Japon · De Tokyo à Shiretoko
Itinéraire Hokkaido : les 9 étapes possibles et le budget
Hakodate et son fort en étoile, le lac Tōya, Otaru, Sapporo, la lavande de Furano, les volcans du Daisetsuzan, Shiretoko et le lac Akan. L'île du nord, en voiture, de juin à octobre.
Tous les montants de cette page sont par personne et concernent la vie sur place — hébergement, repas, transports, trajets entre étapes, activités. Les billets d'avion ne sont pas compris. Les prix d'hébergement supposent une chambre partagée à deux : à plusieurs, le coût par tête baisse.
Itinéraires tout prêts par durée
Un itinéraire déjà composé, jour par jour :
Le parcours étape par étape
Les étapes sont présentées dans l'ordre conseillé, celui qui limite les allers-retours. Le générateur en retiendra plus ou moins selon ta durée, ton budget et ton style.
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1. Tokyo
L'escale avant le nord, côté quartiers
Tous les vols depuis la France arrivent à Tokyo : on y fait escale avant de monter vers le nord. Pour qui connaît déjà Senso-ji et Shibuya, l'étape propose l'autre Tokyo — ruelles de Kagurazaka, temple aux chats, ravin de Todoroki. ⚠️ Le Shinkansen vers Hakodate part de la gare de Tokyo ; les vols vers Sapporo, de Haneda ou de Narita.
En savoir plus sur Tokyo
Les vols directs depuis Paris atterrissent à Haneda ou à Narita : c'est à Tokyo que commence ce voyage vers Hokkaido, et une ou deux nuits y suffisent pour se remettre du décalage horaire avant de monter vers le nord.
Cette étape ne refait pas le Tokyo d'un premier voyage — Asakusa, Shibuya, le sanctuaire Meiji, ceux de l'itinéraire Japon classique. Elle propose les quartiers où l'on va moins : Kagurazaka, ses ruelles pavées et ses maisons de thé ; Nakameguro, ses cafés le long d'un canal bordé de cerisiers ; Gotokuji, le temple d'où viendrait le chat qui lève la patte ; la vallée de Todoroki, un ravin boisé en pleine ville ; et Odaiba, sur la baie.
⚠️ Tout se fait en métro et en train, avec une carte de transport rechargeable. Pour la suite, le Shinkansen vers Hakodate part de la gare de Tokyo, et les vols vers Sapporo de Haneda ou de Narita. Les services de livraison de bagages, d'un hôtel à l'autre ou vers l'aéroport, évitent de traîner une valise dans le métro. Le Rail Pass de Hokkaido ne couvre pas le Shinkansen.
À table
- Tonkatsu — la côtelette de porc panée et frite, servie tranchée avec du chou cru râpé et une sauce épaisse ; les bonnes maisons ne font que ça.
- Soba — les nouilles de sarrasin, froides avec une sauce à tremper ou chaudes en bouillon ; on les aspire bruyamment, c'est l'usage.
- Oden — légumes, œufs et pâtés de poisson mijotés dans un bouillon léger, servis dans les izakaya et jusque dans les supérettes l'hiver.
- Wagashi — les petites douceurs à base de haricot rouge sucré, servies avec le thé vert, dans les maisons anciennes de Kagurazaka ou d'ailleurs.
Durée et coût par style de voyage à Tokyo Style Nuits Par jour et par personne Routard 1–2 56 € dont 30 € de nuit, 17 € de repas Équilibré 2–2 115 € dont 68 € de nuit, 32 € de repas Confort + 3–3 234 € dont 150 € de nuit, 58 € de repas Que faire à Tokyo
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Kagurazaka, l'ancien quartier des geishas Une rue en pente bordée de boutiques et, derrière elle, des ruelles pavées où subsistent quelques maisons de thé et des restaurants discrets. L'Institut français est tout proche, et l'on entend parler français aux terrasses.marchéEn savoir plus
Kagurazaka monte en pente douce depuis la gare d'Iidabashi. La rue principale est commerçante et ordinaire ; tout se passe dans les ruelles qui s'en détachent, pavées de pierre, assez étroites pour qu'on y marche en file. C'était un quartier de divertissement, et quelques geishas y exercent encore, dans des maisons qu'on ne remarquerait pas sans leur lanterne.
Le quartier a aussi un accent français : l'Institut français est tout proche, et l'on croise boulangeries, bistrots et passants qui parlent français. Sur la rue principale, le petit temple Zenkoku-ji, peint de rouge, est dédié à Bishamon, l'une des divinités du bonheur.
⚠️ Les ruelles sont habitées : on y parle bas, et l'on ne photographie pas les gens qui entrent dans les maisons de thé. Les meilleures adresses n'ont souvent ni vitrine ni enseigne en alphabet latin. Viens en fin de journée, quand les lanternes s'allument.
Gratuit 2 h -
Nakameguro et la rivière Meguro Un canal bordé de cerisiers, de cafés et de petites boutiques, à deux stations de Shibuya. ⚠️ Au printemps, la floraison y attire une foule dense ; le reste de l'année, c'est un quartier calme où l'on flâne.détenteEn savoir plus
La Meguro n'est pas une rivière au sens où on l'entend : c'est un canal étroit entre deux murs de béton. Mais il est bordé sur toute sa longueur de cerisiers qui se rejoignent au-dessus de l'eau, et de petits cafés, de boutiques de créateurs et de galeries installés dans des maisons basses.
Au moment de la floraison, à la fin mars ou au début avril selon les années, le quartier devient l'un des lieux de hanami les plus courus de la ville : des lanternes s'allument le soir sous les branches, et la foule avance au pas sur les deux rives. Le reste de l'année, c'est un quartier calme, où l'on vient boire un café et regarder des vitrines. La grande torréfaction Starbucks Reserve dessinée par Kengo Kuma s'y trouve, au bord de l'eau.
⚠️ En pleine floraison, viens en semaine et tôt, ou accepte la foule. La gare de Nakameguro est à deux stations de Shibuya.
Gratuit 2 h -
Gotokuji, le temple des chats porte-bonheur Un temple de quartier dont les étagères débordent de figurines de chats levant la patte, laissées en offrande ; la tradition y place l'origine du maneki-neko. ⚠️ C'est un lieu de culte : on photographie avec discrétion.cultureEn savoir plus
Gotokuji est un temple zen de quartier, dans une zone résidentielle de Setagaya, avec ses pins taillés et sa pagode de bois. Ce qu'on vient voir est sur le côté : des étagères couvertes de figurines de chats blancs, la patte droite levée, alignées par centaines et déposées en offrande.
La tradition raconte qu'un seigneur de passage, le chef du clan Ii, fut invité d'un geste de la patte par le chat du temple à s'y abriter, juste avant qu'un orage n'éclate. Le clan en fit son temple familial, et plusieurs de ses membres y reposent. Le temple se dit ainsi berceau du maneki-neko, le chat qui appelle la chance — d'autres lieux au Japon revendiquent la même origine.
⚠️ On achète une figurine au bureau du temple et on la dépose quand un vœu s'est réalisé : ce n'est pas un décor. Photographie avec discrétion. Le temple se rejoint par le petit tramway de Setagaya ou par la ligne Odakyu.
Gratuit 1 h -
Vallée de Todoroki, un ravin en pleine ville Un sentier qui suit un ruisseau au fond d'un ravin boisé, à quelques minutes d'une gare de banlieue, jusqu'à un petit temple et sa cascade. ⚠️ Le sentier est court mais glissant après la pluie.natureEn savoir plus
À quelques minutes de la gare de Todoroki, dans un quartier résidentiel sans charme particulier, un escalier descend sous un pont rouge et l'on se retrouve au fond d'un ravin boisé. Un sentier suit un ruisseau sous de grands arbres ; la ville disparaît, on n'entend plus que l'eau. On la présente souvent comme la seule vallée naturelle des vingt-trois arrondissements de Tokyo.
Le sentier finit au pied du temple de Todoroki Fudōson, perché au-dessus du ravin, avec une petite cascade où l'on venait autrefois se purifier. Quelques tombes anciennes creusées dans la paroi jalonnent le chemin.
⚠️ La promenade est courte, à faire en complément d'un autre quartier. Le sentier est glissant après la pluie, et les moustiques sont nombreux en été. Évite les jours de forte pluie : le ruisseau monte vite.
Gratuit 1 h 30 -
Odaiba, la baie et le pont Rainbow Une île artificielle de la baie de Tokyo, rejointe par un petit train automatique qui passe au-dessus de l'eau, avec une plage où l'on ne se baigne pas et la vue sur la ville le soir.détenteEn savoir plus
Odaiba doit son nom aux batteries d'artillerie construites dans la baie au milieu du XIXᵉ siècle, quand les navires américains du commodore Perry sont venus forcer l'ouverture du Japon. L'île est aujourd'hui une vaste plateforme gagnée sur la mer, couverte de centres commerciaux, de musées et de bureaux, et l'on voit encore l'une des anciennes batteries, devenue un parc.
Le trajet compte autant que la destination : le Yurikamome, un petit train sans conducteur, traverse la baie en boucle par le pont Rainbow, et le premier wagon offre la vue de face. Sur place, une plage de sable fait face à la ville, avec une réplique de la statue de la Liberté ; on ne s'y baigne pas. Un robot géant de l'univers Gundam se dresse devant l'un des centres commerciaux.
⚠️ Viens en fin d'après-midi et reste jusqu'à la nuit : c'est le moment où la baie et les tours s'allument. Le pont se traverse aussi à pied par une passerelle, fermée certains jours.
Gratuit 2 h 30
Où dormir à Tokyo
- Appartement à Nakameguro appartement premium 215 € / nuit
- Hôtel d'affaires près d'une gare JR hotel confort 115 € / nuit
- Lit en capsule près de la gare de Tokyo auberge routard 32 € / nuit
- Chambre chez l'habitant à Nakano habitant routard 70 € / nuit
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2. Hakodate
Un fort en étoile, une colline d'églises et une vue de nuit célèbre
Le port du sud de l'île, l'un des premiers du Japon ouverts aux étrangers : églises sur la colline de Motomachi, fort en étoile de Goryokaku et vue de nuit depuis le mont Hakodate. ⚠️ Le Shinkansen s'arrête à Shin-Hakodate-Hokuto, à une vingtaine de minutes de train du centre.
En savoir plus sur Hakodate
Hakodate est la porte sud de Hokkaido, et la ville où l'île a rencontré l'Occident. Son port a été l'un des premiers du Japon ouverts aux navires étrangers au milieu du XIXᵉ siècle, et les consuls, les marchands et les missionnaires ont laissé sur la colline de Motomachi un quartier qui ne ressemble à aucun autre : une église orthodoxe aux toits verts, une église anglicane, une église catholique et l'ancien hôtel public peint en bleu et jaune, à quelques rues les uns des autres, face à la baie.
En ville, le fort de Goryokaku dessine une étoile à cinq branches entourée de douves, bâtie à la fin de l'époque d'Edo sur des plans occidentaux. C'est là que s'est achevée en 1869 la guerre de Boshin, entre les derniers fidèles du shogun et le nouveau gouvernement impérial. Le fort est aujourd'hui un parc planté de cerisiers, et l'on ne comprend sa forme que d'en haut, depuis la tour voisine.
⚠️ Le soir, tout le monde monte au mont Hakodate : la ville s'y voit étranglée entre deux baies, comme un sablier lumineux. Le brouillard la cache souvent, et la foule est dense au coucher du soleil. Le Shinkansen arrive à Shin-Hakodate-Hokuto, hors de la ville ; un train de correspondance rejoint la gare centrale, et le centre se parcourt en tramway.
À table
- Ika sōmen — le calmar cru taillé en fils fins comme des nouilles, servi avec une sauce au soja et du gingembre ; Hakodate est la ville du calmar, pêché de nuit à la lumière des lampes des bateaux.
- Shio ramen — le ramen de Hakodate est au sel : un bouillon clair et léger, à l'opposé du miso épais de Sapporo.
- Kaisen-don du marché du matin — le bol de riz couvert d'oursin, d'œufs de saumon et de crabe, servi dans les échoppes autour de la gare.
- Lucky Pierrot — la chaîne de burgers qui n'existe que dans la région de Hakodate ; son burger au poulet frit à la chinoise est la spécialité, et l'enseigne fait partie du plat.
- Yakitori bento — à Hakodate, le « yakitori » est du porc grillé, posé sur du riz dans les supérettes de la chaîne locale Hasegawa Store.
Durée et coût par style de voyage à Hakodate Style Nuits Par jour et par personne Routard 1–2 51 € dont 28 € de nuit, 16 € de repas Équilibré 2–2 104 € dont 62 € de nuit, 30 € de repas Confort + 3–3 213 € dont 135 € de nuit, 56 € de repas Que faire à Hakodate
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Motomachi, la colline des églises Des rues en pente qui descendent vers la baie, bordées d'églises orthodoxe, anglicane et catholique et de maisons de bois à l'occidentale, souvenir des consulats et des marchands étrangers.marchéEn savoir plus
L'église orthodoxe descend de la chapelle du consulat de Russie. C'est là qu'est arrivé en 1861 un jeune prêtre russe, Nicolas Kassatkine, qui allait fonder l'Église orthodoxe du Japon et être canonisé sous le nom de saint Nicolas du Japon. L'édifice actuel, blanc aux toits verts, date de 1916, après un incendie. Les habitants l'appelaient « Gangan-dera », le temple qui fait gan-gan, pour le son de ses cloches, retenu parmi les cent paysages sonores du Japon.
Le quartier mêle les deux mondes jusque dans ses maisons. Beaucoup de demeures de marchands sont japonaises au rez-de-chaussée, avec leurs portes coulissantes, et occidentales à l'étage, avec leurs fenêtres à guillotine et leurs couleurs pastel : un style propre à Hakodate. L'ancien consulat britannique, à côté du parc de Motomachi, se visite et abrite un salon de thé.
⚠️ Les pentes sont raides : commence par le haut et descends vers le port, que longe le tramway. Hachiman-zaka, la plus célèbre, file tout droit jusqu'à l'eau. Les églises sont des lieux de culte : on n'y entre pas pendant les offices. La gare du téléphérique du mont Hakodate est à deux pas, pour enchaîner avec la vue de nuit.
