la lotte, se sert en beignets ; l'été, les sardines grillent en terrasse et le bonite, le thon blanc du Cantabrique, arrive en saison.
Le poisson du jour dépend de la criée, la rula, où se vend ce que les bateaux ont rapporté : ce qui manque à la carte un jour n'est souvent pas sorti de l'eau. Demande ce qui est arrivé le matin, plutôt que de lire la carte.
⚠️ Sur l'ardoise, les poissons marqués « S/M », según mercado, n'ont pas de prix fixe : ils se paient au poids, au cours du jour. Demande le prix et le poids avant de commander, surtout pour un poisson entier à partager.
Gratuit 1 h 30
Où dormir à Cudillero et la côte asturienne
- Hôtel de charme face à la mer hotel premium 175 € / nuit
- Maison rurale près des falaises appartement confort 115 € / nuit
- Hôtel avec vue sur le port hotel confort 100 € / nuit
- Chambre d'hôtes dans le village habitant routard 60 € / nuit
- Pension au-dessus du port hotel routard 70 € / nuit
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7. Ribadeo et la plage des Cathédrales
Des arches de roche qu'on ne traverse qu'à marée basse
Une petite ville galicienne à l'embouchure de l'Eo, face aux Asturies, et à quelques kilomètres la plage des Cathédrales, ses arches et ses grottes. ⚠️ La plage ne se parcourt qu'à marée basse, et en Semaine sainte puis de juillet à septembre son accès se réserve, gratuitement, auprès de la Xunta.
En savoir plus sur Ribadeo et la plage des Cathédrales
La plage des Cathédrales, As Catedrais en galicien, est une falaise que la mer a creusée d'arches, de piliers et de grottes, alignés comme les arcs-boutants d'une nef. À marée haute, on ne voit que le haut des falaises depuis le chemin qui les longe ; à marée basse, on descend par un escalier et l'on marche sur le sable entre les piliers, sous les voûtes. Tout se joue sur l'horaire de la marée, qu'il faut regarder avant de venir.
Ribadeo, à quelques kilomètres, est la première ville de Galice quand on vient des Asturies, au bord de la ria de l'Eo, que franchit un long pont routier. Ses maisons d'indianos, ces émigrés revenus fortune faite des Amériques, ont des façades colorées et des miradors vitrés ; la tour des Moreno, coiffée d'une coupole, est la plus extravagante. À l'entrée de la ria, l'île Pancha porte deux phares reliés à la terre par une passerelle.
⚠️ Pendant la Semaine sainte et l'été, l'accès à la plage se réserve, gratuitement, auprès de la Xunta de Galice, par créneaux. Hors de ces périodes, il est libre, mais la marée reste la seule règle. Mondoñedo, ville épiscopale de l'intérieur, est à une demi-heure.
À table
- Pulpo á feira — le poulpe cuit dans un chaudron de cuivre, coupé aux ciseaux sur une planche de bois, arrosé d'huile, de gros sel et de paprika.
- Percebes — les pouces-pieds arrachés aux rochers battus par les vagues, cuits quelques instants à l'eau de mer ; on les tord pour en extraire la chair.
- Empanada — la tourte galicienne à pâte épaisse, garnie de thon, de poulpe ou de pétoncles, qu'on mange en parts, froide ou tiède.
- Torta de Mondoñedo — le gâteau de la ville voisine, en pâte feuilletée garnie de cheveux d'ange, une confiture de courge, et d'amande, décoré de fruits confits.
Durée et coût par style de voyage à Ribadeo et la plage des Cathédrales Style Nuits Par jour et par personne Routard 1–1 58 € dont 28 € de nuit, 20 € de repas Équilibré 2–2 105 € dont 58 € de nuit, 32 € de repas Confort + 3–3 192 € dont 115 € de nuit, 52 € de repas Que faire à Ribadeo et la plage des Cathédrales
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Plage des Cathédrales à marée basse Des arches et des piliers de roche creusés par la mer, sous lesquels on marche à marée basse, entre des grottes et des couloirs de sable. ⚠️ En Semaine sainte et du 1er juillet au 30 septembre, l'accès se réserve, gratuitement, sur le site de la Xunta ; à marée haute, la plage est sous l'eau.plageEn savoir plus
Sur les cartes, son nom officiel est la plage d'Augas Santas, « les eaux saintes ». Le surnom de Cathédrales lui vient des arches que la mer a taillées dans la falaise de schiste et d'ardoise : la roche, feuilletée et tendre, s'est creusée en voûtes là où elle cédait, et a laissé debout des piliers là où elle résistait. Sous les plus hautes arches, on passe d'une crique à l'autre par des couloirs de sable, et des grottes s'enfoncent dans la falaise.
