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Vietnam en 21 jours : l'itinéraire jour par jour

1 612 € par personne sur place pour 21 jours, soit 77 € / jour — en 8 étapes, de Hanoï à Delta du Mékong. En passant par Sapa, Baie de Lan Ha, Ninh Binh, Hué, Hoi An et Hô Chi Minh-Ville.

Autres durées : 5 jours · une semaine · 10 jours · deux semaines · toutes les étapes de Vietnam

Tous les montants de cette page sont par personne et concernent la vie sur place — hébergement, repas, transports, trajets entre étapes, activités. Les billets d'avion ne sont pas compris.

Vols

Arrivée à aéroport Hanoï — Nội Bài (HAN), retour depuis Hô Chi Minh-Ville — Tân Sơn Nhất (SGN) — cherche un billet multi-destinations plutôt qu'un aller-retour.

Les billets d'avion ne sont pas comptés dans ce budget : ils dépendent de ta date et de ton aéroport de départ.

Le parcours, jour par jour

  1. Hanoï, Vietnam

    01. Hanoï

    J1 → J4 · 4 nuits · 235 € par personne

    Vieilles rues de métiers, lacs, cuisine de trottoir

    La capitale du nord, plus ancienne et plus calme que Saïgon, dont le vieux quartier garde ses rues organisées par métier — une rue pour le fer-blanc, une pour la soie. ⚠️ Traverser la rue se fait en marchant lentement et sans s'arrêter : les scooters contournent, ils ne freinent pas.

    En savoir plus sur Hanoï

    Hanoï est plus ancienne, plus dense et plus lente que Saïgon : mille ans d'histoire, des lacs au milieu des quartiers, des arbres sur les avenues, et un vieux quartier organisé depuis le XVᵉ siècle par corporations — une rue pour le fer-blanc, une pour la soie, une pour le papier votif, et les enseignes s'y regroupent encore.

    ⚠️ Traverser une rue est le premier apprentissage, et il est contre-intuitif : on avance lentement, régulièrement, sans jamais s'arrêter ni reculer. Les scooters, qui se comptent par millions, calculent leur trajectoire pour contourner un piéton prévisible ; c'est l'hésitation qui provoque les accidents. On peut aussi se placer à côté d'un habitant et avancer avec lui.

    La cuisine se mange sur le trottoir, assis sur des tabourets de plastique à trente centimètres du sol, et c'est là qu'elle est la meilleure — le pho du matin, le bun cha grillé du midi, le cha ca à l'aneth. ⚠️ Le climat surprend ceux qui attendent un pays tropical uniforme : l'hiver hanoïen, de décembre à février, est humide et frais, autour de quinze degrés, avec un crachin persistant et sans chauffage dans les bâtiments — il faut de vrais vêtements. L'été, à l'inverse, est écrasant et orageux. Le lac Hoan Kiem est le centre de la vie sociale, fermé à la circulation le week-end.

    À table

    • Phở — la soupe de nouilles de riz au bœuf ou au poulet, mangée au petit déjeuner sur un tabouret de plastique ; le bouillon mijote toute la nuit.
    • Bún chả — porc grillé au charbon dans un bouillon aigre-doux, avec vermicelles et herbes : le déjeuner hanoïen, à l'heure où la ville s'arrête.
    • Cà phê trứng — le café à l'œuf, mousse de jaune battu au lait concentré sur un café noir, inventé dans le vieux quartier dans les années 1940.
    • Bia hơi — la bière pression légère brassée le jour même, servie au coin des rues, surtout à l'angle de Tạ Hiện.

    Jour 1

    • Vieux quartier des 36 corporations, Hanoï, Vietnam
      Vieux quartier des 36 corporations Chaque rue portait autrefois le nom d'un métier et le pratique encore en partie : rue du Bambou, rue du Fer-blanc, rue du Papier votif. On y marche sur la chaussée, les trottoirs étant occupés par les cuisines et les scooters.
      En savoir plus

      Regarde les façades : deux ou trois mètres de large, et derrière, trente ou quarante mètres de profondeur. L'impôt se calculait sur la largeur donnant sur la rue, alors on a bâti en tuyau — une boutique devant, puis une enfilade de pièces séparées par des courettes qui apportent le jour et l'air, et le logement au fond. La maison patrimoniale restaurée de la rue Ma May se visite et donne le plan complet, difficile à deviner depuis le trottoir.

      Les corporations venaient de villages entiers, montés à la capitale avec leur métier. Chacune a bâti sa maison communale dédiée au génie protecteur de son village d'origine : plusieurs subsistent, coincées entre deux magasins, signalées par une porte étroite que rien n'annonce depuis la rue. Certaines rues travaillent encore — le fer-blanc résonne, le papier votif s'entasse en montagnes avant les fêtes.

      Pour traverser une rue, avancer d'un pas régulier sans jamais s'arrêter ni reculer : les scooters anticipent ta trajectoire, c'est l'hésitation qui provoque l'accrochage. Le soir, le carrefour de la rue Ta Hien se couvre de tabourets bas où l'on boit la bia hoi, une bière brassée du jour, livrée en fût le matin et bue avant la nuit.

      marché
      gratuit
    • Marché de Dong Xuan, Hanoï, Vietnam
      Marché de Dong Xuan Le plus grand marché couvert de Hanoï, trois étages de gros où les commerçants du vieux quartier se fournissent. Le soir, la rue devient un marché de nuit du vendredi au dimanche.
      En savoir plus

      La halle a été bâtie par l'administration coloniale à la toute fin des années 1880 et sa façade à arcades et frontons a survécu à tout le reste. Au rez-de-chaussée, l'alimentaire et le bazar ; aux étages, des allées de tissu et de prêt-à-porter si serrées que deux personnes ne s'y croisent pas. C'est du gros : on vend au carton, au rouleau, à la douzaine, et l'on rechigne parfois à céder une pièce seule.

      Un incendie a ravagé le marché en 1994 et détruit la quasi-totalité des étals ; la reconstruction a gardé la façade et simplifié le reste. Sur le flanc du bâtiment, un bas-relief rappelle l'hiver 1946-1947, quand les milices d'autodéfense de Hanoï ont tenu ces travées rue par rue contre les troupes françaises, au tout début de la guerre d'Indochine.

      Le meilleur du quartier n'est pas dans la halle mais derrière : une ruelle de gargotes où l'on mange au coude à coude, assis sur des tabourets de plastique, et où l'on commande en montrant la marmite du voisin. Venir le matin, quand les commerçants du vieux quartier se réapprovisionnent : l'après-midi, une partie des étals est bâchée.

      marché
      gratuit
    • Rue du train, Hanoï, Vietnam
      Rue du train Un train passe à cinquante centimètres des façades, deux fois par jour, dans une ruelle où les habitants vivent sur la voie. ⚠️ L'accès est officiellement fermé depuis les accidents : les cafés rouvrent puis referment, ne force jamais un barrage.
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      Une voie ferrée en service traverse le vieux quartier de Hanoï entre des maisons construites à cinquante centimètres des rails : les gens y habitent, y cuisinent et y étendent leur linge, et rentrent tout quelques minutes avant le passage. Le train circule à faible vitesse mais l'espace entre le convoi et les façades est presque nul.

      La situation n'a rien de conçu : la ligne date de la période coloniale, et l'habitat s'est densifié autour au fil des décennies. Des cafés se sont installés dans les rez-de-chaussée, avec des tabourets posés sur le ballast qu'on retire au sifflet.

      ⚠️ L'accès a été officiellement fermé après plusieurs incidents et un accident évité de justesse avec un groupe de visiteurs : des barrières et des agents en bloquent l'entrée, et les cafés rouvrent puis referment au gré des campagnes. Ne force jamais un barrage, ne contourne pas un agent, et n'entre pas dans une ruelle dont l'accès est manifestement condamné — la règle existe parce que des gens ont failli mourir. Quand un café est ouvert et l'accès libre, on suit strictement les consignes du personnel, qui connaît les horaires.

      détente
      gratuit
    • Prison de Hoa Lo, Hanoï, Vietnam
      Prison de Hoa Lo Bâtie par les Français pour les prisonniers politiques vietnamiens, puis utilisée pour les pilotes américains qui l'ont surnommée par dérision le « Hanoi Hilton ». La guillotine d'origine est exposée.
      En savoir plus

      Le nom veut dire le fourneau, et il vient du village de potiers qui occupait le terrain avant la prison. Il n'en reste que la porte et l'aile sud : le reste a été démoli dans les années 1990 pour bâtir une tour de bureaux qui la surplombe. On traverse des salles communes où les détenus dormaient alignés sur un bat-flanc de béton, chevilles prises dans une barre de fer, puis les cachots d'isolement, la cour et son amandier, et la guillotine.

      Bâtie pour quelques centaines de prisonniers, elle en a détenu plusieurs fois plus. Elle était destinée aux opposants politiques vietnamiens, et plusieurs des futurs dirigeants du pays s'en sont évadés par les égouts. C'est cette période coloniale qui occupe la majeure partie du musée, ce que les visiteurs venus pour la guerre américaine ignorent souvent.

      La salle consacrée aux pilotes américains les montre jouant au basket-ball et décorant un sapin ; la présentation est celle du vainqueur et contredit les récits des intéressés — le savoir suffit à lire la salle. L'un de ces pilotes prisonniers au Nord-Vietnam, Douglas Peterson, est devenu en 1997 le premier ambassadeur des États-Unis à Hanoï. L'audioguide est ce qui rend la visite lisible.

      culture
      2 €

    Jour 2

    • Lac Hoan Kiem et temple de la Montagne de Jade, Hanoï, Vietnam
      Lac Hoan Kiem et temple de la Montagne de Jade Le lac où, dit la légende, une tortue reprit l'épée du roi Lê Lợi après la victoire sur les Ming. Le pont rouge mène à un îlot-temple. Le week-end, les rues autour sont fermées aux voitures.
      En savoir plus

      Hoan Kiem signifie le lac de l'épée restituée, et la légende explique le nom : Lê Lợi, qui a chassé les Ming au XVᵉ siècle, aurait reçu une épée magique d'un génie des eaux, puis, après la victoire, l'aurait vue reprise par une tortue géante surgie du lac. Le lac a effectivement abrité jusqu'en 2016 une tortue à carapace molle du Yangtsé, espèce parmi les plus menacées du monde, dont la mort a été un événement national — l'animal est conservé et exposé.

      Le temple Ngoc Son, sur un îlot au nord, se rejoint par un pont de bois laqué rouge et vaut autant pour ce pont que pour lui-même. Une tour posée sur un autre îlot, au milieu du lac, est l'emblème de la ville.

