Hanoï est plus ancienne, plus dense et plus lente que Saïgon : mille ans d'histoire, des lacs au milieu des quartiers, des arbres sur les avenues, et un vieux quartier organisé depuis le XVᵉ siècle par corporations — une rue pour le fer-blanc, une pour la soie, une pour le papier votif, et les enseignes s'y regroupent encore.
⚠️ Traverser une rue est le premier apprentissage, et il est contre-intuitif : on avance lentement, régulièrement, sans jamais s'arrêter ni reculer. Les scooters, qui se comptent par millions, calculent leur trajectoire pour contourner un piéton prévisible ; c'est l'hésitation qui provoque les accidents. On peut aussi se placer à côté d'un habitant et avancer avec lui.
La cuisine se mange sur le trottoir, assis sur des tabourets de plastique à trente centimètres du sol, et c'est là qu'elle est la meilleure — le pho du matin, le bun cha grillé du midi, le cha ca à l'aneth. ⚠️ Le climat surprend ceux qui attendent un pays tropical uniforme : l'hiver hanoïen, de décembre à février, est humide et frais, autour de quinze degrés, avec un crachin persistant et sans chauffage dans les bâtiments — il faut de vrais vêtements. L'été, à l'inverse, est écrasant et orageux. Le lac Hoan Kiem est le centre de la vie sociale, fermé à la circulation le week-end.