La plage est classée monument naturel par la Galice, et le site est fragile : on ne grimpe pas sur les arches, et l'on n'emporte ni pierres ni coquillages.
⚠️ Quand une réservation est exigée, choisis la date d'après l'annuaire des marées, en visant une basse mer en pleine journée ; les grandes marées découvrent bien davantage. Arrive avant l'heure de la basse mer et remonte avant le retour du flot : la mer remonte vite et peut fermer le passage entre deux criques, loin de l'escalier. Les rochers couverts d'algues glissent.
Gratuit 2 h -
Ribadeo, les maisons d'indianos et la tour des Moreno Des façades colorées à miradors vitrés, bâties par des émigrés revenus riches des Amériques, et la tour des Moreno, coiffée d'une coupole, la plus extravagante de toutes.marchéEn savoir plus
On appelait indianos les Galiciens et les Asturiens partis chercher fortune aux Amériques, à Cuba, en Argentine ou au Mexique, au XIXᵉ siècle et au début du XXᵉ. Ceux qui revenaient riches tenaient à le montrer : maisons de maître aux couleurs vives, galeries vitrées, ferronneries, et dans le jardin presque toujours un palmier, signe qu'on avait réussi outre-Atlantique. Ribadeo en a gardé toute une collection, dans le centre et le long des rues qui descendent vers le port.
La tour des Moreno, sur la place d'Espagne, a été bâtie au début du XXᵉ siècle par des frères revenus d'Argentine, dans un style qui ne ressemble à rien d'autre dans la ville. Elle fait face au palais d'Ibáñez, devenu l'hôtel de ville, construit pour le marquis de Sargadelos, l'industriel qui fonda les faïenceries galiciennes de ce nom.
⚠️ Presque toutes ces maisons sont habitées ou privées : elles se regardent depuis la rue. Lève les yeux, le détail est en hauteur : miradors, balcons et frises de céramique.
Gratuit 1 h 30 -
L'île Pancha et ses phares Un îlot rocheux à l'entrée de la ria, relié à la côte par une passerelle, avec deux phares et une vue sur la côte asturienne en face.natureEn savoir plus
L'île Pancha garde l'entrée de la ria de l'Eo, l'estuaire qui sépare la Galice des Asturies : de sa pointe, on regarde de l'autre côté de l'embouchure une côte qui est déjà asturienne. Un chenal étroit la sépare de la terre, et la passerelle l'enjambe au-dessus d'une eau qui s'engouffre entre les rochers dès que la mer se lève.
Deux phares d'époques différentes s'y tiennent côte à côte, l'ancien et son successeur, et c'est leur double silhouette au-dessus des rochers qui fait l'image. Autour, la roche plonge vers la mer, et l'on s'y assoit pour regarder les vagues et les goélands. La lumière y est la plus belle en fin de journée.
⚠️ Il n'y a presque pas d'ombre et beaucoup de vent, et les rochers proches de l'eau sont glissants : on ne s'y aventure pas par mer forte. On peut venir à pied depuis le centre de Ribadeo en suivant la côte, et prolonger la promenade vers l'ouest, le long des criques, en direction de la plage des Cathédrales.
Gratuit 1 h -
Mondoñedo, la ville épiscopale Une petite ville de pierre de l'intérieur, siège d'un évêché depuis le Moyen Âge, ramassée autour de sa cathédrale et de sa place ; on y vient aussi pour sa torta, le gâteau local. À une demi-heure de Ribadeo.marchéEn savoir plus
Mondoñedo a été jusqu'au XIXᵉ siècle l'une des sept capitales de province de l'ancien royaume de Galice, et elle a gardé l'allure d'une petite cité d'Église : rues de pierre, maisons à galeries vitrées, couvents. Sa cathédrale, à la façade baroque encadrée de deux tours, est surnommée en galicien la « catedral anana », la cathédrale naine, pour ses proportions trapues. On y montre la Virxe Inglesa, une statue gothique que la tradition fait venir de Londres, sauvée des destructions de la Réforme.