      Le lac est le centre de gravité de Hanoï : on en fait le tour à pied en une demi-heure, et l'on y voit la ville vivre — gymnastique collective à l'aube, badminton, danse, marchands. ⚠️ Les rues qui l'entourent sont fermées à la circulation du vendredi soir au dimanche soir, et le quartier devient alors une immense zone piétonne où l'on joue et où l'on mange dans la rue. C'est le meilleur moment pour y être.

      détente
      gratuit
    • Mausolée de Hô Chi Minh et pagode au Pilier unique, Hanoï, Vietnam
      Mausolée de Hô Chi Minh et pagode au Pilier unique Le corps embaumé est exposé alors que Hô Chi Minh avait demandé à être incinéré. Entrée gratuite mais tenue couverte exigée, ni short ni photo, et fermeture deux mois par an pour entretien du corps.
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      La place Ba Dinh est un immense rectangle vide, et c'est ici que l'indépendance a été proclamée le 2 septembre 1945. Le mausolée qui la ferme est un bloc de granit sombre, volontairement austère, gardé par des sentinelles en uniforme blanc. On y entre en file unique et en silence : ni sac, ni appareil, ni mains dans les poches, et l'on ne s'arrête pas devant le corps. Le bâtiment doit beaucoup à celui de Lénine à Moscou, monté avec l'aide technique soviétique.

      Derrière, le parc vaut autant que le mausolée : le palais présidentiel jaune, bâti pour le gouverneur général et que Hô Chi Minh a refusé d'occuper, la maison sur pilotis de bois où il travaillait, le bassin aux carpes, et le garage avec ses voitures.

      La pagode au Pilier unique tient sur une seule colonne plantée dans un bassin : elle figure une fleur de lotus qui sort de l'eau. L'empereur Ly Thai Tong l'a fait élever en 1049 après avoir rêvé que la déesse de la compassion lui tendait un fils, assise sur un lotus. Les troupes françaises l'ont fait sauter en 1954 en se retirant ; elle a été rebâtie aussitôt. C'est minuscule — un oratoire, pas un monument.

      culture
      gratuit

    Jour 3

    • Lac de l'Ouest et pagode Tran Quoc, Hanoï, Vietnam
      Lac de l'Ouest et pagode Tran Quoc La plus ancienne pagode de la ville, sur un îlot du grand lac, fondée au VIᵉ siècle. Le tour du lac fait quinze kilomètres — on en fait un morceau à vélo au coucher du soleil, quand tout Hanoï vient marcher.
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      La pagode Tran Quoc est la plus ancienne de Hanoï, fondée au VIᵉ siècle sur la rive du fleuve Rouge puis déplacée au XVIIᵉ sur un îlot du lac de l'Ouest, la berge s'étant effondrée. Elle est aujourd'hui reliée à la rive par une digue, et sa tour à onze étages abrite une statue de Bouddha à chaque niveau. Un bouturage de l'arbre de la Bodhi de Bodh Gaya y a été planté, offert par l'Inde.

      Le lac de l'Ouest est bien plus vaste que le Hoan Kiem — une quinzaine de kilomètres de tour — et c'est un ancien méandre du fleuve Rouge isolé par le déplacement du lit. Il est bordé de quartiers résidentiels, de cafés et de temples, avec une ambiance beaucoup plus calme que le vieux quartier.

      On en parcourt un morceau à vélo ou à pied en fin de journée, quand tout Hanoï vient marcher et courir sur les berges aménagées. C'est l'endroit le plus aéré de la ville. ⚠️ La qualité de l'eau du lac est médiocre et des mortalités de poissons y ont eu lieu : on s'y promène, on n'y nage pas. Les couchers de soleil s'y voient bien, l'horizon étant dégagé vers l'ouest.

      détente
      gratuit

    Jour 4

    • Musée d'ethnographie du Vietnam, Hanoï, Vietnam
      Musée d'ethnographie du Vietnam Les 54 peuples du pays, et surtout un parc où des maisons ont été remontées grandeur nature par des artisans venus de leurs villages — dont une maison longue Ede de quarante mètres.
      En savoir plus

      La visite se joue dehors autant que dedans. Le bâtiment, dont le plan évoque un tambour de bronze, expose les objets du quotidien des cinquante-quatre peuples : outils, vanneries, costumes, instruments, avec des cartels honnêtes qui disent aussi ce qui a disparu. Dans le parc, des maisons ont été remontées grandeur nature par des artisans venus des villages concernés, avec leurs propres matériaux et leurs propres gestes.

      Deux pièces y sortent du lot. La maison communale bahnar dresse un toit d'une hauteur invraisemblable au-dessus d'un plancher sur pilotis, et l'on monte à l'intérieur par un tronc entaillé. La maison funéraire giarai, elle, est entourée de statues de bois brut, dont plusieurs sont franchement sexuelles : elles appartiennent au rite d'abandon de la tombe, par lequel les vivants cessent d'entretenir le mort et le rendent à la forêt. Rien de folklorique là-dedans.

      Le musée est loin du vieux quartier, il faut compter un taxi. Comme l'essentiel se passe dans le parc, éviter un jour de pluie et prévoir un chapeau. Des marionnettes sur l'eau sont jouées dans le bassin le week-end, par des troupes de village plutôt que par un théâtre.

      culture
      1 €

    En option — non compris dans le budget ci-dessus

    Village de Cat Cat et sa cascade

    Deux jours et une nuit dans les rizières en terrasses du nord, chez l'habitant : les villages hmong et dao, la vallée de Muong Hoa, et le Fansipan si le temps s'y prête. Le train de nuit et la chambre sont compris — c'est l'étape de Sapa en entier, sans l'organiser.

    39 h · en anglais · Hanoi

    Elle couvre Sapa nuit comprise : à prendre si tu préfères qu'on s'occupe de cette étape plutôt que de l'organiser toi-même.

    Klook · prix relevé le 10-08-2026 · lien affilié

    21 € hébergement · 20 € repas · 12 € transport, par jour et par personne · hébergement retenu : Hôtel de charme près du lac, 42 € la nuit.

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  2. Hanoï → Sapa — Bus couchette de nuit par l'autoroute, 6 h, 14 € par personne.
  3. Sapa, Vietnam

    02. Sapa

    J5 → J7 · 3 nuits · 184.75 € par personne

    Rizières en terrasses, villages hmong, plus haut sommet

    Des rizières en terrasses à mille cinq cents mètres, cultivées par les Hmong et les Dao, au pied du plus haut sommet d'Indochine. ⚠️ Le brouillard peut tout masquer plusieurs jours d'affilée, surtout de décembre à février. Les récoltes dorées se voient en septembre, l'eau en miroir en mai et juin.

    En savoir plus sur Sapa

    Sapa est une ancienne station climatique française à mille cinq cents mètres, dans les montagnes du nord près de la frontière chinoise, entourée de rizières en terrasses cultivées par les Hmong noirs, les Dao rouges et d'autres groupes ethniques. ⚠️ La ville elle-même s'est beaucoup construite ces dernières années et n'a plus grand charme : ce qu'on vient voir est en dehors, dans les vallées.

    La marche entre les villages de Lao Chai et Ta Van, en descendant dans la vallée, est l'activité principale et se fait en une journée. ⚠️ Des femmes hmong accompagnent souvent les marcheurs depuis la ville sans qu'on l'ait demandé, aident sur les passages glissants, puis proposent leur artisanat à l'arrivée avec une insistance qui met mal à l'aise — le mieux est de clarifier dès le départ si l'on souhaite ou non être accompagné et rémunérer le cas échéant.

    ⚠️ Le calendrier commande tout. Les rizières sont en eau et forment des miroirs en mai et juin, dorées avant la récolte en septembre, et nues le reste du temps. Et de décembre à février, le brouillard peut recouvrir la vallée plusieurs jours d'affilée en ne laissant rien voir, avec des températures proches de zéro. Le téléphérique du Fansipan monte au toit de l'Indochine à trois mille cent quarante-trois mètres ; ⚠️ c'est un poste de dépense important et le sommet est souvent dans les nuages.

    À table

    • Thắng cố — le ragoût de cheval ou de buffle des marchés Hmong, servi fumant dans une grande marmite ; ⚠️ abats compris.
    • Cá hồi — la truite élevée dans l'eau froide de la montagne, en fondue ou grillée, une spécialité récente de la vallée.
    • Cơm lam — le riz gluant cuit dans un tube de bambou, vendu sur les sentiers et au marché.
    • Lợn cắp nách — le petit cochon noir « porté sous le bras », grillé entier : la viande de fête des villages.

    Jour 5

    • Marche dans les rizières vers Lao Chai et Ta Van, Sapa, Vietnam
      Marche dans les rizières vers Lao Chai et Ta Van Douze kilomètres de descente dans la vallée de Muong Hoa, entre terrasses et hameaux hmong noirs et dzao rouges. Les femmes qui accompagnent gratuitement sur le chemin vendent leur artisanat à l'arrivée : c'est le marché, pas un cadeau.
      En savoir plus

      Les terrasses ont été taillées à la houe, génération après génération, et l'eau descend d'une parcelle à l'autre par gravité depuis les sources du haut. À cette altitude, il n'y a qu'une récolte par an : miroir d'eau au repiquage du début d'été, mer verte quelques semaines plus tard, or juste avant la moisson de septembre, puis chaume et terre nue le reste de l'année. Le même sentier ne donne pas du tout la même journée selon le mois.

      Les Hmong noirs doivent leur nom à leur chanvre teint à l'indigo jusqu'à virer au bleu-noir presque métallique, obtenu en trempant le tissu des dizaines de fois. Les femmes filent en marchant, quenouille sous le bras, et ont les mains bleues jusqu'aux poignets. Chez les Dao rouges, reconnaissables à leur coiffe écarlate, les femmes mariées se rasent les sourcils et le haut du front.

      C'est une descente, et le chemin est en argile : après la pluie, il devient une patinoire que les buffles labourent en plus. Chaussures fermées à semelle crantée, et des bâtons se louent au départ. Faire reprendre le véhicule à Ta Van plutôt que de remonter : la côte du retour ruine la balade.

      nature
      gratuit
    • Village de Cat Cat et sa cascade, Sapa, Vietnam
      Village de Cat Cat et sa cascade Ancien village hmong au pied de Sapa, transformé en parcours aménagé avec métiers à tisser, teinture à l'indigo et cascade. Très touristique, mais la descente en escaliers reste belle en fin de journée quand les cars sont partis.
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      Le parcours descend en escaliers jusqu'au confluent de deux torrents et à la chute, entre maisons de bois, boutiques d'artisanat, ateliers de démonstration et emplacements aménagés pour la photo. Autant le savoir : c'est un village-parc, avec costumes en location et balançoire face au vide. La descente reste belle, et le fond de vallon aussi.