Gratuit 2 h -
Marché du matin de Hakodate Des centaines d'échoppes près de la gare, de crabes, d'oursins et de calmars vivants ; dans un des bassins, on pêche soi-même son calmar, découpé aussitôt en sashimi. ⚠️ Il se vit le matin : l'après-midi, une partie des étals a fermé.marchéEn savoir plus
Le marché est né au lendemain de la guerre, quand paysans et pêcheurs venaient vendre leurs produits près de la gare, en marge du rationnement. Il en a gardé le désordre d'échoppes serrées sous des auvents, et les vendeurs qui t'interpellent en te tendant un morceau de crabe à goûter. On y trouve les trois crabes de Hokkaido — le crabe poilu, le crabe royal et le crabe des neiges —, l'oursin et les œufs de saumon.
Le calmar est la fierté de la ville, et c'est ici qu'on le mange le plus frais : découpé si vite qu'il remue encore quand on verse la sauce soja, un simple réflexe des muscles qui surprend toujours. Mais il se fait rare : les prises se sont effondrées ces dernières années, et certains jours le bassin de pêche est vide. Pour manger assis, l'allée Donburi Yokochō aligne de petits restaurants de bols de riz aux fruits de mer.
⚠️ Le prix des crabes et de l'oursin dépend du poids et de la saison, et il n'est pas toujours affiché : demande-le avant qu'on découpe quoi que ce soit, car une fois préparé, c'est payé. Les étals les plus insistants ne sont pas les moins chers ; à quelques pas, une échoppe plus discrète fait souvent mieux.
Gratuit 1 h 30 -
Mont Hakodate en téléphérique, la vue de nuit La ville vue d'en haut, étranglée entre deux baies, qui s'allume en forme de sablier à la tombée de la nuit. ⚠️ Le brouillard la cache souvent et la foule est dense au coucher du soleil ; le téléphérique ferme pour sa révision annuelle de la fin octobre au début novembre.détenteEn savoir plus
Le mont Hakodate ne culmine qu'à 334 mètres, mais il se dresse seul au bout de la ville. C'était autrefois une île volcanique, que les sables charriés par la mer ont fini par rattacher à la terre ferme : Hakodate est bâtie sur cette langue de sable, d'où sa taille de guêpe entre les deux baies. En été, au large, les lampes des bateaux qui pêchent le calmar de nuit piquent parfois la mer de points blancs.
Cette vue a longtemps été interdite. De la fin du XIXᵉ siècle à la fin de la Seconde Guerre mondiale, le mont était une forteresse qui gardait le détroit de Tsugaru : on n'y montait pas, et l'on n'avait le droit ni de le photographier ni de le dessiner. Les ruines des batteries d'artillerie sont toujours là, dans la forêt, le long des sentiers du sommet.
⚠️ Monte avant le coucher du soleil pour avoir une place à la rambarde et voir la ville s'allumer ; à la nuit tombée, c'est la file de la descente qui s'allonge. Le soir, pendant la belle saison, la route du sommet est fermée aux voitures particulières : restent le téléphérique, le car ou la marche. Emporte une veste, le vent souffle fort là-haut, même en été.
11 € 1 h 30 -
Tour de Goryokaku et le fort en étoile Depuis l'observatoire de la tour, le fort de Goryokaku apparaît enfin en entier : une étoile à cinq branches cernée de douves, bâtie à la fin de l'époque d'Edo. En bas, le fort est un parc libre d'accès, planté de cerisiers.cultureEn savoir plus
Goryōkaku veut dire « le fort aux cinq pointes ». Il a été dessiné par Takeda Ayasaburō, un savant formé aux sciences occidentales, sur le modèle des forteresses bastionnées d'Europe : chaque pointe permet aux canons de battre le pied des remparts voisins, sans angle mort. Achevé en 1864, il devait abriter le gouvernement de la région.
Il n'a servi qu'une fois. En 1868, les derniers fidèles du shogun, menés par Enomoto Takeaki, qui commandait sa flotte, s'en emparent et y fondent un gouvernement éphémère, qu'on a appelé la république d'Ezo. Des officiers français, dont Jules Brunet, combattent à leurs côtés. Hijikata Toshizō, l'ancien vice-commandant du Shinsengumi, meurt dans les combats de Hakodate, et le fort se rend quelques jours plus tard, en 1869.
⚠️ Monte d'abord à la tour, puis descends marcher dans le fort : d'en bas, on ne voit que des talus et des douves. Devant la porte principale, un îlot triangulaire protège l'entrée : c'est la seule demi-lune construite, les autres ayant été abandonnées faute de moyens. Au printemps, vers la fin avril ou le début mai, les cerisiers dessinent l'étoile en rose.
7 € 1 h 30 -
Magistrat de Hakodate, au cœur du fort Le siège du gouvernement de la région à la fin de l'époque d'Edo, reconstruit au centre du fort de Goryokaku selon les techniques de charpenterie traditionnelles et rouvert en 2010.cultureEn savoir plus
Le premier bureau du magistrat se trouvait au pied du mont Hakodate, à l'emplacement de l'actuel parc de Motomachi, à portée des canons des navires mouillés dans la baie. C'est pour l'éloigner du port qu'on a bâti le fort, dont il occupait le centre. La république d'Ezo en a fait son quartier général ; il a été démoli au début de l'ère Meiji, et il n'est resté qu'un terrain vide au milieu des douves pendant plus d'un siècle.
La reconstruction s'est appuyée sur des photographies anciennes, des plans d'époque et des fouilles, et seule une partie de l'édifice a été relevée. Les grandes salles à tatamis en enfilade restituent le décor où les fonctionnaires du shogun administraient Ezo, l'ancien nom de Hokkaido. D'autres salles racontent le chantier lui-même et les savoir-faire des charpentiers et des couvreurs qu'il a fallu retrouver.
⚠️ Les salles se parcourent sans chaussures, comme toute pièce à tatamis. Fais la tour de Goryokaku avant : de là-haut, on voit le bâtiment à sa place au milieu de l'étoile, coiffé de son petit beffroi, et la visite prend tout son sens.
3 € 1 h -
Ancien hôtel public de Hakodate Un grand bâtiment de bois à l'occidentale de 1910, peint en bleu et jaune, dont le balcon domine le port depuis le haut de Motomachi. ⚠️ Il ferme quelques jours par an pour entretien, en plus des fêtes de fin d'année.cultureEn savoir plus
Le bâtiment a remplacé l'ancienne maison commune de la ville, détruite par le grand incendie de 1907, et sa construction a été financée en grande partie par un riche marchand de Hakodate, Sōma Tetsuhei. Il résume l'époque où la ville se voulait occidentale : colonnes, balcons à balustres, et à l'étage un grand salon où l'on donne encore des concerts.
En 1911, le prince héritier, futur empereur Taishō, y a séjourné lors de sa tournée à Hokkaido, et les appartements préparés pour lui se visitent. Le bâtiment est classé bien culturel important du Japon ; une longue restauration, achevée en 2021, l'a renforcé contre les séismes.
⚠️ On peut y louer des robes et des costumes à l'occidentale de l'époque pour se faire photographier dans les salons et sur le balcon : c'est l'activité favorite des visiteurs japonais, et il faut parfois attendre son tour. Du balcon, la vue porte sur les toits de Motomachi, le port et la baie ; c'est le point de départ logique pour descendre la colline à pied, d'église en église.
2 € 45 min
Où dormir à Hakodate
- Hôtel avec bains à Yunokawa Onsen hotel premium 230 € / nuit
- Appartement près de la baie appartement confort 110 € / nuit
- Hôtel d'affaires près de la gare hotel confort 95 € / nuit
- Lit en dortoir près de la gare auberge routard 30 € / nuit
- Chambre chez l'habitant près de Motomachi habitant routard 65 € / nuit
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3. Lac Tōya et Noboribetsu
Un lac de cratère, des volcans vivants et la vallée de l'enfer
Un grand lac rond dans une caldeira, une île au milieu, et sur sa rive sud deux volcans actifs, l'Usu et le Showa-shinzan, né dans un champ pendant la guerre. Noboribetsu et sa vallée de fumerolles sont à une heure à l'est. ⚠️ Upopoy, le musée aïnou, est à Shiraoi, une vingtaine de minutes plus loin.
En savoir plus sur Lac Tōya et Noboribetsu
Le lac Tōya remplit une caldeira presque ronde, avec une île boisée en son centre, Nakajima, où l'on débarque en bateau l'été. La station thermale de Tōyako s'étire sur sa rive sud, au pied du volcan Usu, l'un des plus actifs de Hokkaido : son éruption de 2000 a détruit une partie du bourg, et les ruines ont été laissées en place le long de sentiers. Le Showa-shinzan, à côté, est un volcan sorti d'un champ de blé entre 1943 et 1945, sous les yeux des habitants.
Noboribetsu, à une heure à l'est, est la plus connue des stations thermales de l'île. Au-dessus des hôtels, Jigokudani, la vallée de l'enfer, est un ancien cratère d'où montent fumerolles et eaux bouillonnantes, parcouru par des passerelles ; plus loin, une rivière d'eau chaude descend du lac Oyunuma, et l'on s'y trempe les pieds dans la forêt. Les démons sont la mascotte de la station.
⚠️ Upopoy, le musée national aïnou, est à Shiraoi, encore plus à l'est, sur la route de l'aéroport : c'est le grand lieu consacré au peuple autochtone de Hokkaido, ouvert en 2020, et il mérite une demi-journée. La voiture relie tout ; sans elle, le train s'arrête à la gare de Tōya, à un quart d'heure de car du lac.
À table
- Wakasaimo — la douceur de Tōyako en forme de patate douce, faite de pâte de haricots sucrée, vendue dans les boutiques de la rive.
- Yakitori de Muroran — des brochettes de porc et d'oignon servies avec de la moutarde jaune, la fierté de la ville industrielle voisine de Noboribetsu.
- Curry ramen de Muroran — des nouilles dans un bouillon au curry, l'autre plat de la même ville.
- Bœuf de Shiraoi — l'un des bœufs wagyu de Hokkaido, élevé autour de Shiraoi, en grillades dans les restaurants de la route d'Upopoy.
Durée et coût par style de voyage à Lac Tōya et Noboribetsu Style Nuits Par jour et par personne Routard 1–1 59 € dont 34 € de nuit, 17 € de repas Équilibré 2–2 121 € dont 75 € de nuit, 32 € de repas Confort + 3–3 254 € dont 170 € de nuit, 60 € de repas Que faire à Lac Tōya et Noboribetsu
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Showa-shinzan, le volcan né dans un champ Un dôme de lave rouge brique, encore fumant, sorti d'un champ de blé entre 1943 et 1945 ; le chef du bureau de poste du village a dessiné sa croissance jour après jour. On le voit de son pied, d'où part le téléphérique.natureEn savoir plus
Le chef de poste qui a dessiné sa naissance s'appelait Masao Mimatsu. Le Japon était en guerre : un volcan surgi de terre passait pour un mauvais présage et pour une information utile à l'ennemi, les autorités ont tenu l'affaire secrète, et aucun scientifique n'est venu l'étudier. Mimatsu a noté seul sa croissance, depuis le même point d'observation, pendant des mois. Son relevé, présenté à un congrès international à Oslo en 1948, est resté célèbre sous le nom de « diagramme de Mimatsu ».
L'éruption terminée, il a racheté les terrains de ses deniers pour protéger le volcan, qui est toujours une propriété privée. Le Showa-shinzan est classé monument naturel spécial, le plus haut rang de protection d'un site naturel au Japon. Un petit musée à son nom, au pied du dôme, montre ses dessins.
⚠️ Il est interdit de grimper sur le dôme, encore chaud par endroits : on le regarde depuis le parking et les abords du téléphérique. Le site est envahi à la mi-journée, quand les cars arrivent ; tôt le matin, on l'a presque pour soi.
Gratuit 45 min -
Feux d'artifice du lac, chaque soir Chaque soir de la fin avril à la fin octobre, des feux d'artifice sont tirés au-dessus du lac pendant une vingtaine de minutes. On les regarde gratuitement du bord de l'eau, depuis la rive de la station thermale.détenteEn savoir plus
Le spectacle ne part pas d'un point fixe : les fusées sont tirées d'un bateau qui longe lentement la rive de la station thermale, si bien que chacun, du ponton, de la promenade ou de sa fenêtre d'hôtel, les voit passer devant lui. Ils sont plus courts que ceux des grands festivals d'été du Japon, mais ils sont tirés chaque soir de la saison depuis le début des années 1980, et ils rythment la vie de Tōyako Onsen.
C'est le moment où la station sort dans la rue : beaucoup de clients des hôtels descendent au bord de l'eau en yukata, le kimono de coton prêté par l'établissement, entre le dîner et le bain. Les chambres côté lac donnent directement sur le tir.
⚠️ Le tir est annulé par grand vent ou mauvais temps. Le soir, il fait frais au bord de l'eau, même en août : emporte une couche de plus. Si tu réserves un hôtel pour l'occasion, demande une chambre face au lac.
Gratuit 30 min -
Jigokudani, la vallée de l'enfer de Noboribetsu Un ancien cratère aux parois ocre et jaunes, troué de fumerolles et de mares bouillonnantes, que des passerelles traversent ; un sentier continue vers le lac Oyunuma et une rivière chaude où l'on se trempe les pieds. ⚠️ L'accès est libre, le parking payant.natureEn savoir plus
Jigokudani est un cratère d'explosion du volcan Kuttara, et c'est lui qui alimente la station. Les hôtels y puisent des eaux de natures différentes, soufrées, ferrugineuses ou salées, ce qui a fait la réputation de Noboribetsu : on change d'eau en changeant de bassin. Le nom de la ville vient de l'aïnou nupur-pet, « la rivière trouble », pour l'eau laiteuse que le ruisseau thermal porte jusqu'à la rivière.
Au bout de la passerelle principale, le Tessen-ike, « l'étang de la source de fer », bouillonne et jaillit par intermittence. Plus loin, le lac Oyunuma fume en permanence : sa surface est déjà brûlante, et son fond bien plus chaud encore. En bas de la station, sur la rue commerçante, un Enma mécanique, le roi des enfers, change de visage à heures fixes.
⚠️ Reste sur les passerelles et les sentiers balisés : le sol est chaud, instable, et les gaz s'accumulent dans les creux. L'odeur de soufre imprègne les vêtements. Viens tôt le matin, avant les cars, ou à la tombée du jour ; le sentier d'Oyunuma traverse une forêt où vit l'ours, et les panneaux d'alerte sont à prendre au sérieux.