La place de la cathédrale a vu, à la fin du XVᵉ siècle, l'exécution du maréchal Pardo de Cela, un noble galicien qui avait tenu tête aux Rois catholiques ; la tradition veut que sa grâce soit arrivée trop tard. La ville est aussi celle de l'écrivain Álvaro Cunqueiro, qui en a fait le décor de ses récits.
⚠️ La cathédrale est une église en activité : tenue correcte, et pas de visite pendant les offices. Mondoñedo est une étape du Chemin du Nord vers Saint-Jacques : tu y croiseras des pèlerins.
Gratuit 2 h -
Poulpe et fruits de mer de la Mariña Le poulpe cuit au chaudron et coupé aux ciseaux, les pouces-pieds et les pétoncles de la côte de la Mariña, servis dans les restaurants du port de Ribadeo.marchéEn savoir plus
Le pulpo á feira tient son nom des foires : les pulpeiras installaient leurs chaudrons de cuivre sur la place les jours de marché. Avant la cuisson, on « effraie » le poulpe en le plongeant trois fois dans l'eau bouillante, pour que ses tentacules se recourbent et que sa peau tienne. Il se sert sur une planche de bois, avec des cachelos, des pommes de terre cuites à l'eau, et se pique au cure-dent.
Sur la Mariña, la côte de la province de Lugo, la carte suit la mer : pouces-pieds, zamburiñas grillées, ces petits pétoncles qu'on mange d'une bouchée, couteaux à la plancha, et l'empanada en entrée. Avec le poulpe, le vin de tradition est le ribeiro, servi dans une petite tasse de faïence blanche, la cunca.
⚠️ Les fruits de mer, les pouces-pieds surtout, se vendent au poids et coûtent cher : demande le prix et la quantité d'une ración avant de commander. Le poulpe se commande en ración entière ou en demi-ración, à partager.
Gratuit 1 h 30
Où dormir à Ribadeo et la plage des Cathédrales
- Hôtel de charme sur la ria hotel premium 160 € / nuit
- Maison rurale près de la plage des Cathédrales appartement confort 110 € / nuit
- Hôtel dans une maison d'indianos hotel confort 95 € / nuit
- Chambre d'hôtes dans le centre habitant routard 55 € / nuit
- Pension près du port hotel routard 60 € / nuit
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8. Saint-Jacques-de-Compostelle
La fin du chemin, sous les toits de la cathédrale
La ville des pèlerins, une vieille ville de granit tout entière tournée vers sa cathédrale, où les marcheurs arrivent chaque jour sur la place de l'Obradoiro. ⚠️ La cathédrale est gratuite ; le Portique de la Gloire, le musée et les toits se paient, et les visites guidées partent à heure fixe.
En savoir plus sur Saint-Jacques-de-Compostelle
Saint-Jacques-de-Compostelle est née d'un tombeau : au IXᵉ siècle, on y découvrit une sépulture qu'on attribua à l'apôtre Jacques, et la ville devint, avec Rome et Jérusalem, l'un des trois grands pèlerinages de la chrétienté. La cathédrale romane, commencée à la fin du XIᵉ siècle, a été enveloppée au XVIIIᵉ d'une façade baroque, celle de l'Obradoiro ; derrière, le Portique de la Gloire, sculpté par le maître Mateo à la fin du XIIᵉ siècle, a retrouvé ses couleurs après une longue restauration.
Chaque jour, des marcheurs arrivent sur la place de l'Obradoiro, sac au dos, après des semaines de route, et vont chercher la compostela, le certificat remis à qui a parcouru au moins les cent derniers kilomètres à pied. Le botafumeiro, l'immense encensoir que des hommes font voler d'un bout à l'autre du transept, ne se balance qu'à certaines messes. La vieille ville, tout en granit, se marche entière : arcades, places, couvents et le marché d'Abastos.
⚠️ Il pleut souvent, même en été : un vêtement de pluie fait partie du voyage. L'aéroport est à une vingtaine de minutes, et c'est la porte de sortie naturelle du parcours. Les îles Cíes, au large de Vigo, se font depuis la ville en une longue journée.