      Le nom viendrait tout simplement du français cascade, prononcé par les Hmong puis fixé à l'écrit — les Français avaient installé ici une petite centrale hydroélectrique au temps de la station d'altitude, et l'on en voit encore les ouvrages près de la chute. Ce qui se fabrique sous les auvents, en revanche, n'a rien d'inventé : le chanvre est rouï, filé, puis dessiné à la cire chaude au moyen d'un petit stylet de cuivre avant d'être plongé dans l'indigo. La cire fond au lavage et laisse le motif en clair sur les jupes plissées.

      On descend à pied et l'on remonte à pied, sauf à prendre une moto-taxi qui attend en bas — la côte est raide. Les marches de pierre sont glissantes dès qu'il bruine, ce qui arrive presque tous les jours en saison.

      nature
      5 €

    Jour 6

    • Marché ethnique de Bac Ha, le dimanche, Sapa, Vietnam
      Marché ethnique de Bac Ha, le dimanche Le plus grand marché montagnard du nord, à trois heures de route : Hmong fleuris en costume, buffles échangés au comptant, soupe de riz servie sous bâche. Il n'a lieu que le dimanche matin — s'il ne tombe pas dans tes dates, ne pas le programmer.
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      Le marché se lit par quartiers, et il faut commencer par le haut : le champ où l'on échange les buffles, les chevaux et les cochons transportés dans des paniers d'osier, marchandés à la main dans la main. En dessous viennent les tissus, les broderies au fil de coton, les outils forgés, puis l'alimentaire et les grandes marmites. Les Hmong fleuris, dont c'est le fief, portent le costume le plus chamarré du nord, en bandes brodées superposées.

      Deux choses se goûtent ici et presque nulle part ailleurs : le thang co, un bouillon de viande et d'abats mijoté des heures dans un chaudron à même le sol, et l'alcool de maïs distillé dans les villages alentour, servi au verre à toute heure. Les transactions s'arrosent, et la fin de matinée est joyeuse.

      À l'entrée du bourg, le palais Hoang A Tuong mérite le détour : une grande demeure des années 1920 bâtie par une famille de chefs tay qui tenait la région et son commerce, dans un mélange assumé de style colonial français et chinois. Partir très tôt de Sapa, la route est longue et sinueuse ; l'essentiel est plié en début d'après-midi. Demander avant de photographier quelqu'un de près.

      marché
      gratuit

    Jour 7

    • Téléphérique du Fansipan, toit de l'Indochine, Sapa, Vietnam
      Téléphérique du Fansipan, toit de l'Indochine Quinze minutes de téléphérique pour 1 400 m de dénivelé jusqu'à 3 143 m, record du monde à l'ouverture. Il reste 600 marches ou un funiculaire payant jusqu'au sommet. ⚠️ Un jour sur deux, on ne voit rien du tout : vérifier la météo la veille, c'est 28 € de brouillard sinon.
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      La cabine décolle au-dessus de la vallée de Muong Hoa : d'abord les terrasses et les hameaux vus d'aplomb, puis la forêt, puis plus rien que du granit et des bambous nains tordus par le vent. Au sommet, le décor surprend — ce n'est pas un belvédère mais un ensemble de pagodes et de sanctuaires bâtis dans les années 2010 sur les arêtes, avec un grand bouddha de bronze qui domine la crête.

      Le Fansipan est un lieu de pèlerinage vietnamien avant d'être une curiosité : les familles y montent pour brûler de l'encens, surtout autour du nouvel an lunaire, et la queue à la station de départ peut être considérable le week-end et les jours fériés. L'ascension à pied, par le sentier de Tram Ton, existe toujours et se fait accompagné, sur deux jours.

      Il fait bien plus froid et venteux là-haut qu'à Sapa, y compris en été : une veste coupe-vent n'est pas une précaution excessive, et il gèle l'hiver. Surtout, la crête peut être noyée dans le nuage alors que la vallée est dégagée, et l'inverse est vrai aussi : regarder la montagne depuis Sapa avant de monter en dit plus qu'une prévision.

      nature
      17 €

    19 € hébergement · 18 € repas · 13 € transport, par jour et par personne · hébergement retenu : Hôtel avec vue sur la vallée, 38 € la nuit.

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  4. Sapa → Baie de Lan Ha — Navette via Hanoï, avec changement, 9 h, 24 € par personne.
  5. Baie de Lan Ha, Vietnam

    03. Baie de Lan Ha

    J8 → J9 · 2 nuits · 307 € par personne

    Pains de sucre, kayak, nuit à bord

    La baie voisine d'Ha Long, avec les mêmes pitons karstiques mais une fraction des bateaux — c'est pour ça qu'elle est ici plutôt que sa célèbre voisine. On y navigue au départ de Cat Ba. La nuit à bord est le vrai intérêt : les excursions à la journée ne laissent que deux heures sur l'eau.

    En savoir plus sur Baie de Lan Ha

    La baie de Lan Ha est le prolongement immédiat de la baie d'Ha Long, avec la même géologie — des centaines de pitons karstiques sortant d'une eau calme — mais une fraction des bateaux : c'est la raison pour laquelle elle figure ici plutôt que sa voisine célèbre, saturée de jonques et de déchets sur les mouillages les plus fréquentés.

    On y navigue au départ de l'île de Cat Ba, elle-même accessible depuis Haiphong ou par une combinaison de bus et de bateau depuis Hanoï. L'île abrite un parc national avec une forêt primaire et une population de langurs à tête dorée, parmi les primates les plus menacés du monde — quelques dizaines d'individus, endémiques à cette seule île.

    ⚠️ La nuit à bord est le vrai intérêt de l'étape, et l'écart avec l'excursion à la journée est énorme : celle-ci, comptant les trajets depuis Hanoï, ne laisse en réalité que deux heures sur l'eau, aux heures les plus fréquentées. Une ou deux nuits permettent le lever du jour dans la baie, le kayak dans les tunnels de calcaire et les mouillages isolés. ⚠️ Les croisières sont annulées par les autorités dès qu'un avis de tempête est émis, ce qui arrive plusieurs fois par an entre juin et septembre — il faut garder de la marge avant un vol.

    À table

    • Fruits de mer de la baie — crevettes-mantes, calamars et coquillages grillés à bord ou dans les villages flottants, pêchés le matin même.
    • Chả mực — les galettes de calamar pilé et frites, spécialité de Hạ Long, à manger avec du riz gluant (xôi).
    • Ngán — la palourde de la baie, à la vapeur ou dans une soupe aigre ; on la trouve surtout au marché de Cát Bà.

    Jour 8

    • Sortie à la journée en baie, kayak compris, Baie de Lan Ha, Vietnam
      Sortie à la journée en baie, kayak compris Lan Ha est la baie voisine d'Ha Long, avec les mêmes pitons calcaires et le quart des bateaux — c'est le choix qui change la journée. Transport depuis Hanoï, déjeuner et kayak dans les grottes inclus.
      En savoir plus

      Lan Ha dépend administrativement de Hai Phong et non de la province voisine : c'est cette frontière invisible qui tient à l'écart la grande flotte d'Ha Long, et elle explique tout le reste. Autre différence concrète, il y a ici des plages de sable au pied des pitons, ce que la baie voisine n'a pratiquement pas.

      La légende dit que des dragons envoyés du ciel ont craché des joyaux pour barrer la route aux envahisseurs, et que ces joyaux sont devenus les îles. L'histoire réelle est plus ancienne encore : au village flottant de Cai Beo, les archéologues ont mis au jour l'un des plus vieux sites côtiers habités du pays, occupé il y a plusieurs milliers d'années par des pêcheurs.

      Le programme dépend de la marée, et ce n'est pas un caprice : à marée haute, l'arche qui donne accès à certains lagons est trop basse pour un kayak, et l'équipage change de site le matin même. Sur l'île aux singes, les macaques sont habitués et ouvrent un sac en quelques secondes — ne rien laisser à portée. La route depuis Hanoï mange une bonne part de la journée, dans les deux sens.

      nature
      55 €
    • Croisière avec nuit à bord, Baie de Lan Ha, Vietnam
      Croisière avec nuit à bord Deux jours et une nuit à l'ancre entre les pitons, avec les repas, le kayak et le lever de soleil sur le pont. ⚠️ Ne pas cumuler avec la sortie à la journée : c'est la même baie, en mieux et pour plus cher.
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      Ces pitons sont un karst noyé : un plateau calcaire creusé par la pluie pendant des millions d'années, puis envahi par la mer, qui n'en a laissé dépasser que les tours. En kayak, on passe sous des arches basses pour entrer dans des lagons entièrement fermés par la falaise, que les Vietnamiens appellent des ang : eau calme, silence total, et des singes qui descendent parfois sur les rochers.

      Entre les îles vivent des familles de pêcheurs sur des radeaux amarrés, avec leurs viviers sous le plancher — un mode de vie très réduit depuis que les autorités ont regroupé et déplacé la plupart des villages flottants. Le soir, l'équipage allume une lampe à l'arrière et pêche le calmar attiré par la lumière ; le résultat finit au petit-déjeuner.

      Deux réalités à intégrer avant de réserver. En fin d'hiver, le crachin du golfe du Tonkin peut effacer les pitons dans une brume laiteuse pendant des jours. Et en saison des typhons, la capitainerie interdit la sortie à toute la flotte, sans appel ni remboursement automatique : prévoir une journée de battement dans le programme. Cabines petites, groupe électrogène bruyant la nuit — choisir un pont haut.

      nature
      130 €

    Jour 9

    • Plage de Cat Co et falaises du fort de la Canonnière, Baie de Lan Ha, Vietnam
      Plage de Cat Co et falaises du fort de la Canonnière Trois criques reliées par une passerelle taillée dans la falaise. Le fort japonais puis vietnamien au-dessus garde ses canons et ses tunnels, et donne la meilleure vue sur l'île.
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      Les trois criques de Cat Co sont séparées par des avancées de falaise et reliées entre elles par une passerelle en encorbellement taillée à flanc de roche, au-dessus de l'eau — c'est ce chemin, plus que les plages elles-mêmes, qui vaut la promenade : il donne des vues plongeantes sur la baie et les pitons karstiques.