Gratuit 1 h 30 -
Mont Usu en téléphérique Une cabine monte au-dessus du Showa-shinzan jusqu'à une terrasse face au lac Tōya, puis un sentier mène au bord du cratère, encore fumant. ⚠️ Prévoir une veste : il fait nettement plus frais en haut qu'au bord du lac.natureEn savoir plus
L'Usu est l'un des volcans les plus actifs et les plus surveillés du Japon : il est entré en éruption quatre fois au XXᵉ siècle, en 1910, en 1943, en 1977 et en 2000. Depuis la terrasse du sommet, on voit à ses pieds le Showa-shinzan, né de la deuxième, et en face le lac Tōya et son île ; par temps clair, le cône régulier du mont Yōtei, qu'on surnomme le « Fuji d'Ezo », ferme l'horizon.
Le sentier qui suit mène au-dessus du cratère Ginnuma, ouvert par l'éruption de 1977, d'où montent encore des fumées. Celle de 2000 est restée un cas d'école : annoncée par les volcanologues, elle a été précédée de l'évacuation de toute la population des environs, et n'a fait aucune victime. Le secteur est inscrit au réseau des géoparcs mondiaux de l'Unesco.
⚠️ Le sentier du cratère est fait de marches et de passerelles, raide par endroits : de bonnes chaussures suffisent, mais il ferme l'hiver et par mauvais temps. Le sommet est souvent dans les nuages quand le lac est au soleil ; regarde la montagne depuis le parking avant d'acheter ton billet.
12 € 1 h 30 -
Croisière sur le lac et l'île de Nakajima Un bateau fait le tour des îles du centre du lac et s'arrête à Nakajima, où un sentier traverse la forêt ; des cerfs y vivent en liberté. ⚠️ L'arrêt sur l'île n'existe qu'en saison, de la fin avril à la fin octobre.natureEn savoir plus
Le lac Tōya occupe le cratère d'un volcan effondré sur lui-même il y a plus de cent mille ans, et les îles du centre sont des dômes de lave nés bien plus tard. Elles sont quatre, regroupées sous le nom de Nakajima, « l'île du milieu », et l'on ne débarque que sur la plus grande. Le lac ne gèle pas l'hiver, ce qui est rare à cette latitude.
Le bateau lui-même fait sourire, avec son allure de château médiéval. Sur l'île, un sentier traverse la forêt, et un petit musée forestier raconte l'histoire des cerfs, introduits au siècle dernier : sans prédateur, ils se sont multipliés au point de dévorer le sous-bois. Sur la crête qui domine le lac, l'hôtel perché que l'on aperçoit depuis le pont a accueilli en 2008 le sommet du G8.
⚠️ Si tu descends sur l'île, demande à l'embarquement quel bateau te ramènera, pour ne pas écourter le sentier ni rester à quai. Sur le pont, le vent du lac est frais, même en plein été : garde une couche de plus.
11 € 1 h 30 -
Upopoy, le musée national aïnou Un musée national, un village de maisons traditionnelles et une salle de spectacle au bord d'un lac, consacrés aux Aïnous, le peuple autochtone de Hokkaido ; on y voit les danses inscrites au patrimoine immatériel de l'Unesco. ⚠️ Fermé le lundi ; certains ateliers se paient en plus de l'entrée.cultureEn savoir plus
Upopoy signifie « chanter ensemble » en aïnou. Le lieu a ouvert en 2020, un an après la loi qui a reconnu pour la première fois les Aïnous comme peuple autochtone du Japon. Dans le musée, l'aïnou est la première langue des panneaux, avant le japonais et l'anglais : un choix délibéré pour une langue qui n'a presque plus de locuteurs. On y voit les vêtements tissés de fibre d'écorce d'orme, brodés de motifs en volutes, les outils de chasse et de pêche, et la vie d'un peuple qui commerçait avec Sakhaline et le continent.
Le site porte aussi une mémoire plus sombre. Sur la colline qui domine le lac Poroto, un mémorial abrite les restes d'Aïnous exhumés pendant des décennies par des chercheurs d'universités japonaises, sans l'accord des familles, et qui attendent d'être rendus aux communautés.
⚠️ Les spectacles de danse et de musique ont des places limitées : renseigne-toi sur les séances dès ton arrivée et réserve ta place avant de commencer le musée. Upopoy se rejoint à pied depuis la gare de Shiraoi, et il est sur la route de New Chitose : c'est une bonne dernière halte avant l'avion.
7 € 3 h
Où dormir à Lac Tōya et Noboribetsu
- Ryokan face au lac, dîner compris hotel premium 320 € / nuit
- Hôtel au bord du lac avec bain thermal hotel confort 150 € / nuit
- Hôtel thermal à Noboribetsu hotel confort 160 € / nuit
- Chambre dans une pension de Tōyako Onsen habitant routard 75 € / nuit
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4. Otaru
Un canal de pierre, des verreries et le whisky de Yoichi
L'ancien grand port marchand de Hokkaido, ses entrepôts de pierre le long d'un canal et ses banques du début du XXᵉ siècle, aujourd'hui pleins de verreries et de boîtes à musique. ⚠️ La distillerie de Yoichi est à vingt-cinq minutes de train, le cap Kamui à une heure et demie de route.
En savoir plus sur Otaru
Otaru a été, au début du XXᵉ siècle, la grande porte maritime de Hokkaido : le hareng et le charbon y ont fait affluer les banques et les maisons de négoce, au point qu'on surnommait sa grande rue la « Wall Street du Nord ». Les façades de pierre de cette époque sont toujours là, devenues hôtels, restaurants ou musées. La ville reste un port : des ferries de nuit en partent encore vers Honshū.
Le canal, achevé en 1923, servait à décharger les navires vers les entrepôts. Quand on a voulu le combler pour y faire passer une route, les habitants se sont battus pendant des années ; une partie a été comblée, le reste aménagé en promenade, éclairée de réverbères à la tombée du jour. Derrière, la rue Sakaimachi aligne les verreries et les boutiques de boîtes à musique.
⚠️ Otaru se visite souvent en une journée depuis Sapporo, à une demi-heure de train ; y dormir permet de voir le canal sans la foule, le soir et le matin. C'est aussi la base pour Yoichi, où Nikka a ouvert en 1934 sa première distillerie de whisky, et pour la péninsule de Shakotan, sa mer d'un bleu intense et ses falaises, à condition d'avoir une voiture.
À table
- Sushi d'Otaru — la rue des sushis, près du canal, aligne des comptoirs qui servent le poisson et les fruits de mer de la mer du Japon ; l'oursin de Shakotan arrive l'été.
- Ankake yakisoba — des nouilles sautées croustillantes nappées d'une sauce épaisse aux légumes et aux fruits de mer, le plat populaire de la ville.
- Double fromage — le gâteau au fromage à deux couches, l'une cuite, l'autre crue, né à la pâtisserie LeTAO d'Otaru.
- Whisky de Yoichi — le single malt de la distillerie Nikka, distillé dans des alambics chauffés au charbon ; la dégustation est comprise dans la visite guidée.
Durée et coût par style de voyage à Otaru Style Nuits Par jour et par personne Routard 1–1 53 € dont 30 € de nuit, 17 € de repas Équilibré 2–2 110 € dont 66 € de nuit, 32 € de repas Confort + 3–3 220 € dont 140 € de nuit, 58 € de repas Que faire à Otaru
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Le canal d'Otaru et ses entrepôts Le canal bordé d'entrepôts de pierre du début du XXᵉ siècle, sauvé par ses habitants quand on a voulu le combler. Les réverbères s'allument à la tombée du jour, le meilleur moment pour y marcher.marchéEn savoir plus
Le canal n'a pas été creusé dans la terre : on l'a obtenu en remblayant la mer devant le rivage, et en laissant un chenal entre la côte et ce nouveau terrain. C'est pour cela qu'il est courbe et suit l'ancienne ligne de côte. Des barges y faisaient la navette entre les navires ancrés au large et les entrepôts, bâtis en pierre autour d'une charpente de bois et couverts de tuiles.
Le compromis trouvé après la bataille des habitants a coupé le canal en deux. Au sud, la partie la plus connue a été réduite de moitié en largeur et bordée d'une promenade ; au nord, le canal a gardé sa largeur d'origine, ses bateaux de pêche et des entrepôts moins restaurés. En février, la fête des chemins de lumière y fait flotter des bougies sur l'eau.
⚠️ La vue classique se prend depuis le pont Asakusa, près du débouché de la grande rue qui descend de la gare, envahie en milieu de journée. Marche jusqu'au canal nord pour retrouver le calme, et reviens quand les réverbères s'allument : le reflet des entrepôts dans l'eau est la meilleure image d'Otaru. Une petite croisière parcourt aussi le canal et ressort dans le port.
Gratuit 1 h 30 -
Sakaimachi, verreries et boîtes à musique La rue des anciennes maisons de négoce, reconverties en verreries, en ateliers de verre soufflé et en boutiques de boîtes à musique ; elle finit au carrefour de l'horloge à vapeur.marchéEn savoir plus
Le verre d'Otaru est né du hareng et de la nuit. Avant l'électricité, la ville fabriquait des lampes à pétrole pour les maisons et des flotteurs de verre pour soutenir les filets des pêcheurs ; Kitaichi, la plus grande maison de la rue, a commencé ainsi au tout début du XXᵉ siècle. L'un de ses anciens entrepôts est devenu un café éclairé par plus d'une centaine de lampes à pétrole.
La rue finit au carrefour Marchen, devant le musée des boîtes à musique, installé dans un bâtiment de brique. L'horloge à vapeur plantée devant est la sœur de celle du quartier de Gastown, à Vancouver, et l'œuvre du même horloger canadien : elle siffle une mélodie à intervalles réguliers, et la foule se rassemble pour l'entendre. LeTAO, la pâtisserie du double fromage, a sa maison mère au même carrefour.
⚠️ Les ateliers où l'on souffle son propre verre se réservent à l'avance. Arrive tôt : à partir de la fin de matinée, les cars remplissent la rue, et les boutiques ferment en début de soirée. Pour rapporter du verre, garde-le en cabine, bien emballé, plutôt qu'en soute.
Gratuit 2 h -
Distillerie Nikka de Yoichi La distillerie fondée en 1934 par Masataka Taketsuru, qui avait appris le whisky en Écosse : alambics chauffés au charbon, chais de pierre et maison du fondateur. ⚠️ La visite guidée est gratuite mais se réserve, et elle n'est donnée qu'en japonais ; sans réservation, on ne voit qu'une partie du site.cultureEn savoir plus
Masataka Taketsuru venait d'une famille de brasseurs de saké de la région d'Hiroshima. Parti étudier la chimie à Glasgow en 1918, il a appris le métier dans des distilleries écossaises et il est rentré au Japon avec une épouse écossaise, Rita. Il a d'abord dirigé la distillerie de Yamazaki pour le futur Suntory, puis il a choisi Yoichi pour la sienne : un climat froid et humide, la mer, la tourbe, ce qui ressemblait le plus à l'Écosse.
En attendant que le whisky vieillisse, la société a vécu de jus de pomme : elle s'appelait Dai Nippon Kajū, la « grande société japonaise des jus de fruits », et Nikka vient de là. Le four de maltage coiffé d'un toit en pagode, les chais de pierre et la maison du couple, déplacée sur le site, sont protégés au titre du patrimoine. « Massan », le feuilleton de la télévision publique tiré de leur histoire, a fait affluer les visiteurs japonais.
⚠️ Au Japon, la tolérance pour l'alcool au volant est quasi nulle, et le passager qui monte avec un conducteur ivre est poursuivi lui aussi : si tu es venu en voiture, le conducteur ne goûte rien. Le plus simple est le train depuis Otaru ; la distillerie est à quelques pas de la gare de Yoichi.
Gratuit 1 h 30 -
Cap Kamui, péninsule de Shakotan Un sentier de crête sur une pointe rocheuse, au-dessus d'une mer d'un bleu intense ; à l'entrée, une porte rappelle que l'accès a longtemps été interdit aux femmes. ⚠️ Le sentier ferme par grand vent et l'hiver ; compter une heure et demie de route depuis Otaru.natureEn savoir plus
Kamui veut dire « dieu » en aïnou, et la porte du sentier porte une légende. La tradition raconte que Charenka, une jeune Aïnoue, s'était éprise du héros Minamoto no Yoshitsune, réfugié à Ezo selon un vieux récit ; à son départ, elle se serait jetée du cap et changée en rocher, maudissant tout navire qui porterait une femme. L'aiguille qui sort de l'eau au bout de la pointe, le Kamui-iwa, serait ce rocher. L'interdit fait aux femmes n'a été levé qu'au milieu du XIXᵉ siècle.
Le sentier qui suit l'arête porte son nom, le chemin de Charenka, et mène jusqu'au phare au-dessus d'une eau que les Japonais appellent le « bleu de Shakotan », transparente jusqu'au fond des criques. Sur la route, la côte de Shimamui, une crique que l'on atteint par un court tunnel creusé autrefois pour les pêcheurs de hareng, vaut l'arrêt.
⚠️ Il n'y a aucune ombre sur l'arête, et le vent peut y être violent : coupe-vent et chaussures fermées. La porte du sentier ferme bien avant la nuit, et plus tôt hors saison. De juin à août, la saison de l'oursin, les restaurants de la côte servent le bol d'oursins frais de Shakotan, que beaucoup viennent chercher autant que la vue.
Gratuit 4 h -
Sushi et fruits de mer d'Otaru La rue des sushis aligne des dizaines de comptoirs, et le petit marché Sankaku, collé à la gare, sert des bols de fruits de mer dès le matin.marchéEn savoir plus
Otaru a fait fortune avec le hareng : à la fin du XIXᵉ siècle, les bancs qui remontaient la côte chaque printemps ont enrichi les armateurs, qui se sont fait bâtir de grandes demeures face à la mer. Le hareng a déserté ces eaux au milieu du XXᵉ siècle, mais la ville a gardé le goût des produits de la mer, et un nombre de comptoirs à sushis sans rapport avec sa taille.
On y mange la pêche de la mer du Japon : oursin, œufs de saumon, coquilles Saint-Jacques, et deux spécialités qu'on trouve moins ailleurs, la squille, ce crustacé plat qu'Otaru pêche au printemps et à l'automne, et le hokke, un poisson ouvert en deux et grillé entier, le classique des tavernes de l'île. Le marché Sankaku, collé à la gare, doit son nom, « le triangle », à sa forme.
⚠️ Sur certaines cartes, l'oursin, le crabe ou l'assortiment du chef sont marqués « prix du marché », sans montant : demande avant de commander. Au comptoir, on peut commander pièce par pièce ; la sauce soja se pose sur le poisson, jamais sur le riz, et le chef a souvent déjà glissé le wasabi.