À table
- Tarta de Santiago — le gâteau d'amande sans farine, poudré de sucre glace autour du pochoir de la croix de saint Jacques.
- Pimientos de Padrón — les petits piments verts frits et salés ; la plupart sont doux, quelques-uns piquent, sans qu'on puisse le savoir avant.
- Queso de tetilla — le fromage galicien de lait de vache, doux et crémeux, en forme de poire.
- Albariño — le vin blanc des Rías Baixas, frais et aromatique, qu'on boit avec les fruits de mer.
- Caldo gallego — le bouillon de fanes de navet, de pommes de terre, de haricots blancs et de porc, le plat des jours de pluie.
Durée et coût par style de voyage à Saint-Jacques-de-Compostelle Style Nuits Par jour et par personne Routard 1–2 51 € dont 26 € de nuit, 20 € de repas Équilibré 2–3 105 € dont 62 € de nuit, 34 € de repas Confort + 3–4 206 € dont 130 € de nuit, 58 € de repas Que faire à Saint-Jacques-de-Compostelle
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Cathédrale de Saint-Jacques La cathédrale romane derrière sa façade baroque, avec le tombeau de l'apôtre dans la crypte et, derrière le maître-autel, la statue qu'on étreint par-derrière. ⚠️ L'entrée est libre et sans billet ; le Portique de la Gloire se visite avec un billet à part, à heure fixe.cultureEn savoir plus
La cathédrale a été pensée pour les foules : son plan est celui des grandes églises de pèlerinage romanes, avec un déambulatoire qui permet de tourner autour du chœur sans troubler l'office, comme à Saint-Sernin de Toulouse. Le baroque l'a ensuite habillée sans la détruire : sous le baldaquin doré du maître-autel, la nef garde ses voûtes de granit nu.
Les reliques ont eu une histoire agitée. À la fin du XVIᵉ siècle, craignant un raid de Francis Drake sur la côte galicienne, l'archevêque les fit cacher si bien qu'on en perdit la trace. Elles ne furent retrouvées qu'en 1879, sous le maître-autel, et reposent depuis dans l'urne d'argent de la crypte. Le botafumeiro, l'encensoir géant, est mis en branle par une équipe d'hommes qui tirent ensemble sur une corde.
⚠️ Les années où le 25 juillet, fête de saint Jacques, tombe un dimanche sont des années saintes, comme 2027 : la Porte sainte de la place de la Quintana est alors ouverte, et l'affluence bien plus forte. Viens tôt le matin pour l'étreinte de l'apôtre et la crypte, où la file s'allonge vite.
Gratuit 1 h 30 -
Vieille ville et place de l'Obradoiro Des rues de granit à arcades, quatre places autour de la cathédrale et, sur l'Obradoiro, l'ancien hôpital royal des pèlerins devenu hôtel. En fin de matinée, on voit arriver les marcheurs du chemin.marchéEn savoir plus
Obradoiro veut dire « atelier » en galicien : la place tient son nom des tailleurs de pierre qui y travaillèrent à la façade baroque. Les trois autres places qui entourent la cathédrale racontent chacune un métier ou un usage : Platerías, celle des orfèvres, devant la seule façade romane qui donne encore sur la rue, avec sa fontaine aux chevaux ; la Quintana, dont la partie basse, la Quintana des morts, fut un cimetière ; l'Azabachería, où l'on taillait le jais pour les amulettes vendues aux pèlerins.
De ces places partent les trois rues parallèles de la vieille ville, Franco, Vilar et Nova, les deux dernières bordées d'arcades. La Franco devrait son nom aux francos, les étrangers venus d'au-delà des Pyrénées qui s'installèrent le long du chemin.
Les jours de pluie, les arcades de Vilar et de Nova permettent de traverser la vieille ville presque à l'abri. Le soir, sous les arcades et sur l'Obradoiro, les tunas, des groupes de musiciens étudiants en cape noire, jouent pour les passants : la ville universitaire prend le relais des pèlerins.
Gratuit 2 h 30 -
Marché d'Abastos Le marché couvert de la vieille ville, aux halles de granit, avec ses étals de poisson, de fromages et de légumes, et des comptoirs où l'on mange sur place.marchéEn savoir plus
La halle actuelle date du milieu du XXᵉ siècle, mais elle a été bâtie en granit et dans l'esprit des vieilles halles, au point qu'on la croit souvent plus ancienne : de longues nefs parallèles aux toits à deux pentes, ouvertes sur des allées couvertes. Le marché, lui, est bien plus vieux, et c'est toujours là que les gens de la ville font leurs courses.