      Le fort de la Canonnière, sur la hauteur, a été construit par les Japonais pendant la Seconde Guerre mondiale, puis utilisé par les Français et par l'armée vietnamienne. Il conserve ses canons, ses bunkers et un réseau de tunnels qu'on parcourt, et il offre le meilleur panorama sur l'île de Cat Ba et la baie — c'est aussi l'endroit qui rappelle que ces paysages ont été un théâtre militaire.

      ⚠️ Les plages sont petites et se remplissent complètement en été, période où le tourisme intérieur vietnamien afflue sur Cat Ba ; elles sont pratiquement désertes le reste de l'année. La baignade y est calme, la baie étant abritée. Les méduses sont présentes certaines saisons, et les habitants s'en tiennent alors éloignés — c'est un bon indicateur.

      détente
      2 €
    • Parc national de Cat Ba, Baie de Lan Ha, Vietnam
      Parc national de Cat Ba Forêt primaire sur karst, abritant les derniers langurs de Cat Ba — une soixantaine d'individus, parmi les primates les plus rares du monde. La montée au pic Ngu Lam prend une heure, raide et glissante.
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      La forêt pousse sur un calcaire coupant comme du verre, hérissé de lames et de trous, ce qui explique qu'elle ait survécu : rien n'y est exploitable. On y trouve encore des kim giao, des arbres dont le bois clair passait pour noircir au contact du poison — d'où les baguettes taillées dedans pour la table des rois, dit la tradition locale.

      Le langur de Cat Ba, tête et épaules dorées sur corps noir, ne vit sur aucune autre île du monde. Il se comptait par milliers dans les années soixante, il n'en restait que quelques dizaines au tournant des années 2000, chassés pour une préparation médicinale ; la population remonte lentement depuis leur protection. Autant le dire tout de suite : ils vivent sur les falaises du nord-est de l'île, hors des sentiers, et on ne les voit pas en marchant. Seule une sortie en bateau au pied des falaises donne une chance, et une chance seulement.

      Chaussures fermées obligatoires, le calcaire déchire les semelles souples et coupe les mains si l'on se rattrape dessus. Des sangsues après la pluie, inoffensives. Sur la route qui traverse l'île, la grotte-hôpital, creusée dans la roche pendant la guerre et aménagée sur plusieurs niveaux, vaut l'arrêt.

      nature
      3 €

    20 € hébergement · 21 € repas · 14 € transport, par jour et par personne · hébergement retenu : Hôtel face au port de Cat Ba, 40 € la nuit.

    Voir les hébergements à Baie de Lan Halien affilié

  6. Baie de Lan Ha → Ninh Binh — Bateau puis navette directe, 4 h, 15 € par personne.
  7. Ninh Binh, Vietnam

    04. Ninh Binh

    J10 → J11 · 2 nuits · 119 € par personne

    La baie d'Ha Long des rizières, en barque

    Les mêmes pitons calcaires que la baie, mais plantés dans des rizières, et parcourus en barque à rames menée aux pieds par les rameuses. ⚠️ Attention à ce que vous réservez : la plupart des excursions vendues pour Ninh Binh partent en réalité de Hanoï, à deux heures de route.

    En savoir plus sur Ninh Binh

    Ninh Binh présente exactement la même formation karstique que la baie d'Ha Long, mais plantée au milieu des rizières au lieu de la mer — d'où son surnom de baie d'Ha Long terrestre. On y navigue en barque à rames sur des rivières qui traversent des grottes sous les pitons, et les rameuses manœuvrent souvent avec les pieds, technique locale qui permet de tenir plusieurs heures.

    Trang An et Tam Coc offrent deux parcours différents ; Trang An est plus long, traverse davantage de grottes et interdit les pourboires par règlement, ce qui évite la pression exercée sur les visiteurs à Tam Coc. La grotte de Mua se gagne par cinq cents marches raides et donne le panorama qui domine toute la plaine.

    ⚠️ Attention à ce que vous réservez, et c'est le point pratique majeur de l'étape : la très grande majorité des excursions vendues sous le nom de Ninh Binh partent en réalité de Hanoï, à deux heures de route dans chaque sens, ce qui transforme la journée en un aller-retour épuisant avec quelques heures sur place. Si l'on dort à Ninh Binh, il faut chercher des prestations au départ de Ninh Binh même — le slug ou le descriptif de l'offre le mentionne rarement, et il faut le demander explicitement avant de payer.

    À table

    • Dê núi — la chèvre de montagne, en salade croquante (tái dê) ou grillée : l'animal grimpe les karsts calcaires et sa viande est la fierté locale.
    • Cơm cháy — le riz croustillant frit, servi avec une sauce au bœuf ; on l'emporte en galettes comme un souvenir.
    • Ốc núi — les escargots de montagne au gingembre et à la citronnelle, sur les cartes des restaurants de Tam Cốc.

    Jour 10

    • Barque à rames à Trang An, Ninh Binh, Vietnam
      Barque à rames à Trang An Trois heures de barque à travers neuf grottes inondées, où il faut se coucher pour passer, et devant des temples posés au pied des pitons. Les rameuses manœuvrent souvent avec les pieds. Quatre passagers par barque.
      En savoir plus

      Les grottes ne sont pas des cavernes sèches mais des tunnels noyés, d'anciennes encoches creusées par la mer quand le niveau était plus haut : le plafond descend jusqu'à quelques dizaines de centimètres au-dessus de l'eau, on s'allonge sur le banc et l'on garde les mains à l'intérieur. Le circuit boucle, on ne repasse pas par où l'on est venu, et l'on débarque entre deux grottes devant de petits temples plaqués contre le calcaire.

      Trang An est inscrit au patrimoine mondial de l'UNESCO depuis 2014 au double titre de la nature et de la culture, ce qui est rare : les grottes ont livré des traces d'occupation humaine remontant à des dizaines de milliers d'années, à travers les variations du niveau marin. Sur l'un des parcours, le village reconstruit pour le tournage de Kong: Skull Island a été laissé en place et se visite.

      Trois itinéraires sont proposés et ils n'ont ni les mêmes grottes ni les mêmes temples : choisir avant de faire la queue. Aucune ombre sur la barque, chapeau indispensable. Les rameuses attendent leur tour d'inscription pendant des jours pour une rotation payée peu : le pourboire n'est pas un supplément, c'est l'essentiel de leur journée.

      nature
      8 €
    • Grotte de Mua et ses 500 marches, Ninh Binh, Vietnam
      Grotte de Mua et ses 500 marches Cinq cents marches de pierre jusqu'à un dragon de béton posé sur la crête. De là-haut, la boucle de la rivière Ngo Dong dans les rizières — c'est la photo que tout le monde a vue du Vietnam du nord.
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      Autant l'annoncer : l'escalier de pierre, le dragon de la crête et le petit stupa du sommet voisin ont été construits récemment, dans un style qui imite la muraille de Chine. La grotte qui donne son nom au lieu est une cavité sans grand intérêt au pied de la butte, que la plupart des visiteurs dépassent sans la voir. Ce qu'on vient chercher est en haut, et c'est entièrement mérité.

      De la crête, la rivière Ngo Dong dessine une double boucle entre les pitons, au milieu des rizières de Tam Coc. La couleur dépend strictement du calendrier agricole : miroir d'eau au repiquage, vert dense ensuite, puis un or généralisé à la fin du printemps, quelques jours avant la moisson, qui est le moment où tout le monde photographie ce paysage. Après, c'est du chaume.

      Les marches sont inégales, usées et polies par le passage, et la rampe n'est pas continue. Le dernier tronçon vers le dragon est une arête étroite où l'on se croise mal et où l'on attend son tour. Il n'y a pas un mètre d'ombre sur tout le parcours : monter à l'ouverture ou en fin de journée, et emporter de l'eau.

      nature
      3 €

    Jour 11

    • Pagode de Bai Dinh, Ninh Binh, Vietnam
      Pagode de Bai Dinh Le plus grand complexe bouddhique du Vietnam, achevé en 2010 : un couloir de trois kilomètres bordé de cinq cents statues d'arhats, chacune au visage différent. Démesuré et récent, mais impressionnant.
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      Il y a en réalité deux pagodes, et la plupart des visiteurs n'en voient qu'une. En haut de la colline, l'ancienne pagode occupe des grottes naturelles aménagées : elle remonte à la dynastie des Ly et reste associée au moine Nguyen Minh Khong, guérisseur de son état, qui serait venu chercher ses plantes médicinales sur ce versant. En contrebas s'étend le complexe neuf, bâti dans les années 2000 à une échelle qui n'a rien à voir.

      Tout y est conçu comme un record : le bouddha de bronze, la cloche, la longueur des galeries. Cette démesure a une fonction, et elle fonctionne — c'est l'un des grands pèlerinages du pays. À partir du sixième jour du premier mois lunaire, la fête de printemps y amène des foules pendant des semaines : la période à éviter si l'on vient pour l'architecture, celle à viser si l'on vient pour le pèlerinage.

      Les distances internes sont considérables et les voiturettes électriques qui partent du parking ne sont pas un luxe. Monter jusqu'à l'ancienne pagode dans les grottes : c'est le seul endroit ancien du site, et il est presque toujours désert. Épaules et genoux couverts.

      culture
      2 €
    • Ancienne capitale de Hoa Lu, Ninh Binh, Vietnam
      Ancienne capitale de Hoa Lu Capitale du Vietnam au Xe siècle, avant le transfert à Hanoï. Il ne reste que deux temples dédiés aux dynasties Dinh et Le, dans un cirque de calcaire qui explique en une minute pourquoi on avait choisi cet endroit.
      En savoir plus

      Des palais, il ne reste rien : le bois a disparu et les deux temples que l'on visite ont été rebâtis au XVIIe siècle, dans le style de l'époque, sur l'emplacement supposé de la cour. Devant le temple des Dinh, un lit de pierre sculpté de dragons, taillé dans un seul bloc, compte parmi les pièces les plus précieuses du pays. Les cours sont petites, la visite se fait vite, et c'est le décor de falaises qui fait le lieu.

      Dinh Bo Linh était, dit la tradition, un gardien de buffles qui jouait à la guerre avec un étendard de roseau ; il a mis fin à la période des douze seigneurs et fondé un État indépendant, avant d'être assassiné avec son fils aîné en 979. Sa veuve, Duong Van Nga, a alors remis le trône au général Le Hoan et l'a épousé : elle est la seule femme de l'histoire vietnamienne à avoir été impératrice de deux dynasties successives, et sa statue se trouve dans le second temple.