Gratuit 1 h 30 -
Mont Tengu en téléphérique Un téléphérique monte au-dessus de la ville jusqu'à un belvédère sur le port, la baie d'Ishikari et les montagnes ; c'est la vue de nuit d'Otaru. ⚠️ Service d'été de la fin avril au début novembre, puis station de ski l'hiver.détenteEn savoir plus
Le mont porte le nom du tengu, le génie des montagnes au long nez rouge des légendes japonaises, et il en a fait sa mascotte. Au sommet, un pavillon expose une collection de masques de tengu venus de tout le pays, et une statue au nez démesuré attend les visiteurs : la tradition veut qu'on lui frotte le nez en faisant un vœu.
La vue est celle qui fait comprendre la ville : le port en contrebas, la grande rue qui descend de la gare jusqu'au canal, les collines qui enserrent Otaru et, par temps clair, la côte qui file vers Ishikari. On la compte parmi les trois grandes vues de nuit de Hokkaido, avec celles du mont Hakodate et du mont Moiwa.
⚠️ Le téléphérique part du haut de la ville : on rejoint sa gare en car depuis la gare d'Otaru. Au sommet, l'air est nettement plus frais qu'en bas, et le vent souffle souvent. Pour la vue de nuit, monte un peu avant le coucher du soleil, et vérifie l'heure du dernier car avant de redescendre : sans voiture, le taxi est la seule autre solution.
11 € 1 h 30
Où dormir à Otaru
- Ryokan avec bain à Asarigawa Onsen hotel premium 240 € / nuit
- Hôtel dans un ancien bâtiment près du canal hotel confort 110 € / nuit
- Lit en dortoir près de la gare auberge routard 30 € / nuit
- Chambre chez l'habitant sur les hauteurs habitant routard 65 € / nuit
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5. Sapporo
La capitale en damier, le miso ramen et la vue du mont Moiwa
La capitale de Hokkaido, tracée en damier à la fin du XIXᵉ siècle : une grande ville moderne et facile, coupée par le long parc Odori, où l'on vient manger plus que visiter. ⚠️ L'aéroport de New Chitose est à une quarantaine de minutes de train ; c'est l'arrivée ordinaire sur l'île.
En savoir plus sur Sapporo
Sapporo n'existait presque pas il y a cent cinquante ans. Le gouvernement de Meiji en a fait la capitale de Hokkaido quand il a entrepris de coloniser l'île, à partir de 1869, et l'a dessinée en damier : les rues sont numérotées depuis le parc Odori, qui la traverse d'est en ouest, et l'on s'y repère sans plan. La tour de l'horloge, bâtie en 1878 pour l'école d'agriculture fondée avec l'Américain William Clark, est l'un des rares bâtiments de cette époque.
C'est aujourd'hui la cinquième ville du Japon, qui a accueilli les Jeux olympiques d'hiver en 1972 et dont le festival de la neige remplit le parc Odori de sculptures chaque février. L'été, le même parc devient une grande terrasse à bière. La ville se vit surtout à table : miso ramen, soupe au curry, mouton grillé, crabes du marché.
⚠️ Sapporo est l'étape pratique du voyage plus que la plus belle : on y arrive, on y prend la voiture, on y dort entre deux régions. Le métro et le tramway suffisent en ville, où la voiture est un handicap, avec un stationnement rare et payant. Les belles vues sont en hauteur, depuis le mont Moiwa ou la tour de télévision, et le village historique comme le parc Moerenuma valent chacun une demi-journée.
À table
- Miso ramen — le ramen né à Sapporo au milieu du XXᵉ siècle, au bouillon épais de miso, souvent garni de beurre et de maïs ; chaque quartier a son comptoir.
- Soupe au curry — un curry liquide et épicé, servi avec de gros légumes rôtis et une cuisse de poulet ; on choisit son degré de piment.
- Jingisukan — le mouton grillé sur une plaque bombée, dont le nom vient de Gengis Khan ; les légumes cuisent dans le jus qui coule sur les bords.
- Shime parfait — la coupe glacée qu'on mange à Sapporo pour finir une soirée, dans les bars à parfaits de Susukino.
Durée et coût par style de voyage à Sapporo Style Nuits Par jour et par personne Routard 1–2 51 € dont 28 € de nuit, 16 € de repas Équilibré 2–3 104 € dont 62 € de nuit, 30 € de repas Confort + 3–4 213 € dont 135 € de nuit, 56 € de repas Que faire à Sapporo
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Marché de Nijo et ramen de Susukino Le petit marché couvert du centre, ses crabes et ses bols de fruits de mer ; le soir, Susukino, le quartier des bars, et sa ruelle des ramen où les comptoirs se touchent.marchéEn savoir plus
Le marché de Nijo est l'un des plus anciens de la ville, né, dit-on, au début de la colonisation, quand des pêcheurs de la côte venaient y vendre leur poisson. Il se parcourt vite : crabes poilus vivants dans des bacs, coquilles Saint-Jacques grillées sur place, et des restaurants minuscules qui servent dès le matin des bols de riz couverts de fruits de mer. La plupart des étals ferment avant la fin de l'après-midi.
Le soir, tout se passe à Susukino, le grand quartier de nuit de la ville, sous la grande enseigne lumineuse du whisky Nikka et de son barbu. Le miso ramen est né à Sapporo au milieu des années 1950 ; la tradition en attribue l'invention à un comptoir du centre, Aji no Sanpei. Dans la ruelle des ramen, Ramen Yokochō, les comptoirs se serrent dans un couloir étroit. Ici, on finit la soirée par un bol de ramen ou une coupe glacée : c'est le « shime », la conclusion.
⚠️ Dans beaucoup de comptoirs à ramen, on commande et on paie à un distributeur de tickets à l'entrée, souvent en liquide seulement. Ignore les rabatteurs qui proposent un bar ou une hôtesse dans la rue : le racolage y est interdit, et l'addition peut devenir exorbitante.
Gratuit 2 h -
Parc Moerenuma, dessiné par Isamu Noguchi Un ancien dépôt d'ordures transformé en paysage géométrique par le sculpteur Isamu Noguchi : une montagne artificielle, une pyramide de verre, de grandes fontaines. ⚠️ Le parc est immense et à l'écart du centre : la voiture ou le bus s'imposent.natureEn savoir plus
Isamu Noguchi, sculpteur américain né d'un père poète japonais, a dessiné ce parc à la fin de sa vie et n'en a vu que les plans : il est mort en 1988, quelques mois après avoir présenté le projet. La ville l'a réalisé tel qu'il l'avait conçu et l'a achevé en 2005. Ici aboutit une idée qu'il portait depuis les années 1930, la « Play Mountain », une montagne à jouer que New York n'avait jamais voulu construire.
Tout y est géométrie : le mont Moere, une colline artificielle d'où l'on voit toute la plaine de Sapporo ; la pyramide de verre, qui abrite une galerie consacrée à Noguchi et qu'on rafraîchit l'été avec la neige stockée pendant l'hiver ; la fontaine de la mer, dont les jets donnent des spectacles à heures fixes ; et la plage de Moere, un bassin peu profond où pataugent les enfants.
⚠️ Le parc est immense et presque sans ombre : on y loue des vélos à la belle saison, et il faut de l'eau et un chapeau par beau temps. Sans voiture, on y va en bus depuis la station de métro Kanjō-dōri-higashi. La fontaine et la plage ne fonctionnent qu'en été.
Gratuit 2 h 30 -
Tour de l'horloge de Sapporo La salle d'exercice en bois de l'école d'agriculture de Sapporo, bâtie en 1878, dont l'horloge sonne toujours les heures ; à l'intérieur, l'histoire de l'école fondée avec l'Américain William Clark. ⚠️ Elle est petite et serrée entre les immeubles : beaucoup la trouvent décevante.cultureEn savoir plus
L'horloge n'était pas prévue au départ : elle a été commandée à Boston, chez l'horloger Howard, et installée en 1881 sur une tour refaite pour la recevoir. Son mécanisme à poids fonctionne toujours, remonté à la main, et elle sonne les heures depuis plus de cent quarante ans. L'école, partie ensuite sur un campus plus vaste, est devenue l'université de Hokkaido.
William Clark n'est resté à Sapporo que quelques mois, mais il a laissé une phrase que tout le Japon connaît, lancée à ses élèves en partant : « Boys, be ambitious! », « Garçons, soyez ambitieux ! ». Sa statue au bras tendu vers l'horizon n'est pas ici, mais sur la colline de Hitsujigaoka, au sud-est de la ville.
⚠️ La tour est serrée entre des immeubles de bureaux, d'où la déception de beaucoup : pour la photographier sans tours de verre derrière, place-toi en face, de l'autre côté de la rue. À l'étage, la grande salle de bois, où se tenaient les exercices militaires et les cérémonies de l'école, est la vraie raison d'entrer.
2 € 30 min -
Mont Moiwa en téléphérique, la vue de nuit Un téléphérique puis un petit funiculaire montent au sommet, d'où la ville s'étale en damier jusqu'à la baie d'Ishikari. C'est la vue de nuit la plus connue de Sapporo.détenteEn savoir plus
Le mont Moiwa monte à 531 mètres au sud-ouest de la ville, et ses pentes portent une forêt primaire protégée comme monument naturel. Les Aïnous l'appelaient Inkarushpe, « l'endroit d'où l'on guette », et le nom de Moiwa, « la petite montagne », désignait sans doute à l'origine sa voisine, le mont Maruyama : les colons auraient confondu les deux.
La vue de Sapporo depuis son sommet a été élue parmi les « trois nouvelles grandes vues de nuit du Japon » lors d'un classement national. Ce qui frappe, c'est la régularité : les avenues éclairées dessinent le quadrillage de la ville jusqu'au bout de la plaine.
⚠️ La gare du bas est reliée par une navette gratuite à l'arrêt de tramway Ropeway-iriguchi, que le tramway circulaire dessert depuis le centre. Monte un peu avant le coucher du soleil pour voir la ville de jour, puis s'allumer. Au sommet, il fait plusieurs degrés de moins qu'en ville et le vent souffle : emporte une veste.
13 € 1 h 30 -
Village historique de Hokkaido Un musée en plein air où l'on a remonté des dizaines de bâtiments de la colonisation de l'île : maisons de pionniers, magasins, école, poste, maison de pêcheurs de hareng. ⚠️ Fermé le lundi d'octobre à avril.cultureEn savoir plus
Le village est installé dans la forêt de Nopporo, à l'est de la ville. Il rassemble des bâtiments de la fin du XIXᵉ et du début du XXᵉ siècle venus de toute l'île, démontés puis remontés ici, et rangés en quartiers : la grand-rue d'une petite ville avec ses boutiques, ses auberges et ses bureaux, un village de pêcheurs, un village de paysans, un hameau de montagne.
On y comprend comment l'île a été peuplée. À partir de 1875, l'État y a envoyé des soldats-colons, les tondenhei, souvent d'anciens samouraïs privés de leur rang, chargés à la fois de défricher et de garder la frontière face à la Russie ; leurs maisons, toutes sur le même modèle, sont reconstituées ici. Dans le village de pêcheurs, la maison d'un patron de pêche au hareng montre comment vivaient les saisonniers. C'est l'histoire racontée du côté des colons : celle des Aïnous est à Upopoy.
⚠️ Le site est grand et l'on marche beaucoup, en se déchaussant souvent pour entrer dans les maisons. L'été, un tramway tiré par des chevaux parcourt la grand-rue. Le musée de Hokkaido, voisin, complète la visite ; on y vient en car depuis la gare de Shin-Sapporo.
6 € 3 h -
Tour de télévision et parc Odori La tour métallique plantée au bout du parc Odori, la longue bande verte qui coupe la ville ; de son observatoire, on voit le parc filer vers les montagnes. En bas, le parc accueille la terrasse à bière de l'été et le festival de la neige en février.détenteEn savoir plus
Le parc Odori n'a pas été dessiné comme un jardin : dans le plan de la ville, c'était une bande coupe-feu, laissée vide pour séparer le quartier administratif, au nord, des maisons et des commerces, au sud. La tour, inaugurée en 1957, est l'œuvre de Naitō Tachū, l'ingénieur surnommé au Japon « le père des tours », qui a aussi conçu la tour de Tokyo. Son horloge lumineuse géante donne l'heure à tout le parc.
Le parc vit au rythme des fêtes. Le festival de la neige est né en 1950, quand des élèves y ont dressé quelques statues de neige. L'été, la terrasse à bière occupe plusieurs pâtés de maisons, et en septembre l'Autumn Fest y installe les stands de la gastronomie de l'île. Dans sa partie ouest, le toboggan de granit noir, la Black Slide Mantra, est une sculpture d'Isamu Noguchi sur laquelle les enfants glissent.
⚠️ Monte à la tour en fin de journée, pour voir le parc filer vers les montagnes puis s'éclairer. Par mauvais temps, le passage souterrain Chi-Ka-Ho relie à couvert la gare de Sapporo au parc, et les galeries marchandes souterraines continuent jusqu'à Susukino.
7 € 1 h -
Musée de la bière Sapporo L'histoire de la brasserie fondée en 1876 par le gouvernement de colonisation, dans un grand bâtiment de brique rouge. ⚠️ Gratuit pendant des années, il est payant depuis juillet 2026, et la dégustation n'est pas comprise dans l'entrée.cultureEn savoir plus
Le bâtiment de brique rouge n'a pas été construit pour la bière : c'était à l'origine une sucrerie, à la fin du XIXᵉ siècle, reprise ensuite par la brasserie pour le maltage. L'étoile rouge à cinq branches de ses façades n'a rien de politique : c'est l'étoile polaire, l'emblème du bureau de colonisation de Hokkaido, qu'on retrouve sur plusieurs bâtiments de l'époque et sur les étiquettes de la marque.
Le premier brasseur, Nakagawa Seibei, avait appris le métier en Allemagne, et la bière du bureau de colonisation était une bière blonde à l'allemande, à une époque où le Japon buvait surtout du saké. La Sapporo Classic, qu'on ne vend qu'à Hokkaido, est le souvenir que l'on rapporte d'ici.
⚠️ La dégustation se fait à part, au bar ou lors des visites guidées ; si tu conduis, abstiens-toi, la tolérance japonaise est quasi nulle. Les bâtiments voisins abritent le Sapporo Beer Garden, où l'on grille le jingisukan, le mouton à la mode de Hokkaido, avec la bière de la maison. Le musée est à l'écart du centre : on y va en bus depuis la gare.