Aux étals de pierre, les poissonniers alignent poulpes, merlus et coquillages, et les fromagers les fromages galiciens : la tetilla en forme de poire, l'arzúa-ulloa, et le san simón, fumé, à la croûte dorée. Autour, des femmes venues des villages voisins vendent leurs légumes, leurs œufs et leurs fleurs.
⚠️ Fermé le dimanche, et bien plus animé le matin que l'après-midi, quand les étals se vident. Certains comptoirs du marché cuisinent sur place le poisson ou les coquillages que tu viens d'acheter à côté, contre un supplément : demande au poissonnier où les porter.
Gratuit 1 h -
Parc de l'Alameda et la vue sur la cathédrale Un grand parc en bordure de la vieille ville, dont la promenade offre la vue classique sur les tours de la cathédrale, surtout en fin de journée.détenteEn savoir plus
L'Alameda est le grand parc de la ville depuis le XIXᵉ siècle, sur une colline au bord de la vieille ville. L'allée qui en fait le tour, le paseo da Ferradura, « du fer à cheval », passe sous les arbres et s'ouvre sur la vue : au-dessus des toits, toute la façade de l'Obradoiro et ses tours. Dans le parc se cache aussi la petite église de Santa Susana, au milieu d'une chênaie.
Près de l'entrée, une statue peinte de couleurs vives montre deux femmes bras dessus, bras dessous : As Dúas Marías. Ces deux sœurs faisaient chaque jour le tour de la ville, maquillées et habillées de couleurs criardes, sous les moqueries des étudiants ; leur famille avait été durement frappée après la guerre civile. Elles sont devenues, après leur mort, un symbole de la ville et de sa mémoire.
⚠️ La lumière est la meilleure en fin d'après-midi, quand le soleil passe derrière toi et éclaire la façade ; le matin, la cathédrale est à contre-jour.
Gratuit 1 h -
Toits de la cathédrale et musée Une visite guidée qui monte par les escaliers intérieurs jusqu'aux toits de pierre en gradins de la cathédrale, puis à la tour de la Carraca, au-dessus de la vieille ville. Le billet ouvre aussi le musée, la crypte du Portique et le palais Gelmírez, à visiter dans la semaine. ⚠️ Visite à heure fixe, en espagnol le plus souvent ; sacs à dos et bâtons de pèlerin interdits.cultureEn savoir plus
Les toits de la cathédrale ne sont pas couverts de tuiles mais de grandes dalles de granit posées en gradins, qu'on parcourt comme un paysage de pierre, entre les clochers, les coupoles et les pinacles. De là-haut, la place de l'Obradoiro se découvre d'un seul coup, avec l'ancien hôpital royal des pèlerins d'un côté et le palais de Raxoi, l'hôtel de ville, en face.
Près du chevet, une croix de pierre rappelle un vieil usage : selon la tradition, les pèlerins arrivés au bout du chemin brûlaient à ses pieds leurs vêtements usés, d'où son nom de Cruz dos Farrapos, la croix des haillons. Dans le musée, le chœur de pierre du maître Mateo, démonté au début du XVIIᵉ siècle, a été remonté en partie ; au palais Gelmírez, la grande salle garde des consoles sculptées où l'on voit des convives attablés et des musiciens du Moyen Âge.
⚠️ Les dalles sont en pente et deviennent glissantes sous la pluie, fréquente ici : des chaussures à semelle crantée, et une visite à éviter si tu as le vertige. En été, réserve les toits à l'avance.
15 € 2 h 30 -
Îles Cíes, en bateau depuis Vigo Un archipel protégé à l'entrée de la ria de Vigo, sans voitures, avec la plage de Rodas, un arc de sable blanc entre deux îles, et des sentiers jusqu'aux phares. ⚠️ L'autorisation de la Xunta, gratuite, est obligatoire en Semaine sainte et du 15 mai au 15 septembre, avant d'acheter le bateau ; hors saison, on n'y va qu'en groupe guidé. Compter la journée depuis Saint-Jacques.plageEn savoir plus
Les Cíes sont trois îles, et l'on n'en parcourt que deux : Monteagudo au nord et l'île du Phare au milieu, soudées par la plage de Rodas et par un cordon de dunes qui retient une lagune d'eau calme. La troisième, San Martiño, au sud, est séparée par un bras de mer. Elles appartiennent au parc national des îles Atlantiques de Galice, créé en 2002, qui protège autant les fonds marins que les falaises.