      Derrière le site, un escalier grimpe au mont Ma Yen, où se trouve le tombeau du fondateur, avec la vue sur toute la cuvette. Il n'y a presque pas d'ombre dans l'enceinte. Le site se combine avec Trang An, dont l'embarcadère est tout proche.

      culture
      3 €

    18 € hébergement · 17 € repas · 10 € transport, par jour et par personne · hébergement retenu : Écolodge en bord de rivière, 36 € la nuit.

    Voir les hébergements à Ninh Binhlien affilié

  8. Ninh Binh → Hué — Train de la Réunification, couchette de nuit, 12 h, 26 € par personne.
  9. Hué, Vietnam

    05. Hué

    J12 → J13 · 2 nuits · 121 € par personne

    Cité impériale, tombeaux d'empereurs, rivière des Parfums

    L'ancienne capitale impériale, sur la rivière des Parfums, avec une citadelle largement détruite pendant la guerre et restaurée depuis. Les tombeaux des empereurs sont dispersés dans la campagne alentour et se visitent en scooter ou en bateau. ⚠️ C'est la ville la plus pluvieuse du pays, d'octobre à décembre.

    En savoir plus sur Hué

    Hué a été la capitale impériale du Vietnam sous la dynastie des Nguyen, de 1802 à 1945, et sa citadelle reprend le plan de la Cité interdite de Pékin à échelle réduite, avec ses enceintes emboîtées et sa Cité pourpre interdite réservée à l'empereur. ⚠️ Elle a été très largement détruite pendant la bataille de Hué en 1968, l'un des combats les plus longs et les plus meurtriers de la guerre : une partie de ce qu'on visite est une restauration en cours, et de vastes espaces restent vides.

    Les tombeaux des empereurs sont dispersés dans la campagne le long de la rivière des Parfums, à plusieurs kilomètres les uns des autres, et chacun reflète le goût de son commanditaire : celui de Tu Duc est un ensemble de pavillons dans un parc où il venait de son vivant, celui de Khai Dinh est une extravagance de béton et de mosaïque de porcelaine, à mi-chemin entre le style européen et vietnamien. On les visite en scooter, en voiture ou en bateau.

    La cuisine impériale de Hué est la plus raffinée du pays, héritée des cuisines de cour, avec des plats en petites portions et beaucoup plus pimentés qu'ailleurs. ⚠️ C'est la ville la plus pluvieuse du Vietnam : d'octobre à décembre, il y tombe des quantités considérables et les inondations sont fréquentes.

    À table

    • Bún bò Huế — la soupe de vermicelles au bœuf, plus épicée et plus rouge que le phở, avec citronnelle et pâte de crevette : le plat emblème de la ville.
    • Bánh bèo, bánh nậm, bánh lọc — les petits gâteaux de riz à la vapeur de la cuisine impériale, servis en assortiment sur des soucoupes.
    • Cơm hến — le riz aux petites palourdes de la rivière des Parfums, mangé froid avec herbes et arachides.
    • Chè Huế — les desserts sucrés en bols, haricots, tapioca et lait de coco ; des dizaines de variétés dans la ville des rois.

    Jour 12

    • Cité impériale et Cité pourpre interdite, Hué, Vietnam
      Cité impériale et Cité pourpre interdite La capitale des Nguyễn, calquée sur Pékin : dix kilomètres de remparts, une cité interdite au centre. Les bombardements de 1968 en ont détruit les deux tiers ; la restauration avance pavillon par pavillon depuis trente ans.
      En savoir plus

      Trois enceintes emboîtées : la citadelle et ses bastions à la Vauban entourés de douves, l'enceinte impériale avec ses palais et ses temples dynastiques, et au cœur la cité pourpre, réservée à l'empereur, à ses épouses et aux eunuques. Autant le savoir avant d'entrer : le fond du site est aujourd'hui une immense pelouse ponctuée de fondations, et les pavillons restaurés se concentrent à l'avant.

      C'est sous la porte du Midi, le 30 août 1945, que Bao Dai a remis le sceau et l'épée aux envoyés du Viet Minh : treize empereurs, et une dynastie qui s'achève en un après-midi. Devant le temple des générations, les neuf urnes de bronze coulées dans les années 1830 portent, gravés en relief, les fleuves, les montagnes, les plantes et les animaux du pays — un inventaire du royaume en métal, inscrit récemment au registre Mémoire du monde de l'UNESCO.

      Les distances sont longues et l'ombre rare : venir à l'ouverture, avant que la pierre ne chauffe. Le palais de la Suprême Harmonie et ses colonnes de bois de fer laquées de rouge et d'or donnent la mesure de ce qui a été perdu ailleurs. Un billet groupé avec les tombeaux existe et revient moins cher que les entrées séparées.

      culture
      7 €
    • Cuisine impériale au marché Dong Ba, Hué, Vietnam
      Cuisine impériale au marché Dong Ba Hué a la cuisine la plus raffinée du pays, héritée de la cour : petits plats en portions minuscules, bánh bèo servis dans leurs coupelles, et le bún bò Huế, soupe au bœuf et à la citronnelle qui n'a rien à voir avec le phở.
      En savoir plus

      Le principe de la table de cour tient en une phrase : beaucoup de plats, très peu dans chacun, et chacun dans son propre récipient. Les banh beo arrivent par dizaines dans de minuscules coupelles, avec une pincée de crevette séchée et un filet de sauce ; les banh bot loc sont des raviolis de tapioca translucides, une crevette visible au travers, cuits dans une feuille de bananier. À l'opposé, le com hen est un plat de pauvres devenu emblème : du riz froid, des petites palourdes pêchées dans le fleuve, des herbes, et le bouillon de cuisson à part.

      Hué a la table la plus pimentée du pays et, en même temps, la plus sucrée : ses che se comptent par dizaines de variétés, et l'une d'elles enferme un morceau de porc laqué dans une perle de tapioca sucrée. Ce n'est pas une plaisanterie, et cela se mange très bien.

      Le marché a été transféré au bord de la rivière à la toute fin du XIXe siècle et il tient toujours le même rôle. Sa halle alimentaire est l'endroit où manger, pas les étals à souvenirs. On y vend aussi les chapeaux à poème, spécialité locale : un poème découpé est glissé entre deux couches de latanier, et n'apparaît qu'en regardant le chapeau à contre-jour.

      marché
      4 €

    Jour 13

    • Pagode de la Dame céleste et rivière des Parfums, Hué, Vietnam
      Pagode de la Dame céleste et rivière des Parfums La tour à sept étages emblème de Hué, au bord du fleuve. Dans la cour, l'Austin bleue qui conduisit le moine Thích Quảng Đức à son immolation de 1963 est conservée comme une relique.
      En savoir plus

      La pagode occupe une butte au-dessus du fleuve, et c'est la tour octogonale à sept étages que l'on voit d'abord : chaque niveau est dédié à une manifestation du Bouddha, et elle a été élevée dans les années 1840. Derrière, on entre dans un monastère en activité : jardins potagers, moines qui balaient, bâtiments privés fermés au public. Ce n'est pas un monument mais un lieu de vie.

      La fondation remonte à 1601 : un seigneur Nguyen entendit dire qu'une vieille femme vêtue de rouge apparaissait sur la colline en annonçant qu'un prince viendrait y bâtir une pagode et fonderait un règne — il s'en chargea. La grande cloche coulée au début du XVIIIe siècle s'entend, dit-on, à des kilomètres. Quant à l'immolation de 1963, la photographie qui en a été prise a fait le tour du monde et pesé lourdement sur la chute du régime de Saïgon quelques mois plus tard.

      Y aller par le fleuve : les bateaux-dragons sont des affaires familiales et proposent presque toujours de l'artisanat à bord, sans insistance. La rive est plate et se fait aussi à vélo. Épaules et genoux couverts, et l'on retire ses chaussures dans le sanctuaire.

      culture
      gratuit
    • Tombeau de Khai Dinh, Hué, Vietnam
      Tombeau de Khai Dinh Le plus tardif et le plus étrange : béton français, ferronnerie, et une salle intérieure entièrement couverte de mosaïques de porcelaine et de tessons de bouteilles. Onze ans de travaux payés par un impôt supplémentaire de 30 %.
      En savoir plus

      Vu du bas, c'est un empilement de terrasses de béton gris-noir accroché au flanc de la colline, avec des rampes de dragons et une cour de mandarins de pierre. L'ensemble est sombre, presque sévère, et ne ressemble à aucun autre tombeau impérial : ni parc, ni lac, ni bois de pins, seulement des escaliers.

      Puis on entre, et tout bascule. La salle est couverte du sol au plafond de mosaïques faites de porcelaine cassée et de tessons de bouteilles, assemblés en fleurs, en dragons et jusqu'en objets du quotidien — lampes, horloges, vases — sculptés en relief avec des éclats de vaisselle. Au plafond, neuf dragons dans les nuages. La statue dorée de l'empereur, elle, a été coulée en France et rapportée par bateau.

      Khai Dinh a été moqué de son vivant. Lors de son voyage en France en 1922, le lettré Phan Chau Trinh lui a adressé une lettre publique d'accusation, et un jeune Vietnamien de Paris, Nguyen Ai Quoc — le futur Hô Chi Minh — a écrit contre lui une pièce satirique. L'intérieur est petit et sature dès qu'un car arrive : laisser passer le groupe et revenir change complètement la visite.

      culture
      5 €

    18 € hébergement · 18 € repas · 10 € transport, par jour et par personne · hébergement retenu : Hôtel avec piscine près du fleuve, 36 € la nuit.

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  10. Hué → Hoi An — Voiture privée par le col des Nuages, 4 h, 28 € par personne (55 € à partager).
  11. Hoi An, Vietnam

    06. Hoi An

    J14 → J16 · 3 nuits · 170.75 € par personne

    Port marchand, lanternes, tailleurs, plage à vélo

    Un ancien port marchand japonais et chinois, épargné par les guerres, dont la vieille ville jaune est entièrement piétonne le soir. ⚠️ Le billet donne accès à cinq sites au choix parmi vingt-deux, et se contrôle à l'entrée du quartier. Les tailleurs livrent en vingt-quatre heures, mais la qualité varie énormément.

    En savoir plus sur Hoi An

    Hoi An a été l'un des grands ports de commerce d'Asie du Sud-Est du XVᵉ au XIXᵉ siècle, où marchands japonais, chinois, portugais et néerlandais avaient leurs comptoirs. Puis la rivière s'est envasée, le commerce est parti à Da Nang, et la ville s'est endormie — c'est cet oubli, doublé du fait qu'elle a été épargnée par les combats, qui explique que sa vieille ville jaune soit intacte.