6 € 1 h 30
Où dormir à Sapporo
- Appartement près du parc Odori appartement premium 180 € / nuit
- Hôtel avec vue sur la ville hotel premium 210 € / nuit
- Hôtel d'affaires près de la gare hotel confort 95 € / nuit
- Lit en capsule ou en dortoir à Susukino auberge routard 28 € / nuit
- Chambre chez l'habitant près du métro habitant routard 62 € / nuit
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6. Furano et Biei
Les champs de lavande et les collines en patchwork
Deux bourgs agricoles au centre de l'île : à Furano, les champs de lavande qui fleurissent en juillet ; à Biei, des collines couvertes de cultures en bandes de couleur, et l'étang bleu de Shirogane. ⚠️ Les champs sont des propriétés privées : on regarde depuis la route, on n'y entre jamais.
En savoir plus sur Furano et Biei
Furano et Biei sont des campagnes de cultures plus que des villes : blé, pommes de terre, betteraves, et des fleurs plantées pour les visiteurs. Furano est connue pour sa lavande, qui fleurit de la fin juin à la mi-août, avec un pic début juillet. Les grandes fermes florales ouvrent leurs champs au public, gratuitement pour la plupart, et les couleurs changent tout l'été, à mesure que les fleurs se relaient.
Biei, à une demi-heure au nord, est plus vallonnée : ses collines forment un patchwork de champs de couleurs différentes, quadrillé par deux routes panoramiques. En montant vers le Tokachi-dake, l'étang bleu de Shirogane doit sa couleur à l'eau chargée de minéraux qui descend du volcan ; il est né des barrages construits après l'éruption de 1988, et les troncs de mélèzes morts qui en sortent font son étrangeté.
⚠️ La voiture est indispensable : les fermes, les belvédères et l'étang sont éparpillés, même si un train touristique dessert en été une gare éphémère près de la ferme Tomita. Les champs sont privés ; un arbre devenu célèbre a été abattu par son propriétaire, lassé des visiteurs qui piétinaient ses cultures. En juillet, les hébergements se remplissent des mois à l'avance.
À table
- Melon de Furano — le melon à chair orange des fermes de la région, vendu tranché au bord des routes en plein été.
- Omu-curry de Furano — l'omelette posée sur du riz au curry, plat lancé par les restaurants de la ville avec des produits locaux.
- Curry udon de Biei — des nouilles udon au curry, le plat que Biei a choisi de défendre.
- Glace à la lavande — la glace à l'italienne violette des fermes florales, au parfum discret, le goûter obligé de juillet.
- Vin de Furano — le vin de la cave de la commune, qui fait aussi un jus de raisin, à goûter au domaine sur les hauteurs.
Durée et coût par style de voyage à Furano et Biei Style Nuits Par jour et par personne Routard 1–2 61 € dont 34 € de nuit, 17 € de repas Équilibré 2–3 126 € dont 78 € de nuit, 32 € de repas Confort + 3–4 251 € dont 165 € de nuit, 58 € de repas Que faire à Furano et Biei
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Ferme Tomita et ses champs de lavande Des champs de lavande violets et des bandes de fleurs de toutes les couleurs sur une pente face aux montagnes, avec boutiques et distillerie d'huile essentielle. ⚠️ Le pic de la lavande tombe début et mi-juillet ; hors de cette fenêtre, d'autres fleurs prennent le relais.natureEn savoir plus
La lavande n'a pas été plantée ici pour les visiteurs. Au milieu du XXᵉ siècle, les fermes de la vallée la cultivaient pour l'industrie du parfum, qui achetait son huile essentielle. Quand les parfums de synthèse l'ont remplacée, dans les années 1970, presque tous les agriculteurs ont arraché leurs champs. La ferme Tomita a gardé les siens. Une photo de ses rangs violets, publiée dans un calendrier des chemins de fer nationaux, a fait venir les premiers curieux, et la vallée s'est remise à planter, cette fois pour qu'on la regarde.
Monte sur la pente, au-dessus des bâtiments : c'est de là que les rangs filent vers la plaine de Furano et les montagnes. Le champ aux bandes multicolores, le plus photographié, est fait de fleurs annuelles qui se succèdent au fil de l'été. La glace à la lavande et le melon de la ferme, vendu en tranches, font partie de la visite autant que les fleurs.
⚠️ L'entrée étant libre, les cars arrivent nombreux en juillet : viens tôt le matin, avant la chaleur et la foule. On ne cueille rien, et l'on ne passe jamais entre les rangs, où butinent les abeilles.
Gratuit 2 h -
Étang bleu de Shirogane Une eau d'un bleu laiteux d'où sortent des troncs de mélèzes morts, née des barrages construits après l'éruption du Tokachi-dake de 1988. ⚠️ La vue est libre, mais le parking est payant et son tarif a doublé en juillet 2026 ; l'hiver, la neige cache l'eau.natureEn savoir plus
L'étang n'a rien de naturel : il est né presque par accident. Après l'éruption, pour protéger la vallée des coulées de boue volcanique, on a barré la rivière Biei d'une série de digues ; l'eau s'est accumulée derrière l'une d'elles et a noyé un bois de mélèzes. Personne n'avait prévu d'en faire un site : ce sont les photographes qui l'ont révélé, puis leurs images qui l'ont rendu célèbre.
L'explication la plus souvent donnée de sa couleur tient à l'eau elle-même : celle qui descend des pentes du Tokachi-dake est chargée de minéraux, dont de l'aluminium, en particules si fines qu'elles renvoient surtout le bleu de la lumière. La teinte change d'un jour à l'autre : turquoise franc sous le soleil, plus verte ou laiteuse par temps couvert, et trouble après de fortes pluies.
⚠️ Viens par une matinée sans vent : la moindre ride efface le reflet des arbres morts. Le chemin depuis le parking est court et plat ; l'étang est bordé d'une clôture, et l'on reste sur la rive aménagée.
Gratuit 1 h -
Cascade de Shirahige Une eau souterraine qui jaillit des parois d'une gorge et tombe dans une rivière d'un bleu aussi intense que l'étang voisin ; on la voit depuis un pont, au bord de la station thermale de Shirogane.natureEn savoir plus
Shirahige veut dire « barbe blanche ». L'eau n'arrive pas par une rivière au sommet de la falaise : elle sort de la paroi elle-même, en une multitude de filets blancs qui s'effilochent sur la roche sombre, comme une barbe. C'est une eau souterraine, qui a cheminé sous les pentes du volcan avant de ressortir ici.
En dessous, la rivière Biei a déjà la teinte de l'étang bleu, et pour cause : c'est elle qui coule ensuite vers l'étang, plus bas dans la vallée. Le pont routier d'où l'on regarde la chute porte d'ailleurs le nom de pont de la Rivière bleue. Shirogane Onsen, la petite station thermale qui l'entoure, s'est bâtie au pied du Tokachi-dake ; plusieurs de ses hôtels ouvrent leurs bains aux visiteurs de passage, une bonne façon de finir la journée.
⚠️ Le pont est sur la route qui traverse la station : gare-toi sur un parking de Shirogane et finis à pied. L'hiver, entre les berges enneigées, le bleu de la rivière ressort plus encore, et la vue reste belle quand l'étang voisin a disparu sous la neige.
Gratuit 30 min -
Routes Patchwork et Panorama de Biei Deux circuits routiers à travers les collines cultivées de Biei, ponctués d'arbres isolés devenus célèbres et de belvédères. ⚠️ Les champs sont privés : on s'arrête aux parkings, on ne marche jamais dans les cultures.natureEn savoir plus
Les deux routes se partagent les collines de part et d'autre du bourg : la route Patchwork au nord-ouest, la route Panorama au sud. Leurs arbres solitaires doivent presque tous leur nom à la publicité. Le grand peuplier dit « de Ken et Mary » est apparu au début des années 1970 dans une campagne pour la Nissan Skyline ; l'arbre « Seven Stars » et la colline « Mild Seven » ont servi de décor à deux marques de cigarettes. L'arbre « parent et enfant », trois chênes alignés dont un petit entre deux grands, se reconnaît de loin.
La renommée de Biei doit beaucoup au photographe Shinzō Maeda, dont les images de ces collines, à partir des années 1970, ont attiré ses confrères puis les voyageurs. Le patchwork qu'ils cherchent est une rotation de cultures — blé, pommes de terre, betteraves, haricots — qui changent de parcelle d'une année à l'autre : le dessin n'est jamais tout à fait le même.
⚠️ Les agriculteurs ont une raison sérieuse de refuser qu'on entre dans leurs champs : une semelle peut transporter d'une parcelle à l'autre les parasites du sol qui ruinent une récolte de pommes de terre. À vélo, les côtes sont plus longues qu'elles n'en ont l'air.
Gratuit 3 h -
Melons et produits des fermes de Furano L'été, les fermes vendent au bord des routes des melons à chair orange tranchés, du maïs grillé et des laitages ; la cave de la commune fait goûter son vin et son jus de raisin.marchéEn savoir plus
Le melon le plus célèbre de Hokkaido n'est pas celui de Furano mais celui de Yubari, plus au sud, vendu à prix d'or comme cadeau. Celui de Furano se mange sans cérémonie, à la cuillère, devant la ferme qui l'a cultivé. Sa saison suit celle de la lavande, en plein été ; le maïs doux, grillé au beurre et à la sauce soja, prend le relais à la fin de l'été.
Furano s'est fait un nom bien au-delà de ses champs grâce à « Kita no kuni kara », une série télévisée tournée dans la région pendant une vingtaine d'années, qui suivait un père revenu de Tokyo avec ses deux enfants pour vivre dans une cabane. Une partie du public vient encore chercher la campagne du feuilleton, et les boutiques de produits locaux du centre, la cave de la commune sur sa colline et une fromagerie en profitent.
⚠️ Les étals au bord des routes ne prennent souvent que le liquide. Si tu conduis, la dégustation s'arrête au jus de raisin : au Japon, la tolérance d'alcool au volant est quasi nulle, et le passager qui a laissé conduire peut lui aussi être poursuivi.
Gratuit 1 h -
Shikisai-no-oka, les collines de fleurs de Biei Une colline plantée de bandes de fleurs de toutes les couleurs, à perte de vue, qu'on parcourt à pied, en voiturette ou en tracteur. ⚠️ L'entrée n'est payante que de juillet à septembre ; le tracteur et l'enclos des alpagas se paient à part.natureEn savoir plus
Son nom dit ce qu'elle promet : « la colline des couleurs des quatre saisons ». Elle est sur la route Panorama, au sud du bourg de Biei, et ses fleurs sont plantées en longues bandes qui épousent le relief, si bien que les couleurs ondulent avec la pente. Les floraisons se relaient de la fin du printemps aux premiers froids : le tableau change d'un mois à l'autre.
Ce qui la distingue de la ferme Tomita, c'est l'échelle et l'horizon. Tomita se parcourt à pied sur une pente ; ici, l'étendue est telle qu'on prend volontiers une voiturette ou le tracteur, et par temps clair la chaîne du Tokachi ferme le paysage, avec ses volcans encore tachés de neige au début de l'été. L'hiver, la colline devient un terrain de jeux de neige.
⚠️ La colline est nue : ni ombre ni abri contre le vent, et la lumière de midi écrase les couleurs. Le matin ou la fin d'après-midi donnent les plus belles images, et moins de cars. Les allées passent entre les bandes, jamais à travers : les bordures sont fragiles.
5 € 1 h 30
Où dormir à Furano et Biei
- Hôtel thermal de montagne à Shirogane hotel premium 260 € / nuit
- Chalet entier près des champs appartement confort 170 € / nuit
- Hôtel dans le centre de Furano hotel confort 130 € / nuit
- Chambre dans une pension de Biei habitant routard 85 € / nuit
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7. Asahikawa et le Daisetsuzan
Le zoo des manchots, puis le toit volcanique de l'île
La deuxième ville de Hokkaido, porte du parc national du Daisetsuzan : le zoo d'Asahiyama en ville, puis deux téléphériques qui montent dans les volcans, à Asahidake et à Sounkyo. ⚠️ Les deux sont à plus d'une heure de route l'un de l'autre ; Sounkyo est sur la route de Shiretoko.
En savoir plus sur Asahikawa et le Daisetsuzan
Asahikawa est une ville de plaine, carrefour du rail et des routes du centre de l'île, sans grand charme mais pratique. Son zoo, Asahiyama, a failli fermer dans les années 1990 et s'est relevé en montrant les animaux en action plutôt qu'immobiles derrière une grille : les phoques passent dans un tube vertical au milieu des visiteurs, les manchots nagent au-dessus des têtes, et l'hiver ils défilent dans la neige.
À l'est commence le Daisetsuzan, le plus grand parc national du Japon, un massif de volcans dont l'Asahidake, point culminant de Hokkaido. Un téléphérique monte sur ses pentes jusqu'à un plateau de fumerolles et d'étangs, et c'est ici que l'automne arrive le premier dans le pays, dès la mi-septembre sur les sommets. De l'autre côté du massif, les gorges de Sounkyo sont fermées par des falaises en colonnes, d'où tombent deux cascades.
⚠️ La montagne n'est pas une promenade de parc : le temps change vite, la neige revient tôt au sommet, et les ours bruns y vivent. Au-delà des belvédères, chaussures de marche, couches chaudes et clochette à ours sont la règle. La voiture est nécessaire pour enchaîner Asahidake et Sounkyo ; un car relie chacun des deux à la gare d'Asahikawa.
À table
- Ramen d'Asahikawa — un bouillon au soja mêlant porc et poisson, couvert d'une fine couche de saindoux qui le garde brûlant ; un village des ramen réunit plusieurs maisons à la sortie de la ville.
- Saké d'Asahikawa — la ville a plusieurs brasseries anciennes, dont Otokoyama, qui ouvrent leur boutique et leur salle de dégustation.
- Shio horumon — des abats de porc salés grillés sur la braise, la spécialité des petits restaurants de la ville.
Durée et coût par style de voyage à Asahikawa et le Daisetsuzan Style Nuits Par jour et par personne Routard 1–2 54 € dont 28 € de nuit, 16 € de repas Équilibré 2–2 108 € dont 62 € de nuit, 30 € de repas Confort + 3–3 216 € dont 135 € de nuit, 55 € de repas Que faire à Asahikawa et le Daisetsuzan
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Gorges de Sounkyo et les cascades Ginga et Ryusei Des falaises de colonnes de lave qui ferment la vallée, et deux cascades côte à côte, la « Voie lactée » et l'« Étoile filante », qu'on voit depuis un parking au bord de la route.natureEn savoir plus
Les falaises ne sont pas faites de coulées de lave ordinaires : elles viennent d'une très grosse éruption du massif, dont les cendres brûlantes se sont soudées en refroidissant, puis fendues en colonnes. L'Ishikari a ensuite entaillé cette épaisse couche, et c'est ce trait de scie qui fait les gorges. Plus en aval, à Obako, les orgues de pierre tombent à pic dans la rivière.