Côté océan, les îles tombent en falaises abruptes où niche une très grande colonie de goélands ; côté ria, elles s'ouvrent en plages de sable blanc à l'eau transparente, mais froide, même en août. Un sentier monte au phare qui couronne l'île du milieu, un autre au belvédère de l'Alto do Príncipe, au-dessus de Rodas.
⚠️ Il n'y a pas de poubelles sur les îles : tout ce que tu apportes repart avec toi. Emporte eau, pique-nique, crème solaire et chapeau, l'ombre est rare. Le bateau part du port de Vigo, qu'on rejoint en train depuis Saint-Jacques, et le dernier retour ne se rate pas.
27.5 € 8 h
Où dormir à Saint-Jacques-de-Compostelle
- Hôtel historique sur la place de l'Obradoiro hotel premium 250 € / nuit
- Appartement dans une maison de granit appartement confort 110 € / nuit
- Hôtel dans la vieille ville hotel confort 100 € / nuit
- Lit en dortoir dans la vieille ville auberge routard 25 € / nuit
- Chambre chez l'habitant près de l'Alameda habitant routard 55 € / nuit
Les trajets entre les étapes
Durées et coûts constatés sur place, par personne et par trajet. C'est ce que personne n'a envie de chercher soi-même.
| De | À | Mode | Durée | Coût / personne |
|---|---|---|---|---|
| Saint-Sébastien | Bilbao | Car ALSA Saint-Sébastien ↔ Bilbao, 1 h 10 à 1 h 30 | 1 h 15 | 8.16 € |
| Saint-Sébastien | Bilbao | Par l'autoroute AP-8, à péage, 100 km | 1 h 15 | 25 € |
| Bilbao | Santander, Santillana del Mar et Comillas | Car ALSA Bilbao → Santander, 1 h 15 à 1 h 55 | 1 h 30 | 7.9 € |
| Bilbao | Santander, Santillana del Mar et Comillas | Par l'autoroute A-8, 100 km | 1 h 15 | 15 € |
| Bilbao | Santander, Santillana del Mar et Comillas | Train à voie métrique (ancien Feve), lent et peu fréquent | 3 h | 9 € |
| Santander, Santillana del Mar et Comillas | Picos de Europa | Par l'autoroute A-8, 150 km | 1 h 45 | 23 € |
| Santander, Santillana del Mar et Comillas | Picos de Europa | Cars ALSA par Oviedo, avec correspondance | 4 h | 22.23 € |
| Picos de Europa | Oviedo et Gijón | Car ALSA Cangas de Onís ↔ Oviedo, 1 h 15 à 2 h | 1 h 15 | 7.25 € |
| Picos de Europa | Oviedo et Gijón | Par Arriondas, 75 km | 1 h | 11 € |
| Oviedo et Gijón | Cudillero et la côte asturienne | Car ALSA Oviedo ↔ Cudillero, 1 h 45 à 2 h 25 | 1 h 45 | 5.95 € |
| Oviedo et Gijón | Cudillero et la côte asturienne | Par l'autoroute, 60 km | 45 min | 9 € |
| Cudillero et la côte asturienne | Ribadeo et la plage des Cathédrales | Par l'autoroute A-8, 110 km | 1 h 15 | 17 € |
| Cudillero et la côte asturienne | Ribadeo et la plage des Cathédrales | Cars ALSA avec correspondance à Avilés | 3 h 30 | 14 € |
| Ribadeo et la plage des Cathédrales | Saint-Jacques-de-Compostelle | Car ALSA Ribadeo → Saint-Jacques, deux départs par jour | 3 h 30 | 21.92 € |
| Ribadeo et la plage des Cathédrales | Saint-Jacques-de-Compostelle | Par l'A-8 puis l'intérieur de la Galice, 190 km | 2 h 15 | 29 € |
| Saint-Sébastien | Santander, Santillana del Mar et Comillas | Par l'AP-8 puis l'A-8, 200 km | 2 h 15 | 40 € |
| Bilbao | Picos de Europa | Par l'autoroute A-8, 250 km | 2 h 45 | 38 € |
| Bilbao | Oviedo et Gijón | Par l'autoroute A-8, 300 km | 3 h | 45 € |