    ⚠️ Le billet d'entrée fonctionne d'une manière qui déroute : il donne accès à cinq sites au choix parmi une vingtaine — maisons de culte, maisons de famille, pont japonais — et il est contrôlé à l'entrée du quartier ancien lui-même, pas seulement aux monuments. On peut se promener sans, mais les contrôleurs sont présents aux principaux accès.

    Les tailleurs sont l'autre spécialité : plusieurs centaines d'ateliers réalisent sur mesure en vingt-quatre à quarante-huit heures. ⚠️ La qualité varie énormément, du très bon au médiocre, et le prix n'est pas un indicateur fiable : il faut prévoir au moins un essayage et donc ne pas commander la veille du départ. ⚠️ Le lâcher de lanternes sur la rivière est joli mais les lanternes finissent dans l'eau ; certains établissements proposent désormais des versions récupérées. La ville est piétonne le soir et éclairée uniquement aux lanternes de soie.

    À table

    • Cao lầu — les nouilles épaisses au porc et aux herbes, qu'on ne trouve qu'ici : l'eau du puits Bá Lễ et la cendre de bois en seraient le secret.
    • Bánh mì — le sandwich vietnamien dans sa version la plus célèbre ; les échoppes du centre font la queue toute la journée.
    • Cơm gà — le riz au poulet effiloché avec des herbes, cuit dans le bouillon : le déjeuner de la vieille ville.
    • Hoành thánh — les raviolis frits ou en soupe, héritage de la communauté chinoise du port.

    Jour 14

    • Vieille ville et son billet cinq sites, Hoi An, Vietnam
      Vieille ville et son billet cinq sites Comptoir marchand japonais, chinois et hollandais du XVIe siècle, épargné par les guerres parce que le port s'était envasé. Le billet donne accès à cinq maisons ou temples au choix, dont le pont couvert japonais.
      En savoir plus

      Le pont couvert japonais est un temple posé sur un pont, gardé par des chiens de pierre à une extrémité et des singes à l'autre — les deux années animales, dit-on, du début et de la fin du chantier. Il figure sur le billet de vingt mille dongs. Il a été entièrement démonté puis remonté au début des années 2020, et son aspect neuf a fait polémique dans le pays.

      Les maisons communes des congrégations chinoises se visitent avec le même billet et racontent chacune une communauté. Celle du Fujian est dédiée à la déesse qui protège les marins ; celle de Hainan a été élevée à la mémoire d'une centaine de marchands hainanais tués en mer en 1851 par des officiers vietnamiens qui les avaient pris pour des pirates, et que la cour dut ensuite dédommager.

      La vieille ville est inondée presque chaque automne : cherche les traits de crue peints sur les murs des maisons anciennes, et regarde les plafonds — beaucoup ont une trappe et une poulie, par où l'on hisse les meubles à l'étage quand l'eau monte. Le billet donne cinq sites au choix parmi une vingtaine : prendre un de chaque type plutôt que cinq maisons de marchands, qui se ressemblent.

      culture
      4 €
    • Lâcher de lanternes sur la rivière Thu Bon, Hoi An, Vietnam
      Lâcher de lanternes sur la rivière Thu Bon Chaque soir, la vieille ville éteint l'électricité et s'éclaire aux lanternes ; on met une bougie flottante à l'eau depuis une barque. Le 14e jour du mois lunaire, c'est la pleine lune et la ville entière est en fête.
      En savoir plus

      La vieille ville éteint son éclairage électrique chaque soir et ne s'éclaire plus qu'aux lanternes de soie, ce qui change complètement sa physionomie : les façades jaunes prennent une lumière chaude et les reflets couvrent la rivière. C'est une mesure décidée par la municipalité et non un accident du folklore.

      Le quatorzième jour du mois lunaire, veille de pleine lune, l'événement prend une tout autre ampleur : la circulation est interdite, les habitants dressent des autels devant leurs portes, et la fête est d'abord une pratique locale, liée au culte des ancêtres, avant d'être un spectacle. Ce jour-là change selon les mois — se renseigner sur la date permet de caler son étape dessus.

      Les bougies flottantes se mettent à l'eau depuis une barque à rames menée par des bateliers du fleuve. ⚠️ Les lanternes finissent dans la rivière et l'accumulation pose un vrai problème de déchets ; certains opérateurs proposent désormais des versions récupérées en aval, ce qui vaut la peine de demander. ⚠️ Le prix de la barque se fixe avant de monter, pour l'embarcation et pour un tour convenu.

      détente
      2 €
    • Marché de nuit de l'île An Hoi, Hoi An, Vietnam
      Marché de nuit de l'île An Hoi De l'autre côté du pont, la rue des lanternes : cinq cents mètres d'échoppes et de stands de banh mi. C'est kitsch, c'est bondé, et c'est ce que tout le monde vient voir à Hoi An.
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      Une lanterne de Hoi An se fabrique en deux temps : des lattes de bambou refendu, chauffées et cintrées, sont ligaturées en carcasse, puis la soie est tendue et collée panneau par panneau. La carcasse est articulée, si bien que la lanterne se replie à plat comme un parapluie — c'est pour cela qu'elle voyage en valise, et c'est le seul souvenir de la ville qui rentre vraiment dans un sac. L'artisanat a été relancé dans les années 1990 avec le classement de la vieille ville.

      La date à viser est le quatorzième jour du mois lunaire : ce soir-là, la vieille ville coupe son éclairage électrique et ne reste éclairée que par les lanternes, tandis que l'on dépose des bougies flottantes sur la rivière. C'est devenu très fréquenté, mais l'extinction est réelle et l'effet ne se compare à rien.

      On marchande ici, ce qui n'est pas le cas des boutiques de la vieille ville : annoncer la moitié et laisser venir. Le pont d'accès bouchonne en début de soirée ; le fond du marché, lui, se vide. Les barques qui proposent un tour sur la rivière se négocient sur le quai, jamais auprès des rabatteurs du pont.

      marché
      gratuit

    Jour 15

    • Plage d'An Bang à vélo, Hoi An, Vietnam
      Plage d'An Bang à vélo Quatre kilomètres de rizières à vélo — les hôtels prêtent presque toujours les vélos — jusqu'à une plage de sable clair bordée de paillotes. Baignade correcte de mars à septembre, mer agitée le reste de l'année.
      En savoir plus

      Le trajet est aussi intéressant que la destination : quatre kilomètres de route entre les rizières et les maraîchages, plats, avec des buffles et des tombes familiales au milieu des champs — les sépultures sont installées dans les rizières, souvent richement décorées, ce qui surprend et s'explique par le culte des ancêtres. Les hébergements de Hoi An prêtent presque toujours des vélos.

      An Bang a remplacé Cua Dai comme plage principale de la ville après que l'érosion a emporté cette dernière. Elle est bordée de paillotes et de restaurants de poisson en bord de sable, sans grand hôtel, ce qui lui garde un caractère de plage de village.

      ⚠️ La saison est le point décisif : la baignade est bonne de mars à septembre, avec une mer calme, et devient franchement agitée le reste de l'année, avec des courants et des drapeaux rouges. Les typhons et les crues touchent la région d'octobre à décembre — la vieille ville est régulièrement inondée, et l'on y circule alors en barque, ce que les habitants ont intégré.

      détente
      gratuit
    • Village maraîcher de Tra Que, Hoi An, Vietnam
      Village maraîcher de Tra Que Un village de maraîchers à trois kilomètres, où les légumes poussent sur du varech ramassé dans la lagune. On y va à vélo par les rizières, et la promenade vaut autant que le village.
      En savoir plus

      Les planches de culture sont fumées avec l'algue râtelée dans la lagune voisine, et à peu près rien d'autre. C'est de là que vient la réputation du village : des herbes plus petites qu'ailleurs, plus denses, et nettement plus parfumées. L'arrosage se fait encore à la main, deux arrosoirs suspendus à une palanche, et le sol se travaille avec une houe à deux dents que l'on tire vers soi.

      Ces herbes partent dans les cuisines de la ville : l'assiette de verdure crue servie avec le cao lau et le mi Quang vient d'ici. La tradition veut qu'un vrai cao lau exige l'eau d'un puits ancien précis de Hoi An et de la cendre de bois des îles Cham pour traiter les nouilles — d'où l'idée, tenace, qu'il ne peut pas se faire ailleurs.

      Y aller à vélo par les rizières, au petit matin ou en fin de journée : il n'y a aucune ombre sur les planches et le sable renvoie la chaleur. Le village fait payer une entrée et propose de mettre les mains dans la terre, ce qui est agréable et complètement mis en scène. Prévoir de se salir les pieds, on travaille pieds nus.

      nature
      gratuit

    Jour 16

    • Montagnes de marbre à Da Nang, Hoi An, Vietnam
      Montagnes de marbre à Da Nang Cinq collines de marbre percées de grottes-sanctuaires, dont une immense cavité éclairée par un trou de plafond qui servit d'hôpital du Viêt-cong. Ascenseur ou 150 marches.
      En savoir plus

      Les cinq collines portent les noms des cinq éléments, baptisées ainsi par l'empereur Minh Mang ; seule celle de l'eau se visite. À l'intérieur, la grande caverne est percée d'une ouverture zénithale par laquelle le jour tombe en faisceau sur l'autel au milieu de la journée — l'un des trous a été agrandi par les bombardements. Une seconde grotte met en scène les enfers bouddhiques, avec des sculptures de supplices le long d'une descente, et une remontée vers une ouverture qui figure le ciel.

      Les collines sont en marbre, et elles ont été exploitées jusqu'à ce que l'extraction soit interdite pour les sauver : le village de sculpteurs installé au pied fait aujourd'hui venir ses blocs d'autres provinces. Le site était sacré pour les Cham avant d'être vietnamien, et les deux cultes s'y sont superposés.

      Le marbre mouillé est une savonnette et les marches taillées dans les grottes sont polies par des siècles de pieds : semelles adhérentes. Du sommet, on domine la longue plage que les soldats américains appelaient China Beach. Les ateliers du pied proposent l'expédition d'une statue — le marbre pèse ce qu'il pèse, et le devis grimpe avec.

      nature
      2 €

    19 € hébergement · 19 € repas · 9 € transport, par jour et par personne · hébergement retenu : Petit hôtel avec vélos et piscine, 38 € la nuit.