On surnomme les deux cascades le couple : Ryusei, l'« Étoile filante », plus puissante, passe pour le mari ; Ginga, la « Voie lactée », qui descend en fils fins sur la roche, pour l'épouse. Depuis le parking, on les voit l'une après l'autre ; pour les avoir dans le même regard, un sentier grimpe à travers la forêt jusqu'au belvédère de Sōbakudai.
⚠️ Ce sentier est court mais raide, parfois boueux : de bonnes chaussures suffisent. Les cascades sont les plus fournies à la fonte des neiges, au début de l'été. L'hiver, la station de Sounkyo organise un festival de glace, avec des sculptures illuminées le soir.
Gratuit 1 h -
Randonnée vers le sommet de l'Asahidake De la gare d'arrivée du téléphérique, un sentier de cendres et de pierres monte au sommet de Hokkaido en longeant les fumerolles. ⚠️ C'est une vraie course de montagne : brouillard, vent et neige précoce ; on part tôt, équipé, et l'on fait demi-tour si le temps se gâte.sportEn savoir plus
Passé l'étang Sugatami, le sentier quitte les prairies et attaque une pente de cendres et de scories, sans un arbre, en longeant le cratère d'où montent les fumerolles. Le terrain roule sous les pieds, et le balisage reste discret. Du sommet, le toit de Hokkaido, la vue s'étend sur tout le plateau du Daisetsuzan, un paysage de toundra qui évoque davantage la Sibérie que le reste du Japon.
Ce massif est connu pour ses étés trompeurs. En juillet 2009, une tempête de vent et de pluie froide a tué par hypothermie plusieurs randonneurs d'un voyage organisé sur le Tomuraushi, plus au sud dans le même parc, à une saison où l'on monte en tenue légère. La leçon vaut ici : le temps bascule vite, et c'est le froid humide, plus que la pente, qui met en danger.
⚠️ Inscris-toi sur le registre des randonneurs au départ, emporte une couche imperméable, des gants et de l'eau, et surveille le brouillard : à la descente, sur ces pentes uniformes, il fait perdre la trace. Prévois d'être revenu bien avant le dernier téléphérique.
Gratuit 5 h -
Ramen d'Asahikawa Le ramen de la ville, au soja, garde sa chaleur sous une fine couche de saindoux ; plusieurs maisons sont réunies dans un village des ramen à la sortie de la ville.marchéEn savoir plus
Le saindoux n'est pas une coquetterie. Asahikawa détient le record officiel de froid du Japon, relevé en 1902, et ses hivers restent parmi les plus rudes du pays : une pellicule de gras, posée comme un couvercle, empêche le bouillon de refroidir dans le bol. Dessous, le bouillon au soja mêle le plus souvent un fond de porc ou de volaille à un fond de poisson séché, et les nouilles sont fines, frisées et peu hydratées, pour accrocher la soupe sans ramollir.
La ville compte un très grand nombre de comptoirs, et chacun défend sa version, plus ou moins sombre, plus ou moins grasse. Santōka, une chaîne aujourd'hui connue jusqu'à l'étranger, est née ici, avec un ramen au sel plutôt qu'au soja.
⚠️ On commande souvent à un distributeur de tickets à l'entrée, avant de s'asseoir. Les maisons les plus courues ferment quand le bouillon du jour est épuisé, parfois bien avant le soir : le midi est le moment le plus sûr.
Gratuit 1 h -
Zoo d'Asahiyama Le zoo connu pour montrer ses animaux en action : phoques qui passent dans un tube vertical, ours polaires qui plongent derrière une vitre, manchots qui nagent au-dessus des visiteurs. ⚠️ Il ferme quelques jours entre ses saisons, au printemps et au début de novembre.natureEn savoir plus
Ce que le zoo a inventé porte un nom au Japon, l'« exposition par le comportement ». Plutôt que d'aligner les espèces derrière des grilles, chaque enclos est construit pour pousser l'animal à faire ce qu'il fait dans la nature, nager, grimper, guetter, et pour placer le visiteur là où il le verra le faire. Les orangs-outans traversent ainsi les allées sur des cordes tendues très haut ; chez les ours polaires, une petite coupole permet de sortir la tête au milieu de l'enclos, à hauteur de phoque. L'idée est venue des soigneurs eux-mêmes, à l'époque où le zoo manquait de tout, et elle a inspiré bien d'autres zoos du pays.
Les soigneurs restent la vraie voix du lieu : beaucoup de panneaux sont écrits et dessinés de leur main, et aux heures des repas, ils expliquent devant le public ce que fait l'animal et pourquoi.
⚠️ Le zoo est bâti à flanc de colline : les allées montent et descendent, et une poussette le sentira. Le programme des repas est affiché à l'entrée ; c'est lui qui doit dicter l'ordre de la visite, pas le plan.
6 € 3 h -
Asahidake en téléphérique et l'étang Sugatami Le téléphérique monte vers 1 600 mètres, sur un plateau de fumerolles et d'étangs au pied du sommet de Hokkaido ; une boucle d'environ une heure fait le tour de l'étang Sugatami, où le volcan se reflète. ⚠️ Prévoir une couche chaude même en été ; en haut, des plaques de neige durent jusqu'en juillet.natureEn savoir plus
Les Aïnous appelaient ces hauteurs Kamuy Mintara, que l'on traduit par « le jardin où jouent les dieux ». En sortant de la cabine, on comprend pourquoi : une étendue de pins nains rampants, de petits étangs et de prairies alpines, avec en fond le cône gris de l'Asahidake qui fume par son flanc. Sugatami signifie « le miroir en pied » : par temps calme, le sommet et ses panaches s'y reflètent.
En juillet, les rochers se couvrent de fleurs alpines minuscules, et les éboulis abritent un habitant inattendu : le pika, un petit cousin du lapin aux oreilles rondes, resté là depuis les glaciations. On l'entend avant de le voir, à son cri aigu. À l'automne, les buissons virent au rouge et au jaune, et le plateau peut blanchir quelques jours plus tard sous la première neige.
⚠️ Les fumerolles sont actives : on reste sur le sentier balisé, loin des bouches de vapeur. Si le sommet est dans les nuages au départ, la vue sera nulle en haut : renseigne-toi à la station du bas avant de prendre ton billet. Aux week-ends de couleurs d'automne, la file au téléphérique se forme tôt.
21 € 3 h -
Kurodake en téléphérique, au-dessus de Sounkyo Un téléphérique monte des gorges de Sounkyo vers les pentes du Kurodake, face aux sommets du Daisetsuzan, et un télésiège continue plus haut. ⚠️ Le billet de base ne couvre que le téléphérique ; le télésiège se paie en plus.natureEn savoir plus
Le téléphérique part du cœur de la station thermale de Sounkyo et s'élève au-dessus des gorges ; en montant, on voit les falaises en colonnes et le ruban de l'Ishikari, le plus long fleuve de Hokkaido, qui naît dans ces montagnes et a creusé la vallée. En haut, une terrasse fait face au massif ; le télésiège, découvert, continue dans la forêt jusqu'au départ du sentier du sommet.
Le Kurodake, le « pic noir », est la porte d'entrée du Daisetsuzan côté Sounkyo. De son sommet, au prix d'une montée raide, on découvre l'Ohachidaira, une ancienne caldeira presque ronde au cœur du massif. Les marcheurs aguerris traversent ensuite le plateau jusqu'à l'Asahidake et redescendent par l'autre téléphérique, de l'autre côté des montagnes : une vraie journée de montagne, qui demande d'avoir organisé son retour, car les deux stations sont loin l'une de l'autre par la route.
⚠️ Sur le télésiège, on est exposé au vent sans abri : une veste chaude s'impose même au cœur de l'été. Le dernier départ vers la vallée n'attend personne, et l'on ne redescend autrement qu'à pied.
18 € 2 h
Où dormir à Asahikawa et le Daisetsuzan
- Ryokan à Asahidake Onsen, dîner compris hotel premium 300 € / nuit
- Hôtel d'affaires à Asahikawa hotel confort 85 € / nuit
- Hôtel thermal à Sounkyo hotel confort 150 € / nuit
- Lit en dortoir près de la gare d'Asahikawa auberge routard 26 € / nuit
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8. Péninsule de Shiretoko
Le bout de la terre aïnou, ses ours et ses cinq lacs
Une péninsule sauvage sans route jusqu'à sa pointe, inscrite au patrimoine mondial en 2005, où vivent des ours bruns en grand nombre. On dort à Utoro, d'où partent les bateaux et la route des cinq lacs. ⚠️ Le col qui mène à Rausu, sur l'autre versant, est fermé l'hiver, de novembre à la fin avril.
En savoir plus sur Péninsule de Shiretoko
Shiretoko vient d'un mot aïnou que l'on traduit par « là où finit la terre ». La péninsule s'avance dans la mer d'Okhotsk, couverte de forêts et de volcans, et aucune route ne mène à sa pointe : la seule façon de voir ses falaises et ses cascades qui tombent dans la mer est le bateau. Elle est inscrite au patrimoine mondial depuis 2005, pour la chaîne qui relie la banquise d'hiver, la mer, les saumons et les ours.
Les ours bruns y vivent en nombre, et on les voit souvent depuis la route ou le bateau. C'est ce qui règle tout le reste : aux cinq lacs, une passerelle surélevée et protégée mène au premier lac en toute saison, mais le sentier au sol n'est ouvert qu'aux visiteurs qui ont suivi une conférence sur les ours, et seulement avec un guide agréé à la fin du printemps et au début de l'été, quand ils sont les plus actifs.
⚠️ Ne jamais nourrir un ours, ni s'arrêter sur la route pour le photographier : un ours habitué aux voitures finit abattu. Utoro, petit port de pêche et station thermale, est le seul vrai lieu d'hébergement côté ouest. Le col de Shiretoko, qui passe vers Rausu et ses bateaux d'observation des baleines, ferme l'hiver ; de son sommet, on voit par temps clair l'île de Kounachir.
À table
- Saumon et ikura — le saumon pêché à l'automne le long de la côte, et ses œufs marinés au soja, servis en bol sur du riz dans les restaurants d'Utoro.
- Kombu de Rausu — l'algue séchée de l'autre versant de la péninsule, l'une des plus réputées du Japon pour les bouillons, vendue en lanières épaisses.
- Coquilles Saint-Jacques d'Okhotsk — pêchées dans la mer d'Okhotsk, servies grillées dans leur coquille ou crues sur du riz, selon l'arrivage.
Durée et coût par style de voyage à Péninsule de Shiretoko Style Nuits Par jour et par personne Routard 1–2 64 € dont 36 € de nuit, 18 € de repas Équilibré 2–2 130 € dont 80 € de nuit, 34 € de repas Confort + 3–3 265 € dont 175 € de nuit, 62 € de repas Que faire à Péninsule de Shiretoko
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Les cinq lacs par la passerelle surélevée Une passerelle de bois de quelques mètres de haut, protégée par une clôture électrique contre les ours, qui mène au premier lac face aux montagnes de la péninsule. ⚠️ Gratuite et ouverte à tous pendant la saison du site, de la mi-avril au début novembre.natureEn savoir plus
La passerelle a été pensée pour que chacun voie les lacs sans risquer de croiser un ours, et pour que les ours, eux, gardent leur forêt. Elle file au-dessus d'une mer de bambous nains et de prairies, sans marche ni escalier, si bien qu'un fauteuil roulant ou une poussette va jusqu'au bout. Depuis son belvédère final, le premier lac renvoie l'image de la chaîne de Shiretoko, encore striée de neige au début de l'été.
Il arrive qu'un ours traverse la prairie en contrebas : depuis la passerelle, on l'observe en sécurité, en silence, sans rien lui jeter. Les cerfs sont plus fréquents encore. En octobre, la forêt qui entoure le lac prend ses couleurs d'automne, peu avant la fermeture du site.
⚠️ La passerelle reste ouverte quand le sentier au sol est fermé pour cause d'ours : c'est la solution de repli si ta visite guidée ou ton créneau sont annulés. Le parking se remplit vite en été ; viens tôt, quand la lumière rase encore le lac et que les cars ne sont pas arrivés.
Gratuit 1 h -
Cascade d'Oshinkoshin Une large cascade qui se divise en deux bras sur un rocher, au bord de la route entre Shari et Utoro ; un escalier mène à son pied.natureEn savoir plus
Les deux bras de la chute lui valent un surnom local, la cascade des « deux beautés ». Elle figure dans la sélection officielle des cent plus belles cascades du Japon, et c'est l'une des rares de la liste qu'on voit en sortant à peine de voiture : elle tombe juste au bord de la route, entre la forêt et la mer.
Sa force vient de la neige : au printemps et au début de l'été, la fonte des montagnes de la péninsule la gonfle. De l'autre côté de la route s'étend la mer d'Okhotsk. C'est sur cette côte qu'arrive, au cœur de l'hiver, la banquise formée au nord de cette mer, l'une des plus méridionales de l'hémisphère Nord : en février, le paysage n'a plus rien à voir avec celui de l'été, et Utoro en a fait une saison à part entière.
⚠️ La route côtière vers Utoro reste ouverte toute l'année, contrairement au col : la cascade se voit en toute saison. C'est une halte courte sur la route d'arrivée ; fais le plein et retire de l'argent à Shari avant d'entrer dans la péninsule, où les services se raréfient.
Gratuit 30 min -
Le col de Shiretoko et le mont Rausu La seule route qui traverse la péninsule monte à un col face au mont Rausu ; par temps clair, on voit de l'autre côté du détroit l'île de Kounachir, administrée par la Russie et revendiquée par le Japon. ⚠️ La route est fermée l'hiver.natureEn savoir plus
Le mont Rausu, le plus haut sommet de la péninsule, est un volcan dont la silhouette domine le col. La route y monte en lacets depuis Utoro, à travers la forêt, puis redescend vers Rausu, sur le versant qui regarde le détroit. Le col est souvent pris dans les nuages : on passe parfois du soleil d'Utoro au brouillard en quelques virages, et l'inverse au retour.
Kounachir est si proche qu'on distingue son relief par temps clair. L'île était japonaise jusqu'en 1945 : l'armée soviétique l'a occupée à la fin de la Seconde Guerre mondiale, et ses habitants japonais ont dû partir. Le Japon la réclame toujours, avec deux autres îles et l'archipel des Habomai, sous le nom de « Territoires du Nord », et les deux pays n'ont jamais signé de traité de paix.