| Santander, Santillana del Mar et Comillas | Oviedo et Gijón | Car ALSA Santander → Oviedo, 2 h 15 au plus court | 2 h 15 | 14.98 € |
| Santander, Santillana del Mar et Comillas | Oviedo et Gijón | Par l'autoroute A-8, 195 km | 2 h | 29 € |
| Oviedo et Gijón | Ribadeo et la plage des Cathédrales | Par l'autoroute A-8, 160 km | 1 h 45 | 24 € |
| Oviedo et Gijón | Saint-Jacques-de-Compostelle | Car ALSA Oviedo → Saint-Jacques, 5 h 45 au plus court | 5 h 45 | 37.35 € |
| Oviedo et Gijón | Saint-Jacques-de-Compostelle | Par l'A-8 puis l'intérieur de la Galice, 300 km | 3 h 15 | 45 € |
| Cudillero et la côte asturienne | Saint-Jacques-de-Compostelle | Par l'A-8 puis l'intérieur de la Galice, 290 km | 3 h 15 | 44 € |
| Saint-Sébastien | Picos de Europa | Par l'AP-8 puis l'A-8, 350 km | 3 h 45 | 62 € |
| Picos de Europa | Saint-Jacques-de-Compostelle | Par Oviedo et l'A-8, 380 km | 4 h 15 | 57 € |
Quand partir à Espagne du Nord
Températures et jours de pluie moyens, mois par mois. La période conseillée est juin → sept.
| Mois | janv. | févr. | mars | avr. | mai | juin | juil. | août | sept. | oct. | nov. | déc. |
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Température max | 8° | 11° | 12° | 14° | 16° | 20° | 21° | 22° | 20° | 19° | 12° | 11° |
| Température min | 1° | 2° | 4° | 5° | 8° | 12° | 14° | 14° | 12° | 11° | 6° | 5° |
| Jours de pluie | 17 | 12 | 15 | 17 | 20 | 21 | 17 | 14 | 18 | 15 | 19 | 16 |
Source : Open-Meteo, moyennes 2021-2023.
Informations pratiques
Visa et entrée sur le territoire
Aucun visa : l'Espagne est dans l'Union européenne et dans l'espace Schengen. Une carte nationale d'identité ou un passeport en cours de validité suffit pour les ressortissants français.
Hors UE, les règles Schengen s'appliquent — passeport, et visa court séjour selon la nationalité.
Santé
Aucun vaccin particulier. Demande ta carte européenne d'assurance maladie avant de partir — gratuite, elle couvre les soins publics aux mêmes conditions qu'un résident. Eau du robinet potable partout. Le 112 fonctionne partout.
⚠️ Le vrai risque du voyage est la mer. Le Cantabrique est froid et ses plages ouvertes sont battues par la houle, avec des courants qui entraînent vers le large : on se baigne là où un poste de secours est ouvert, et l'on respecte les drapeaux.
En montagne, dans les Picos de Europa, le brouillard peut tomber en quelques minutes, même en été. Et le soleil brûle sous un ciel voilé : la fraîcheur du nord fait oublier la crème solaire.
Sécurité
Région très sûre. Les précautions ordinaires suffisent : sac fermé dans les bars bondés de la vieille ville de Saint-Sébastien en été, et rien d'apparent dans la voiture sur les parkings de plage et de randonnée.
⚠️ La route est le vrai sujet. L'autoroute côtière est rapide, mais tout ce qui monte vers les Picos ou descend vers les criques est étroit, sinueux et souvent dans le brouillard. Compter plus de temps que ce qu'annonce l'application, et rouler de jour en montagne.
Monnaie et change
Euro (EUR) — Pas de change : l'Espagne est dans la zone euro. Rien à changer. Refuser systématiquement la conversion en euros que proposent certains distributeurs et terminaux de paiement : le taux appliqué est toujours défavorable. Payer en euros, simplement.