    Voir les hébergements à Hoi Anlien affilié

  12. Hoi An → Hô Chi Minh-Ville — Vol intérieur Đà Nẵng → Saïgon, 1 h 30, 45 € par personne.
  13. Hô Chi Minh-Ville, Vietnam

    07. Hô Chi Minh-Ville

    J17 → J19 · 3 nuits · 191.25 € par personne

    Saïgon, la ville qui ne s'arrête pas, et la guerre

    Saïgon, plus grande, plus rapide et plus moderne que Hanoï, où l'on vient surtout pour comprendre la guerre. ⚠️ Le musée des vestiges de guerre est très dur, notamment la salle sur l'agent orange. Les tunnels de Cu Chi sont à deux heures aller-retour, et le passage est étroit et sombre.

    En savoir plus sur Hô Chi Minh-Ville

    Hô Chi Minh-Ville, que tout le monde appelle encore Saïgon, est plus grande, plus rapide et plus tournée vers l'argent que Hanoï : neuf millions d'habitants, des tours de verre, des centres commerciaux et une circulation de scooters d'une densité difficile à imaginer. Elle a moins d'histoire visible et davantage d'énergie.

    On y vient d'abord pour comprendre la guerre. ⚠️ Le musée des vestiges de guerre est extrêmement dur : la salle consacrée à l'agent orange et à ses effets sur plusieurs générations, avec photographies et fœtus conservés, met beaucoup de visiteurs en difficulté, et ce n'est pas une visite à faire avec de jeunes enfants ni à enchaîner avec autre chose. Le point de vue est celui du vainqueur, ce qui fait partie de ce qu'on vient voir.

    Les tunnels de Cu Chi sont à une heure et demie au nord-ouest, soit trois heures aller-retour minimum. ⚠️ Le réseau, long de deux cent cinquante kilomètres, a été élargi par endroits pour les visiteurs, mais le passage reste étroit, bas, sombre et chaud : les personnes claustrophobes, corpulentes ou sujettes au vertige doivent s'abstenir, et l'on peut ressortir aux issues intermédiaires. Un stand de tir payant est installé sur le site, ce que certains trouvent déplacé.

    À table

    • Cơm tấm — le riz brisé au porc grillé, œuf au plat et couenne : le petit déjeuner et le déjeuner de Saïgon, servi en terrasse.
    • Bánh xèo — la crêpe croustillante au curcuma, garnie de crevettes et de germes de soja, qu'on roule dans une feuille de laitue.
    • Hủ tiếu — la soupe de nouilles du Sud, plus claire et plus sucrée que le phở, héritée des cuisines chinoise et khmère.
    • Le café de rue — cà phê sữa đá, café filtre sur glace au lait concentré, sur les trottoirs des districts 1 et 3.

    Jour 17

    • Musée des vestiges de guerre, Hô Chi Minh-Ville, Vietnam
      Musée des vestiges de guerre Le musée le plus dur du catalogue, et le plus nécessaire : photographies de presse, salle sur l'agent orange, matériel américain dans la cour. Le point de vue est frontalement vietnamien, et il faut le savoir en entrant.
      En savoir plus

      La visite se fait sur plusieurs niveaux : des salles de photographies de presse, une salle consacrée aux défoliants, une reconstitution des cages à tigre du bagne de Con Dao, et dans la cour des avions, des chars et des pièces d'artillerie américains laissés sur place en 1975. Les cartels sont sobres et les images parlent seules.

      Le musée a ouvert en 1975 sous un intitulé qui nommait les crimes américains ; il a pris son nom actuel, neutre, au milieu des années 1990, au moment où les relations avec les États-Unis se normalisaient. Une salle, réunie par deux de leurs confrères, rassemble le travail des photographes de toutes nationalités tués en couvrant les guerres d'Indochine — des deux côtés du front, ce qui en fait la section la moins univoque du bâtiment.

      L'étage sur les défoliants est le plus dur, et il est honnête de le dire : ce n'est pas un endroit où emmener de jeunes enfants sans les avoir prévenus. L'exposition ne dit presque rien de ce qui a suivi 1975, ni des guerres avec le Cambodge et la Chine : c'est le récit d'une guerre par l'un de ses camps, et il faut le lire ainsi. Venir tôt, les salles sont vite saturées.

      culture
      1 €
    • Palais de la Réunification, Hô Chi Minh-Ville, Vietnam
      Palais de la Réunification Le palais présidentiel sud-vietnamien, resté figé au 30 avril 1975 quand un char a enfoncé ses grilles. Sous-sol de commandement avec les cartes et les postes radio d'origine, mobilier des années soixante intact.
      En savoir plus

      Tout est resté dans son jus des années soixante : les salons de réception, le bureau présidentiel, la salle de banquet, la salle de cinéma, l'appartement privé, et sur le toit l'hélistation avec son appareil. En sous-sol, le poste de commandement souterrain aligne cartes murales, postes radio et télex, dans des couloirs de béton vert d'eau.

      Le bâtiment a remplacé le palais du gouverneur français, que le président sud-vietnamien fit raser après que deux de ses propres pilotes l'eurent bombardé en 1962 pour tenter de le tuer. Les plans sont d'un architecte vietnamien, Ngo Viet Thu, lauréat du grand prix de Rome. Le grand claustra de béton en forme de bambous stylisés qui habille la façade n'est pas décoratif : il tient le soleil.

      Le 30 avril 1975, deux chars se présentent ; l'un se coince à une grille latérale, l'autre enfonce le portail principal. La version officielle a longtemps attribué la scène au premier, jusqu'à ce qu'une photographie prise par une journaliste française rétablisse le second, dont l'équipage n'a été reconnu que dans les années 1990. Des chars sont exposés sur la pelouse. Le palais accueille encore des cérémonies officielles et ferme alors sans préavis.

      culture
      2 €
    • Poste centrale, cathédrale et rue Dong Khoi, Hô Chi Minh-Ville, Vietnam
      Poste centrale, cathédrale et rue Dong Khoi La poste de 1891 et sa charpente métallique, en face de la cathédrale de briques importées de Toulouse. C'est le Saïgon colonial dans deux cents mètres, entre deux tours de verre.
      En savoir plus

      La poste fonctionne toujours comme une poste, et c'est ce qui la sauve du musée : guichets en activité, cabines de bois, carrelage d'origine, et une voûte sur charpente métallique rivetée. Sur les murs, deux immenses cartes peintes datées de 1892 : les lignes télégraphiques du Sud et du Cambodge sur l'une, Saïgon et ses environs sur l'autre. Au fond, le portrait de Hô Chi Minh.

      Les guides attribuent le bâtiment à Gustave Eiffel. L'attribution n'a jamais été établie et les plans reviennent à un architecte de l'administration coloniale, Alfred Foulhoux : c'est une belle histoire recopiée pendant un siècle, rien de plus. Pendant des décennies, un écrivain public a tenu une table dans le hall, rédigeant et traduisant les lettres de ceux qui ne pouvaient pas les écrire ; il n'y est plus.

      La cathédrale est en restauration depuis des années et son intérieur reste fermé au public : vérifier avant de traverser la ville pour elle. Le long de son flanc, une rue piétonne bordée de librairies offre l'ombre qui manque partout ailleurs. La rue Dong Khoi s'est appelée Catinat puis Tu Do ; c'est dans ses hôtels que logeaient les correspondants de guerre.

      culture
      gratuit

    Jour 18

    • Tunnels de Cu Chi, Hô Chi Minh-Ville, Vietnam
      Tunnels de Cu Chi 250 km de galeries sur trois niveaux, creusées à la main, avec cuisines, hôpitaux et pièges. Une portion a été élargie pour les visiteurs — et elle reste éprouvante. À deux heures de route au nord-ouest.
      En savoir plus

      Deux sites sont ouverts : l'un, plus proche de la ville, reçoit l'essentiel des groupes ; l'autre, plus vaste, abrite un temple mémorial où sont inscrits les noms des morts du district, et où des familles viennent brûler de l'encens. Le parcours montre les trappes d'accès ajustées au centimètre, les cheminées d'aération dissimulées dans des termitières, et un atelier où l'on récupérait les munitions non explosées pour en refaire des armes.

      Le réseau a commencé à être creusé pendant la guerre contre la France, puis a été prolongé et organisé sur plusieurs niveaux. Le détail qui dit le mieux ce qu'était la vie souterraine n'est pas un piège mais une cuisine : les fumées étaient conduites par de longs conduits de terre et relâchées loin du foyer, à l'aube, quand la brume les confondait avec le brouillard. Il fallait cela pour cuire du riz sans être repéré d'avion.

      La portion élargie reste étroite, chaude et sombre ; des sorties sont aménagées à intervalles pour remonter avant la fin, et personne n'y trouve rien à redire. Un stand de tir fonctionne sur le site et s'entend pendant toute la visite, ce qui surprend ceux qui étaient venus dans un esprit de recueillement.

      culture
      4 €

    Jour 19

    • Marché de Ben Thanh et cuisine de rue le soir, Hô Chi Minh-Ville, Vietnam
      Marché de Ben Thanh et cuisine de rue le soir Le marché du matin est touristique et cher ; ce qui vaut le détour, ce sont les échoppes de rue qui s'installent autour à la nuit tombée. Marchander de moitié à l'intérieur, jamais dehors.
      En savoir plus

      La halle a été bâtie par les Français dans les années 1910 sur un marais comblé, et sa tour de l'horloge, sur la porte sud, est devenue l'image de la ville. Chaque porte a sa spécialité et l'on peut y entrer par l'une pour ressortir par l'autre sans avoir vu la même chose : tissus et confection d'un côté, épices et fruits secs de l'autre, gargotes au centre.

      Autour, la cuisine du Sud se goûte debout ou sur des tabourets bas. Le com tam est du riz brisé, le rebut que les rizeries ne pouvaient pas vendre et que les pauvres achetaient : servi avec une côte de porc grillée, il est devenu le plat emblématique de Saïgon. Le banh xeo est une grande crêpe jaune de curcuma que l'on découpe et roule dans une feuille de salade avec des herbes. Et les quan oc, les bars à coquillages, occupent une soirée entière en une succession de petites assiettes.

      Le café glacé se fait au filtre individuel posé sur le verre, goutte à goutte, sur du lait concentré : le lait frais ne se conservait pas sous ce climat, et l'habitude est restée. Pour un marché où la ville fait réellement ses courses, aller à Cho Lon, le quartier chinois, et à sa grande halle.

      marché
      5 €

    En option — non compris dans le budget ci-dessus

    Palais de la Réunification

    Une journée en petit groupe dans le Saïgon d'avant : le palais de la Réunification, resté figé au 30 avril 1975 quand un char a enfoncé ses grilles — sous-sol de commandement, cartes et postes radio d'origine —, le musée de la guerre, puis la poste de 1891 face à la cathédrale de briques importées de Toulouse.