⚠️ En début et en fin de saison, la route peut fermer la nuit, ou plusieurs jours après une chute de neige : vérifie son état avant de partir. De l'autre côté, Rausu est le port des sorties en mer vers les baleines et les orques, et un bain en plein air gratuit, au bord d'un torrent, y est entretenu par des habitants : on se lave avant d'entrer, et l'on respecte leurs règles.
Gratuit 2 h -
Cascade de Furepe Un sentier court part du centre de la nature de Shiretoko et traverse une prairie jusqu'au bord d'une falaise, d'où l'eau d'infiltration s'écoule directement dans la mer. ⚠️ Les cerfs y broutent souvent et les ours passent : on reste sur le sentier.natureEn savoir plus
La prairie que traverse le sentier n'a pas toujours été sauvage. Au début du XXᵉ siècle, des colons ont défriché ce plateau pour le cultiver ; le climat et l'isolement ont fini par les chasser, et les champs sont retournés à la friche. Dans les années 1970, pour éviter que ces terres ne partent aux promoteurs, la commune de Shari a lancé une souscription nationale : chaque donateur achetait symboliquement cent mètres carrés pour que la forêt y revienne. Les terres rachetées ainsi entourent le centre de la nature, d'où part le sentier.
Au bout, la falaise tombe d'un coup dans la mer d'Okhotsk. On surnomme la chute les « larmes de la jeune fille » : un mince rideau d'eau qui sort de la paroi, sans rivière pour le nourrir. Par temps clair, la ligne des monts de Shiretoko se dessine en arrière.
⚠️ Passe d'abord au centre de la nature : on y affiche les observations d'ours du jour, et le sentier ferme quand l'un d'eux rôde. L'hiver, le même chemin se fait en raquettes, vers une mer couverte de banquise.
Gratuit 1 h -
Le sentier au sol des cinq lacs Un sentier dans la forêt qui fait le tour des cinq lacs, après une courte conférence obligatoire sur les ours. ⚠️ Du 10 mai au 31 juillet, il n'est ouvert qu'en visite guidée, bien plus chère et à réserver auprès d'une agence ; le prix affiché ici vaut pour le reste de la saison.natureEn savoir plus
Le sentier fait la boucle des cinq lacs par la forêt, au ras de l'eau, là où la passerelle ne va pas. Chaque lac a son caractère : l'un renvoie l'image des montagnes, un autre est enfermé dans la forêt, un autre encore s'ouvre sur le ciel. C'est la façon la plus sauvage de voir le site sans expérience de la montagne, sur un sentier facile mais en pleine nature.
La visite est très encadrée. Hors de la saison des guides, on choisit un créneau, on écoute à la maison d'accueil une courte conférence sur la conduite à tenir face à un ours, puis l'on part sans accompagnateur. Quand un ours est repéré près du sentier, le personnel ferme la grande boucle et ne laisse ouverte que la petite, qui ne passe qu'aux deux premiers lacs ; s'il s'attarde, tout ferme. C'est fréquent, et c'est le signe que le système fonctionne.
⚠️ Garde la passerelle en solution de repli : elle reste ouverte. Le sol est fait de racines, et de boue après la pluie : chaussures fermées. Parle à voix haute, ne cours jamais, et ne sors aucune nourriture en chemin.
3 € 2 h -
Croisière le long de la péninsule, jusqu'à Kamuiwakka Un bateau longe les falaises de la côte ouest, où des cascades tombent directement dans la mer, jusqu'à celle de Kamuiwakka ; on aperçoit parfois des ours sur la grève. ⚠️ Les sorties sont annulées par mer forte : garder une marge dans le programme.natureEn savoir plus
Le bateau quitte le port d'Utoro au pied de l'Oronko, le gros rocher qui domine le quai, puis longe une côte de falaises de lave sombres, creusées de grottes. La cascade de Furepe, surnommée les « larmes de la jeune fille », suinte de la paroi ; plus loin, d'autres chutes tombent directement du haut de la falaise dans la mer.
Le but, Kamuiwakka, porte un nom aïnou que l'on traduit par « l'eau des dieux ». Ce n'est pas une eau ordinaire : la rivière descend des pentes du volcan Iōzan, chaude, acide et chargée de soufre. Ces falaises ne se voient vraiment que du large : aucune route ne les longe au bord de l'eau.
⚠️ À l'aller, la côte défile à tribord, sur ta droite : installe-toi de ce côté. Les grands bateaux sont plus stables, les petits s'approchent davantage de la grève, où l'on a plus de chances de voir un ours. Il fait froid sur le pont, même en août. Le naufrage d'un petit bateau d'excursion au large de la péninsule, au printemps 2022, a rendu les annulations strictes : quand l'opérateur renonce, inutile d'insister.
30 € 1 h 30
Où dormir à Péninsule de Shiretoko
- Hôtel face à la mer d'Okhotsk, dîner compris hotel premium 330 € / nuit
- Hôtel thermal à Utoro hotel confort 180 € / nuit
- Lit en dortoir à Utoro auberge routard 35 € / nuit
- Chambre dans un minshuku d'Utoro habitant routard 90 € / nuit
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9. Lac Akan et Kushiro
Les marimo, le village aïnou et trois lacs de volcan
Une station thermale au bord du lac Akan et son village aïnou, et autour trois lacs de caldeira — Akan, Mashu et Kussharo — puis, au sud, le grand marais de Kushiro. ⚠️ L'aéroport de Kushiro est sur la route entre le lac et la ville, à environ une heure du lac : c'est la sortie naturelle du parcours.
En savoir plus sur Lac Akan et Kushiro
Le lac Akan est célèbre pour ses marimo, des boules d'algues vertes et veloutées qui roulent au fond de l'eau, protégées comme monument naturel. Sur sa rive, la station thermale abrite l'Akanko Ainu Kotan, une rue d'ateliers de sculpteurs sur bois et un théâtre où des Aïnous présentent leurs danses et leurs chants, inscrits au patrimoine immatériel de l'Unesco.
Au nord-est, le lac Mashu, cerné de falaises, est l'un des lacs les plus clairs du monde, sans rivière qui y entre ni qui en sort, mais un brouillard le noie souvent ; on ne le regarde que d'en haut. Plus loin, l'Iozan crache ses fumées de soufre au bord de la route, et le lac Kussharo, la plus grande caldeira du Japon, a des plages où l'eau chaude sort du sable.
⚠️ Rien de tout cela ne se fait sans voiture : les lacs sont à une heure les uns des autres, et les cars sont rares. Au sud, le marais de Kushiro, le plus vaste du Japon et premier site Ramsar du pays, abrite les grues du Japon, plus faciles à voir en hiver. La ville de Kushiro, son port et son marché sont à une demi-heure de l'aéroport, d'où partent les vols vers Tokyo.
À table
- Katte-don — au marché Washo de Kushiro, on achète un bol de riz puis on le garnit soi-même, étal après étal, de poisson cru et d'œufs de saumon.
- Zangi — le poulet frit mariné de Hokkaido, dont Kushiro revendique l'invention, servi avec une sauce à part.
- Robatayaki — le poisson et les fruits de mer grillés devant soi sur des braises, une tradition de pêcheurs dont Kushiro se dit le berceau.
- Himemasu — le petit saumon des lacs, originaire du lac Akan, servi grillé ou en sashimi dans la station.
Durée et coût par style de voyage à Lac Akan et Kushiro Style Nuits Par jour et par personne Routard 1–2 61 € dont 34 € de nuit, 17 € de repas Équilibré 2–2 124 € dont 76 € de nuit, 32 € de repas Confort + 3–3 258 € dont 170 € de nuit, 60 € de repas Que faire à Lac Akan et Kushiro
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L'Akanko Ainu Kotan, le village aïnou Une rue en pente bordée d'ateliers de sculpteurs sur bois et de boutiques d'artisanat aïnou, avec une maison traditionnelle reconstituée. On y mange aussi la cuisine aïnoue, à base de plantes sauvages, de saumon et de cerf.cultureEn savoir plus
Plusieurs sculpteurs travaillent dans leur boutique, et beaucoup de leurs pièces représentent l'ours ou la chouette pêcheuse, que les Aïnous vénèrent comme le dieu protecteur du village. Le fameux ours de bois tenant un saumon dans la gueule, vendu dans toutes les boutiques de l'île, n'est pourtant pas un motif aïnou ancien : il s'est répandu comme souvenir au XXᵉ siècle, et l'un de ses premiers modèles était une sculpture rapportée de Suisse.
Le décor traditionnel est ailleurs : dans les spirales et les motifs en épines gravés sur les plateaux, les manches et les étuis de couteaux, et sur les ikupasuy, ces fines spatules sculptées qui servaient à offrir quelques gouttes de saké aux kamuy pendant les prières. On le retrouve sur les vêtements de fête, en appliqué de tissu sombre brodé.
⚠️ Ce n'est pas un musée en plein air : c'est une communauté où des familles vivent et travaillent. Demande avant de photographier quelqu'un ou un atelier. Le soir, une fois les cars repartis, la rue retrouve son calme.
Gratuit 1 h -
Lac Mashu depuis son belvédère Un lac d'un bleu profond au fond d'un cratère aux parois abruptes, sans rivière qui y entre ni qui en sort, qu'on ne regarde que d'en haut. ⚠️ Il est souvent noyé dans le brouillard ; le parking, payant de mai à octobre, vaut aussi pour celui de l'Iozan le même jour.natureEn savoir plus
Les Aïnous l'appelaient Kamuy-to, le « lac des dieux ». Ses falaises plongent presque à pic jusqu'à l'eau, et aucun sentier ne descend vers la rive : on n'y accède pas, on n'y nage pas, on n'y navigue pas. Au milieu pointe un minuscule îlot boisé ; sur la rive opposée se dresse le Kamuinupuri, la « montagne des dieux ».
En 1931, on y a mesuré une transparence qui était alors un record mondial ; l'eau s'est un peu troublée depuis, mais le bleu profond, que les Japonais appellent le « bleu Mashu », reste à part. Sa réputation de lac caché par le brouillard doit beaucoup à une chanson à succès des années 1960, « Le lac Mashu dans le brouillard ».
⚠️ En été, les brumes de mer gagnent souvent l'intérieur des terres ; l'automne et le petit matin sont plus souvent dégagés, et le brouillard se déchire parfois si l'on patiente un peu. Un autre belvédère, plus haut sur la même route, offre un angle différent sur le lac et sur l'îlot.
Gratuit 1 h -
L'Iozan et le lac Kussharo Une colline pelée qui fume au bord de la route, couverte de cristaux de soufre jaunes, puis le lac Kussharo, la plus grande caldeira du Japon, où l'eau chaude sort du sable de la plage de Sunayu : on creuse et l'on s'y trempe les pieds.natureEn savoir plus
Les Aïnous nommaient l'Iozan Atosanupuri, la « montagne nue » : rien ne pousse sur ses flancs, brûlés par les gaz. Les fumerolles sifflent à quelques pas du chemin, et leur bouche se tapisse de cristaux de soufre d'un jaune vif, qui se reforment sans cesse. À la fin du XIXᵉ siècle, on y a exploité le soufre, et c'est pour l'évacuer qu'a été posé l'un des premiers chemins de fer de l'île. L'odeur d'œuf pourri accompagne jusqu'à Kawayu Onsen, la petite station voisine aux eaux très acides.
Le lac Kussharo a son monstre, Kussie, un cousin de celui du Loch Ness dont les apparitions supposées ont fait courir les foules dans les années 1970. L'hiver, des cygnes chanteurs venus de Sibérie se posent sur les zones que l'eau chaude empêche de geler, notamment à Sunayu. Du col de Bihoro, à l'ouest, on embrasse tout le lac et son île centrale.
⚠️ Reste derrière les cordes à l'Iozan : le sol est chaud et friable près des bouches. À Sunayu, on creuse à la main, mais le sable peut être brûlant par endroits : tâte avant d'y plonger les pieds.
Gratuit 2 h -
Le marais de Kushiro depuis le belvédère de Hosooka Le plus vaste marais du Japon, une plaine de roseaux où serpente une rivière, vue d'un belvédère au-dessus des méandres ; c'est le refuge des grues du Japon. ⚠️ Le belvédère et son salon d'accueil sont gratuits ; le grand observatoire de la ville, lui, est payant.natureEn savoir plus
De Hosooka, on voit les méandres de la rivière Kushiro se tortiller dans une plaine de roseaux et d'aulnes, et au loin, par temps clair, les volcans d'Akan. Le marais occupe une ancienne baie, que les sédiments ont comblée peu à peu après le recul de la mer. Le belvédère est réputé pour ses couchers de soleil, quand la lumière basse allume les boucles de la rivière.
La grue du Japon, symbole de longévité, a été sauvée ici. On la croyait disparue de Hokkaido au début du XXᵉ siècle ; une poignée d'oiseaux a été retrouvée dans ce marais dans les années 1920, et c'est le nourrissage hivernal par les habitants, à partir des années 1950, qui a permis à la population de dépasser le millier. En été, les couples nichent dispersés dans les roseaux et se voient rarement ; c'est l'hiver qu'ils se rassemblent près des points de nourrissage.
⚠️ Sans voiture, le petit train touristique d'été qui longe le marais s'arrête à la gare de Kushiro-Shitsugen, d'où un sentier monte au belvédère. Le canoë sur la rivière, avec un guide, est l'autre façon de voir le marais de l'intérieur.
Gratuit 1 h 30 -
Katte-don au marché Washo de Kushiro Dans ce marché couvert près de la gare, on achète un bol de riz et l'on va de comptoir en comptoir choisir ce qu'on pose dessus : saumon, œufs de saumon, crabe, poulpe.marchéEn savoir plus
Katte-don veut dire à peu près « le bol à sa guise ». On achète d'abord le riz à un comptoir, puis l'on fait le tour des étals, bol en main, et chaque marchand y dépose une tranche ou une cuillerée de ce qu'on lui désigne. Les produits suivent la saison : saumon et œufs de saumon à l'automne, crabes, coquilles Saint-Jacques, et le sanma, le balaou du Pacifique, poisson emblématique de l'automne japonais.
La ville se vit au bord de l'eau. Elle revendique, avec Bali et Manille, l'un des trois plus beaux couchers de soleil du monde, que l'on regarde depuis le pont Nusamai et ses quatre statues ; en été, sur le quai voisin, on grille poissons et coquillages sur des braises en plein air, à la manière des robatayaki.
⚠️ Les prix ne sont pas toujours affichés à la pièce : demande avant d'accepter, sans quoi le bol peut coûter bien plus que prévu. Viens le matin, quand les étals sont les mieux garnis.