Moyens de paiement
Carte acceptée presque partout, y compris pour de petits montants. Un peu d'espèces reste utile dans les bars de village, les cidreries et sur les marchés.
⚠️ Dans les bars à pintxos, on paie en partant, en annonçant ce qu'on a pris : personne ne compte à ta place. Le pourboire n'est pas attendu comme en France : arrondir suffit.
Rester connecté
Dans l'Union européenne : ton forfait français fonctionne comme en France, sans surcoût. Rien à acheter, ni eSIM ni carte SIM locale. Vérifie simplement que l'itinérance européenne est activée avant de partir.
La couverture est bonne dans les villes et sur la côte. Elle disparaît par endroits dans les gorges des Picos de Europa, sur la route du Cares notamment : télécharger la carte avant de partir marcher.
Décalage horaire
Aucun : même fuseau horaire que la France
Langues
Castillan partout. Le basque (euskara) est co-officiel au Pays basque, et l'affichage y est bilingue : Saint-Sébastien s'écrit Donostia sur les panneaux. Le galicien, proche du portugais, est co-officiel en Galice — la plage des Cathédrales y est As Catedrais. L'asturien apparaît sur les panneaux des Asturies (Xixón pour Gijón, Uviéu pour Oviedo) sans y être co-officiel.
L'anglais est compris dans les hôtels et les lieux touristiques, beaucoup moins dans les villages. Le français l'est peu.
Bon à savoir
Juin à septembre est la saison : la mer devient baignable, les lacs et les cols sont dégagés. Le nord doit sa couleur à la pluie : il peut pleuvoir n'importe quel mois, et la Galice est la plus arrosée. Juillet et août sont pleins — c'est là que les Espagnols viennent chercher la fraîcheur — et les prix montent, à Saint-Sébastien surtout. Mai et octobre sont plus calmes, et plus humides.
⚠️ La voiture est presque indispensable entre Santander et Ribadeo : les Picos, les villages de Cantabrie et les criques asturiennes ne sont bien reliés que par la route. Les villes, elles, se relient en car ALSA, fréquent et bon marché. Le train à voie métrique, l'ancien Feve, longe la côte mais il est lent et ses trains sont rares. L'autoroute côtière est gratuite de la Cantabrie à la Galice ; seul le tronçon basque, entre Bilbao et Saint-Sébastien, est à péage.
Deux aéroports aux deux bouts. Bilbao à l'est, Saint-Jacques à l'ouest : entrer par l'un et ressortir par l'autre évite de refaire plus de cinq cents kilomètres de côte. ⚠️ En voiture de location, rendre la voiture dans un autre aéroport que celui du départ coûte souvent un supplément : à vérifier avant de réserver. Au 04-10-2026, la liste officielle des destinations d'AENA ne montre que Paris en vol direct depuis la France : Bilbao (Roissy et Orly), Santander, les Asturies et Saint-Jacques (Orly). L'aéroport des Asturies est sur la côte, près d'Avilés, à une quarantaine de kilomètres d'Oviedo.
Piste non vérifiée : l'aéroport de Biarritz, en France, est bien plus proche de Saint-Sébastien que celui de Bilbao, et ALSA annonce une ligne de car entre les deux. Nous n'en avons vérifié ni les vols ni les horaires.
⚠️ Quatre accès se réservent ou se paient à l'avance en saison : la plage des Cathédrales (Semaine sainte et juillet-septembre, réservation gratuite auprès de la Xunta), les îles Cíes (autorisation gratuite de la Xunta, Semaine sainte et 15 mai-15 septembre, à obtenir avant d'acheter le bateau), l'îlot de San Juan de Gaztelugatxe (réservation gratuite les jours d'affluence) et les lacs de Covadonga, dont la route est fermée aux voitures et remplacée par un car payant pendant les périodes réglementées, tout l'été compris.
Les marées décident de la plage des Cathédrales et de la largeur des plages urbaines : regarder l'horaire des marées chaque jour.
Les horaires espagnols décalent tout : déjeuner vers 14 h, dîner rarement avant 21 h. Beaucoup de musées ferment le lundi, dont Altamira et, hors été, le Guggenheim.
Informations vérifiées une à une, données à titre indicatif. Les règles d'entrée et les taux de change évoluent : vérifie auprès des sources officielles avant de partir.
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