    10 h · en anglais · Hô Chi Minh-Ville

    2 de ces visites sont déjà au programme de l'étape : cette journée les remplace, elle ne s'y ajoute pas.

    Klook · prix relevé le 10-08-2026 · lien affilié

    22 € hébergement · 21 € repas · 11 € transport, par jour et par personne · hébergement retenu : Hôtel avec piscine sur le toit, 44 € la nuit.

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  14. Hô Chi Minh-Ville → Delta du Mékong — Bus express par l'autoroute du delta, 3 h 30, 8 € par personne.
  15. Delta du Mékong, Vietnam

    08. Delta du Mékong

    J20 → J21 · 2 nuits · 116 € par personne

    Marchés flottants, bras d'eau, vergers

    Un delta de bras d'eau, de vergers et de marchés flottants, où les bateaux accrochent au bout d'une perche ce qu'ils vendent. ⚠️ Cai Rang, le plus grand, bat son plein entre 5 h et 7 h et s'éteint ensuite : y arriver à 9 h, c'est voir des barques vides. Il faut dormir à Can Tho, pas venir de Saïgon.

    En savoir plus sur Delta du Mékong

    Le delta du Mékong est un réseau de bras d'eau, de canaux et d'îles où l'on circule autant par la rivière que par la route : c'est le grenier à riz du pays, avec trois récoltes par an, et des vergers de fruits tropicaux qui alimentent tout le Vietnam. La vie s'y organise sur l'eau — maisons sur pilotis, marchés flottants, bacs.

    ⚠️ L'horaire du marché flottant est le point qui décide de la réussite de l'étape. Cai Rang, le plus grand, fonctionne comme un marché de gros entre les bateaux : il commence avant l'aube, bat son plein entre cinq et sept heures, et s'éteint ensuite. Y arriver à neuf heures, ce qui est ce qui se passe quand on part de Saïgon le matin même, c'est trouver des barques vides et quelques bateaux à touristes. Il faut dormir à Can Tho la veille et embarquer vers cinq heures.

    Chaque bateau accroche au bout d'une longue perche, appelée cây bẹo, un échantillon de ce qu'il vend — un ananas, un chou, une pastèque — pour être identifié de loin. ⚠️ Le marché décline d'année en année à mesure que les routes se construisent et que le commerce passe par camion : plusieurs marchés flottants du delta ont déjà disparu. Les bras d'eau étroits se parcourent en barque à rames, ce qui est le vrai moment de calme du delta.

    À table

    • Cá kho tộ — le poisson-chat caramélisé au poivre dans un pot en terre, cuisine de famille du delta.
    • Bánh xèo miền Tây — la grande crêpe du delta, plus large et plus fine que celle de Saïgon, garnie de crevettes et de canard.
    • Fruits du verger — durian, mangoustan, ramboutan, longane : les vergers de Cái Bè et de Vĩnh Long se visitent en barque, on goûte sur place.
    • Hủ tiếu Mỹ Tho — la version locale de la soupe de nouilles, servie au petit matin autour du marché.

    Jour 20

    • Marché flottant de Cai Rang au lever du jour, Delta du Mékong, Vietnam
      Marché flottant de Cai Rang au lever du jour Le plus grand marché flottant du delta, en gros : chaque barque hisse sa marchandise en haut d'une perche pour l'annoncer de loin. Il faut partir à 5 h — à 8 h il est fini, et les sorties de la mi-journée ne montrent plus rien.
      En savoir plus

      La perche plantée à l'avant s'appelle le cay beo : on y hisse un échantillon de la cargaison, un chou, un ananas, un régime de bananes, pour l'annoncer à cent mètres. Le code a ses exceptions, connues de tous : ce qui pend au fil à linge est du linge et ne se vend pas, une barque qui n'affiche rien mais qui vend est une cuisine, et une palme accrochée au sommet signifie que c'est la barque elle-même qui est à vendre.

      Le marché rétrécit. Les routes et les ponts ont pris à l'eau le commerce qu'elle portait seule, et le nombre de jonques a beaucoup baissé en une dizaine d'années ; l'État l'a classé au patrimoine immatériel national pour tenter de le retenir. Ce que l'on voit aujourd'hui est déjà une version réduite de ce que décrivaient les guides d'il y a vingt ans.

      Le café et les nouilles se servent de barque à barque, le bol passé au-dessus de l'eau par-dessus le plat-bord : c'est le moment de la sortie. Négocier directement au quai avec les propriétaires plutôt qu'à l'hôtel, et préférer une petite embarcation, qui se faufile entre les jonques là où une grande attend au large. Gilet de sauvetage, le clapot des chalands est réel.

      marché
      7 €
    • Pagode khmère Munirangsyaram, Delta du Mékong, Vietnam
      Pagode khmère Munirangsyaram Le delta a été khmer avant d'être vietnamien, et un million de Khmers krom y vivent encore. La pagode est de rite theravada : toits en pointe, bouddha unique, moines en robe safran — rien à voir avec les pagodes du nord.
      En savoir plus

      Ce qui frappe en entrant, c'est le vide. Là où une pagode du Nord aligne des dizaines de divinités, de bodhisattvas et d'ancêtres, celle-ci n'a qu'un seul Bouddha sur l'autel, assis, et des fresques qui racontent sa vie sur les murs. Dehors, les toits montent en pointes aiguës terminées par des nagas, et les moines portent le safran : ils ne mangent pas après midi et font la quête le matin.

      Le delta a été terre khmère avant d'être vietnamien, et un million de Khmers krom y vivent toujours. La pagode n'est pas seulement un lieu de culte : c'est aussi l'école où les novices apprennent à lire et écrire le khmer, ce qui en fait le point d'appui de toute la communauté. Celle-ci a été fondée dans les années 1940, avant que la ville ne l'enveloppe.

      Trois fêtes valent d'être cherchées : le nouvel an khmer en avril, la fête des ancêtres à l'automne, et celle de la lune, dont les courses de pirogues se disputent surtout dans les provinces voisines. Retirer ses chaussures, couvrir ses épaules, ne pas tourner le dos à l'autel ; une femme ne tend jamais un objet directement à un moine, elle le pose. Si l'endroit donne envie, Tra Vinh et Soc Trang en comptent des dizaines.

      culture
      gratuit
    • Maison-jardin de Binh Thuy, Delta du Mékong, Vietnam
      Maison-jardin de Binh Thuy Maison de notable de 1870, mi-française mi-vietnamienne, avec son carrelage importé et ses orchidées. Elle a servi de décor à L'Amant de Jean-Jacques Annaud. Toujours habitée par la même famille, à la cinquième génération.
      En savoir plus

      Dehors, une façade française : perron à double volée, garde-corps de fonte, arcs et balustres, et un carrelage à motifs importé d'Europe. Dedans, le plan est vietnamien de bout en bout — colonnes de bois de fer, cloisons ajourées sculptées, et au fond la salle des ancêtres avec son autel, qui n'est pas une pièce de musée mais l'endroit où la famille se recueille encore.

      Les propriétaires étaient des collectionneurs de plantes réputés, orchidées et cactées, et le jardin en garde la trace. Un point mérite d'être démêlé : cette maison a bien servi de décor à un film tiré du roman de Marguerite Duras, mais la véritable demeure de l'amant chinois se trouve à Sa Dec, en amont, et se visite également. Les deux sont régulièrement confondues, y compris par des guides.

      C'est la famille qui fait visiter, en direct et sans discours rodé : poser des questions change tout. Demander avant de photographier l'autel, et retirer ses chaussures là où c'est indiqué. La maison est un peu à l'écart du centre de Can Tho et se combine bien avec le retour du marché flottant, en fin de matinée.

      culture
      2 €

    Jour 21

    • Bras d'eau et vergers en barque à rames, Delta du Mékong, Vietnam
      Bras d'eau et vergers en barque à rames On quitte le fleuve pour des canaux larges de trois mètres, sous les nipas. Les arrêts habituels : atelier de bonbons au coco, briqueterie, fabrique de galettes de riz — artisanal, et clairement rodé pour les visiteurs.
      En savoir plus

      On quitte le fleuve, large comme un lac, pour des canaux où les deux rives se touchent presque : au-dessus, les palmiers d'eau referment la voûte, et leurs palmes servent depuis toujours à couvrir les toits. L'eau est ocre de limon, la rameuse est debout à l'arrière et pousse sur des avirons croisés, et l'on n'entend que la pagaie et les oiseaux.

      Ce paysage n'a rien de naturel. Le delta a été percé, drainé et quadrillé à la main de canaux à partir du XIXe siècle, sous les empereurs puis massivement sous l'administration coloniale : les vergers que l'on traverse existent parce que ces axes ont fait descendre l'eau douce et évacuer le sel. Les fruits suivent la saison — ramboutan, longane, mangoustan, durian, pamplemousse.

      La marée remonte très loin à l'intérieur des terres : le niveau des petits canaux change dans la journée et certains passages ne s'ouvrent qu'à certaines heures, ce qui explique que l'itinéraire soit décidé le matin même. Les moustiques arrivent avec le crépuscule sous les palmiers d'eau. La partie à la rame est courte, le reste se fait au moteur : s'asseoir du côté de l'ombre.

      nature
      6 €

    17 € hébergement · 17 € repas · 10 € transport, par jour et par personne · hébergement retenu : Hôtel sur le quai Ninh Kieu, 34 € la nuit.

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  16. Delta du Mékong → Hô Chi Minh-Ville — Bus express par l'autoroute du delta, 3 h 30, 8 € par personne.

Le budget de ces 21 jours

1 612 € par personne pour 21 jours, soit 77 € / jour. À deux, 3 225 € au total.

Répartition du budget par poste, par personne
PosteMontantPart
Hébergement410 €25 %
Repas400 €25 %
Transport sur place59 €4 %
Location de voiture — 21 jours294 €18 %
Billets, vols intérieurs et carburant168 €10 %
Activités282 €17 %

Montants indicatifs, relevés à la main destination par destination. Les billets d'avion ne sont pas compris.

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  • La carte du parcours, avec ses 8 étapes
  • Les étapes jour par jour — activités, durées et prix
  • Le texte complet de chaque étape, déroulé et non replié
  • Le budget ventilé, par poste et par étape
  • Pour chaque étape, le couchage retenu et son lien de réservation
  • Et en dernière page, la liste à réserver avec ses cases à cocher — c'est elle qui remplace le tableur

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