Gratuit 1 h -
Théâtre aïnou Ikor, « Lost Kamuy » Une salle de spectacle au cœur du village aïnou, où « Lost Kamuy » mêle danse aïnoue, danse contemporaine et projections autour du loup de Hokkaido, aujourd'hui disparu. ⚠️ Les danses traditionnelles, plus courtes, sont un autre billet, moins cher.cultureEn savoir plus
Ikor veut dire « trésor » en aïnou. Pour les Aïnous, les animaux, les plantes, le feu ou l'eau sont habités par des kamuy, des êtres divins qui rendent visite au monde des hommes. Le loup de Hokkaido en était un. Il a disparu à la fin du XIXᵉ siècle, quand l'île s'est couverte de ranchs et de fermes : des primes ont été payées pour chaque bête tuée, et le poison a fait le reste. « Lost Kamuy » prend ce loup disparu pour fil et parle du lien entre les Aïnous et la nature qui les entourait.
Les danses traditionnelles, montrées dans l'autre programme, sont plus proches de ce qui se pratiquait dans les villages : chants en canon, danses qui imitent la grue ou miment la chasse, et le son nasillard de la mukkuri, la guimbarde de bambou que l'on fait vibrer en tirant sur un fil.
⚠️ Les représentations ont lieu à heures fixes, et les deux programmes ne se jouent pas aux mêmes séances : regarde le programme du jour en arrivant à Akan, et réserve si tu viens un week-end d'été.
13 € 45 min -
Croisière du lac Akan et l'île des marimo Un bateau fait le tour du lac et s'arrête sur une île où un petit centre montre les marimo, ces boules d'algues vertes qui ne se forment que rarement ailleurs. ⚠️ Pas de croisière l'hiver, quand le lac gèle.natureEn savoir plus
Les grosses marimo ne vivent que dans deux baies du nord du lac, où la forme des rives et les vents font naître des vagues qui les roulent sur le fond. C'est ce mouvement qui les arrondit : ailleurs, la même algue reste un tapis de filaments. Elles grossissent très lentement, et les plus grosses finissent par se briser. Classées monument naturel spécial, le plus haut degré de protection du pays, elles ne s'approchent pas : le centre de l'île les montre en aquarium.
Le bateau passe au pied des deux volcans qui gardent le lac, l'Oakan et le Meakan, le « mâle » et la « femelle » ; le second est toujours actif. En octobre, la fête des marimo réunit des Aïnous sur la rive pour une cérémonie qui rend quelques boules au lac, un geste né au milieu du XXᵉ siècle, quand on les ramassait en masse pour les vendre.
⚠️ Les marimo vendues dans les boutiques de la station ne viennent pas de ces baies : ce sont des algues roulées à la main. Sur le bateau, le pont extérieur offre la meilleure vue sur les volcans, mais le vent y est frais.
16 € 1 h 30
Où dormir à Lac Akan et Kushiro
- Ryokan avec bain face au lac, dîner compris hotel premium 330 € / nuit
- Hôtel d'affaires à Kushiro hotel confort 85 € / nuit
- Hôtel thermal au bord du lac Akan hotel confort 170 € / nuit
- Chambre dans une pension d'Akanko Onsen habitant routard 80 € / nuit
Les trajets entre les étapes
Durées et coûts constatés sur place, par personne et par trajet. C'est ce que personne n'a envie de chercher soi-même.
| De | À | Mode | Durée | Coût / personne |
|---|---|---|---|---|
| Tokyo | Hakodate | Shinkansen Hayabusa jusqu'à Shin-Hakodate-Hokuto, puis navette vers Hakodate | 4 h 30 | 144 € |
| Tokyo | Sapporo | Vol intérieur Tokyo → New Chitose, environ 1 h 30 | 1 h 30 | 90 € |
| Tokyo | Furano et Biei | Vol intérieur Tokyo → Asahikawa, puis la route vers Biei et Furano | 2 h 45 | 100 € |
| Hakodate | Lac Tōya et Noboribetsu | Express Hokuto, Hakodate → Tōya | 1 h 45 | 38 € |
| Hakodate | Lac Tōya et Noboribetsu | Par la nationale 5 et la baie d'Uchiura, environ 170 km | 3 h | 12 € |
| Lac Tōya et Noboribetsu | Otaru | Hokuto jusqu'à Sapporo, puis train local vers Otaru | 2 h 45 | 45 € |
| Lac Tōya et Noboribetsu | Otaru | Par Niseko, environ 125 km | 2 h 30 | 9 € |
| Otaru | Sapporo | Train JR Otaru → Sapporo, environ 35 min | 36 min | 5 € |
| Otaru | Sapporo | Par la nationale 5, environ 40 km | 54 min | 3 € |
| Sapporo | Furano et Biei | Car Highway Furano, Sapporo → Furano | 2 h 45 | 16 € |
| Sapporo | Furano et Biei | Par Takikawa, environ 140 km sans autoroute | 2 h 45 | 10 € |
| Furano et Biei | Asahikawa et le Daisetsuzan | Ligne de Furano, par Biei | 1 h 15 | 8 € |
| Furano et Biei | Asahikawa et le Daisetsuzan | Par Biei, environ 60 km | 1 h 06 | 4 € |
| Asahikawa et le Daisetsuzan | Péninsule de Shiretoko | Express jusqu'à Abashiri, train vers Shiretoko-Shari, puis car jusqu'à Utoro | 7 h | 70 € |
| Asahikawa et le Daisetsuzan | Péninsule de Shiretoko | Par Sounkyo, le col de Sekihoku et Kitami, environ 300 km | 5 h 30 | 21 € |
| Péninsule de Shiretoko | Lac Akan et Kushiro | Par Shari, Kawayu et le lac Mashu, environ 160 km | 3 h | 11 € |
| Hakodate | Sapporo | Express Hokuto direct, Hakodate → Sapporo | 3 h 45 | 59 € |
| Hakodate | Sapporo | Par Tōya et le col de Nakayama, environ 290 km sans autoroute | 5 h 30 | 20 € |
| Hakodate | Otaru | Par Oshamambe et Niseko, environ 230 km | 4 h 30 | 16 € |
| Lac Tōya et Noboribetsu | Sapporo | Express Hokuto, Tōya → Sapporo | 2 h | 41 € |
| Lac Tōya et Noboribetsu | Sapporo | Par le col de Nakayama, environ 110 km | 2 h 15 | 8 € |
| Sapporo | Asahikawa et le Daisetsuzan | Express Kamui ou Lilac, Sapporo → Asahikawa | 1 h 30 | 33 € |
| Sapporo | Asahikawa et le Daisetsuzan | Par la nationale 12, environ 140 km | 2 h 45 | 10 € |
| Furano et Biei | Péninsule de Shiretoko | Par Asahikawa, Sounkyo et Kitami, environ 360 km | 6 h 30 | 25 € |
| Asahikawa et le Daisetsuzan | Lac Akan et Kushiro | Par Sounkyo, Kitami et le col de Bihoro, environ 280 km | 5 h | 20 € |
Quand partir à Hokkaido
Températures et jours de pluie moyens, mois par mois. La période conseillée est juin → oct.
| Mois | janv. | févr. | mars | avr. | mai | juin | juil. | août | sept. | oct. | nov. | déc. |
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Température max | -6° | -4° | 2° | 9° | 14° | 19° | 23° | 22° | 19° | 12° | 6° | -3° |
| Température min | -13° | -11° | -5° | -1° | 6° | 10° | 16° | 16° | 11° | 4° | -1° | -9° |
| Jours de pluie | 16 | 15 | 11 | 12 | 18 | 15 | 17 | 20 | 12 | 12 | 15 | 14 |
Source : Open-Meteo, moyennes 2021-2023.
Informations pratiques
Visa et entrée sur le territoire
Pas de visa pour un séjour touristique de moins de 90 jours pour les ressortissants français. Passeport en cours de validité — la carte d'identité ne suffit pas. Un billet de sortie du territoire peut être demandé.
Les formalités d'entrée (déclaration de douane et d'immigration) se remplissent en ligne à l'avance sur le service officiel Visit Japan Web, qui délivre des QR codes à présenter à l'arrivée. Ce n'est pas obligatoire, mais cela évite la file du comptoir papier. Vérifier les conditions sur le site du ministère des Affaires étrangères avant de partir.
Santé
Aucun vaccin obligatoire. Eau du robinet potable partout. Le système de santé est excellent mais coûteux et payable d'avance : l'assurance voyage est indispensable.
⚠️ Beaucoup de médicaments courants en France sont INTERDITS à l'importation au Japon, notamment ceux qui contiennent de la pseudoéphédrine (décongestionnants nasaux) ou de la codéine. Vérifier sa trousse à pharmacie avant de partir et emporter l'ordonnance de tout traitement en cours.
⚠️ Ne pas boire l'eau des rivières et ne pas toucher les renards, même s'ils s'approchent : l'échinococcose, un parasite qu'ils transmettent, est présente à Hokkaido. En montagne, il fait froid même en été — le vent et le brouillard font chuter la température au-dessus de mille mètres.
Sécurité
L'un des pays les plus sûrs au monde ; le vol est rarissime. Les vrais risques sont naturels.
⚠️ Les ours bruns vivent dans toute l'île, et en grand nombre à Shiretoko. Sur les sentiers : clochette ou conversation à voix haute, jamais seul à l'aube ni au crépuscule, aucune nourriture laissée dehors, et l'on respecte les fermetures de sentier, qui tombent sans préavis quand un ours est signalé.
Séismes : fréquents, généralement sans gravité, mais celui de 2018 a privé toute l'île d'électricité. Télécharger l'application officielle d'alerte (Safety tips) avant le départ. Plusieurs volcans du parcours sont actifs — Usu, Tokachi-dake — et leurs accès se ferment en cas d'alerte.
⚠️ Sur la route, ce sont les cerfs qui causent les accidents : ils traversent sans prévenir, surtout au crépuscule. Les distances sont longues et les routes droites invitent à la vitesse, contrôlée par radars.
Monnaie et change
Yen japonais (JPY) — 1 € ≈ 165 ¥ (août 2026). Changer sur place plutôt qu'en France. Les distributeurs des supérettes 7-Eleven et des bureaux de poste acceptent les cartes étrangères, ce qui n'est pas le cas de toutes les banques japonaises. Refuser la conversion en euros proposée à l'écran. ⚠️ Dans les stations reculées — Utoro, Akan — la supérette est souvent le seul distributeur : retirer en ville avant de partir.
Moyens de paiement
La carte passe dans les hôtels, les grandes enseignes, les supérettes, les stations-service et aux péages, mais le liquide reste nécessaire dans les petits restaurants, les marchés, les parkings des sites naturels, les bains publics et les cars. Garder toujours quelques milliers de yens sur soi. Une carte IC rechargeable (Kitaca, Suica) sert dans les trains et le métro de Sapporo.
Rester connecté
Hors Union européenne : ton forfait français passe en itinérance et coûte très cher. Une eSIM achetée avant le départ est la solution la plus simple, active dès l'atterrissage. La couverture est bonne dans les villes et sur les grands axes ; elle faiblit sur les routes de montagne du Daisetsuzan et disparaît par endroits au bout de la péninsule de Shiretoko. Télécharger les cartes hors ligne avant de prendre la route.
Décalage horaire
+7 h en été, +8 h en hiver (UTC+9)
Langues
Japonais. L'anglais est peu parlé hors des grands hôtels, mais la signalétique routière et ferroviaire est doublée en alphabet latin. Une application de traduction avec reconnaissance d'image rend les menus lisibles.
Beaucoup de noms de lieux de l'île viennent de la langue aïnoue — Sapporo, Shiretoko, Noboribetsu — transcrits en caractères japonais. L'aïnou n'a plus que très peu de locuteurs ; on l'entend au musée Upopoy et dans les spectacles d'Akan.
Bon à savoir
De juin à octobre, c'est la bonne saison, et celle de cette fiche : il fait doux quand le reste du Japon étouffe, et Hokkaido n'a pas de vraie saison des pluies. Juillet est le mois de la lavande à Furano, et le plus cher. De la mi-septembre à octobre, l'automne arrive ici avant le reste du pays, par les sommets du Daisetsuzan.
⚠️ De novembre à avril, l'île change de visage. La neige est abondante, des routes de montagne ferment — le col de Shiretoko, la route du sommet du mont Hakodate — et une bonne partie des sites de cette fiche ferme ou réduit son service : bateaux, passerelle des cinq lacs, champs de fleurs. Les téléphériques font leur révision annuelle en fin d'automne — Hakodate dès la fin octobre, Kurodake et Asahidake en novembre — et ferment plusieurs semaines. L'hiver est une autre destination : banquise, ski, grues.
⚠️ Aucun vol direct depuis la France : le voyage commence à Tokyo, première étape de ce parcours. De là, vol intérieur d'environ une heure et demie vers New Chitose, l'aéroport de Sapporo. On peut aussi passer par Séoul, d'où partent des vols directs pour Sapporo. Le Shinkansen relie aussi Tokyo à Hakodate en quatre heures environ, par le tunnel sous le détroit : il s'arrête à Shin-Hakodate-Hokuto, à une vingtaine de minutes du centre, et ne va pas encore jusqu'à Sapporo.
Trois aéroports bordent le parcours : Hakodate au sud, New Chitose au milieu, Kushiro à l'est, tous reliés à Tokyo. Entrer par un bout et ressortir par l'autre évite de retraverser l'île. Les aéroports d'Asahikawa, tout près de Biei, et de Memanbetsu, à une heure et demie de Shiretoko, ont aussi des vols vers Tokyo.
⚠️ La voiture est indispensable pour Biei, Shiretoko et Akan, et pour tout ce qui sort des villes. Le train relie Hakodate, le lac Tōya, Sapporo, Otaru, Furano et Asahikawa ; au-delà, les cars sont rares et les distances longues. On conduit à gauche, et le permis international est exigé en plus du permis français. Les loueurs proposent un forfait d'autoroute réservé aux visiteurs étrangers.
Le JR Hokkaido Rail Pass coûte 28 000 ¥ pour sept jours en achat anticipé (environ 170 €), un peu plus cher acheté sur place, et ne couvre pas le Shinkansen. Il ne sert à rien si l'on roule en voiture ; sans voiture, compare-le aux billets à l'unité de cette fiche.
⚠️ Les ours de Shiretoko règlent la visite de la péninsule : aux cinq lacs, le sentier au sol n'est ouvert qu'avec un guide agréé du 10 mai au 31 juillet, et il ferme dès qu'un ours est signalé. On ne s'arrête jamais sur la route pour en photographier un.
Informations vérifiées une à une, données à titre indicatif. Les règles d'entrée et les taux de change évoluent : vérifie auprès des sources officielles avant de partir.
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